Ouverture de "Jazz In Marciac" : 50 nuances de jazz !

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 27/07/2018 à 18H48
Chaque année, le village de Marciac devient pendant quelques jours l'une des capitales du jazz

Chaque année, le village de Marciac devient pendant quelques jours l'une des capitales du jazz

© SPANI Arnaud / hemis.fr / hemis.fr / Hemis

Dès le 27 juillet, les premières notes résonnent déjà dans les rues étroites et chaudes de la petite ville du Gers. La 41e édition du festival Jazz in Marciac (JIM) ouvre ce soir soir sous le signe du mélange des genres.

Sur la place de l'Hôtel de Ville, lieu du festival Bis -- déclinaison improvisée et gratuite de JIM --, un groupe improvise au saxophone et à la trompette. Les rues de Marciac, où flottent des versions jazz du tube pop de Lady Gaga "Bad Romance", se remplissent déjà d'aficionados venus des quatre coins de la planète. "Ce n'est pas facile de venir, mais ça vaut le coup !, estime Shinji Asada, un quinquagénaire japonais fan du genre. "De tels artistes dans un cadre si parfait, c'est inespéré!".
 
La trompette, c'est un peu la star du jour : l'Américain Wynton Marsalis et son comparse franco-libanais Ibrahim Maalouf, spécialistes de l'instrument, sont les très attendus invités de la soirée inaugurale, en deuxième partie. C'est d'ailleurs encore une trompettiste, mais plus surprenante, qui inaugure le festival. Lucienne Renaudin Vary, qui avait remporté en 2016 les Victoires de la Musique Classique du haut de ses 17 ans, a l'honneur de donner l'envol de cette 41e édition.

Marciac joue le "décloisonnement"

Et si la talentueuse jeune femme laisse de côté Offenbach et Vivaldi le temps d'un soir pour se consacrer au jazz, "une autre passion qui la ronge depuis l'âge de dix ans", le ton est donné. Marciac c'est du jazz, mais pas seulement. Avec des notes de musique classique, de baroque et de funk, JIM jouera cette année le "décloisonnement" entre les genres, en l'honneur d'un anniversaire symbolique : la Nouvelle-Orléans, berceau bien connu du jazz, fête cette années ses 300 ans. L'occasion de célébrer ce "lieu du multiculturalisme".
  
JIM entend rendre hommage à cette vision du jazz où "l'expression individuelle par l'improvisation prime sur les codes", selon un communiqué. "Le temps n'est plus à ranger les choses dans des petits tiroirs", a ajouté le maire Jean-Louis Guilhaumon, qui revendique une "liberté de ton" propre au festival, dont il est aussi le président. Marciac verra donc jouer cette année des artistes au répertoire inhabituel, du Quatuor Debussy, spécialiste de la musique de chambre, à l'inclassable Mélanie de Biasio. 

Joan Baez, Renaudin : place aux femmes

Mais surtout, Marciac affiche cette année l'intention de faire "une place toute particulière aux femmes", selon M. Guilhaumon. "Les chanteuses avaient déjà une place très importante dans les précédentes éditions", a-t-il expliqué à l'AFP, "mais nous avons mis l'accent sur les musiciennes, qui sont en nombre plus significatif".

Lisa Simone - fille de Nina Simone - , Céline Bonacina, Mélodie Gardot : talents émergents et musiciennes déjà reconnues prennent possession du festival. Avec, en apothéose, l'emblématique Joan Baez, icône des années 60 et 70, dont le concert pour sa tournée d'adieux, intitulée "Fare thee well", affiche depuis longtemps complet.

Un festival devenu incontournable

Bill Coleman, Lionel Hampton, Dizzy Gillespie, Stan Getz, Keith Jarrett...  La plupart des grands noms du jazz se sont produits à Marciac, depuis sa fondation en 1978 par une poignée d'amateurs. Au milieu des champs de tournesols et de colza, la petite ville de 1.350 habitants se transforme, le temps d'une quinzaine, en véritable métropole cosmopolite du jazz. "Le village se métamorphose totalement", a déclaré son maire à l'AFP, "certaines soirs, nous devons mobiliser le ban et l'arrière-ban du territoire pour faire face à l'arrivée de spectateurs !". 
 
L'édition anniversaire des 40 ans de JIM avait ainsi réuni près de 242.000 personnes. Pour cette édition, qui se déroulera cette année du 27 juillet au 15 août, le président espère "parvenir à un résultat équivalent". Avec le "secret espoir" de faire même plus.