Le guitariste lyonnais Seb Joulie en live et en quartet au Hot Club

Par Lucas Ottin @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 25/10/2012 à 11H30
Seb Joulie en live

Seb Joulie en live

© Lucas Ottin/Culturebox

Guitariste émérite et jazzeux passionné, Seb Joulie investissait hier le Hot Club de Lyon, une salle qu'il connaît bien. Ambiance conviviale et proximité avec le public assurée. Il est venu y présenter en formation quartet cinq morceaux qui figureront sur son prochain album, prévu pour février.

Première partie. Le Voodoo Trio : quatre (!) jeunes musiciens balancent au visage du public un set puissant, placé sous le signe de la transe. De la salsa au traditionnel créole, il y en a pour tous les goûts, mais le fil conducteur de ce groupe est clairement la danse, mené par celui qui derrière la batterie martèle ses fûts sans pitié. Hadrien Santos Da Silva surprend par son jeu afro-jazz, qu'il agrémente d'une frappe très lourde, très rock. Malgré quelques errements solistiques, ça envoie et le public est conquis.

Puis, après un court entracte, les quatre gaillards du Seb Joulie Quartet montent sur scène pour débuter par un réarrangement de "Work", de Thélonious Monk. Très vite on se rend compte que les néophytes trouveront difficilement leur place dans cette prestation. Très ancré dans la tradition du modern jazz acoustique, le jeu est souple, complexe, mais vagabond. L'esprit de Monk est ainsi très présent dans le premier morceau. Ca pousse, ça pique, ça se monte un peu dessus mais l'intention est là, et l'exécution audacieuse contrecarre les quelques flottements, en particulier sur les thèmes.

S'enchaînent ensuite quatre compositions du leader guitariste, des morceaux très écrits, pointus, aussi bien rythmiquement qu'harmoniquement. Les thèmes alambiqués, souvent joués à l'unisson par la guitare et le sax, rappellent le be bop, mais modernisé, presque free.La clarté et la précision de la section rythmique sont heureusement là pour mettre sous les pieds des deux solistes une allée fort droite et solidement pavée. Il ne faut pas oublier que le quartet expérimente ici de nouvelles compositions, en vue de les enregistrer en live au mois de février lors de plusieurs concerts à Lyon et alentours.

Un concert difficile d'accès, mais remarquable de musicalité et de maîtrise malgré quelques flottements dans les parties les plus écrites.

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© Lucas Ottin/Culturebox

Seb Joulie, après une médaille d'or de conservatoire et un bref passage par la New School University de New-York, qui lui a permis de participer à des sessions et de se prendre quelques "bonnes claques" (dixit l'intéressé), se lance à Lyon dans une carrière de guitariste soliste, tout d'abord en trio, puis ici en quartet. Grand fan (qui ne l'est pas ?) de John Coltrane, élève de Peter Berstein, il aime aussi s'inspirer des pianistes, tels que Brad Mehldau ou Aaron Goldberg.

Ses compositions, entre Cool, Hard-Bop et Modern Jazz, s'inscrivent dans la lignée de la scène jazz New-Yorkaise, et c'est pourquoi il a tenu, à l'occasion d'une tournée en février, à inviter Walter Smith, saxophoniste américain ayant collaboré entre autres avec Christian Scott, Sean Jones ou encore le Terence Blanchard Quintet. Ces concerts seront enregistrés, et de ces enregistrements naîtra le prochain album du Seb Joulie Quartet, marqué donc par une grande place laissée à l'improvisation et à l'instinct du live.

Le Seb Joulie Quartet sera en concert le 14 Février au Périscope de Lyon.