Le festival Jazz musette des Puces rend hommage à Didier Lockwood

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox

Mis à jour le 13/06/2018 à 12H15, publié le 13/06/2018 à 12H05
Didier Lockwood sur scène en 2016

Didier Lockwood sur scène en 2016

© jean-luc thibault / CrowdSpark

La 14e édition du festival Jazz musette des Puces, qui se tient samedi et dimanche à Paris, est rebaptisé, au moins pour cette année, Festival Didier Lockwood. C’est la décision qu’a prise son organisateur Serge Malik en hommage au violoniste mort subitement en février, qui en était avec lui l'instigateur et le parrain.

Haut lieu du jazz

"C'était mon meilleur ami depuis 45 ans, on a joué ensemble pour la première fois à l'âge de 17 ans", a confié à l'AFP Serge Malik, très affecté par le décès de Didier Lockwood. "Je ne me voyais pas ne pas l'honorer", poursuit le petit fils du créateur du marché Malik, guitariste qui a fait une carrière de "requin de studio" (notamment pour Henri Salvador, Michel Polnareff ou Michel Berger) pendant que son "pote" embrassait une carrière de jazzman.

L'idée de monter ce festival entièrement gratuit dans le quartier des Puces, à cheval sur Paris et Saint-Ouen à la Porte de Clignancourt, qui fut après-guerre et jusqu'aux années 1960 un haut lieu du jazz manouche et du musette, est née en 2004.

"On est allés casser une graine au Picolo (bar-concert des Puces), et là je lui ai dit ‘c'est dommage que l'identité culturelle des Puces se réduise à peau de chagrin et à quelques pôles de résistance : le Picolo, la Chope, et Chez Louisette’, il va falloir créer un événement", raconte Serge Malik, natif de Saint-Ouen.

Didier Lockwood est partant mais tient à ce que le mot musette figure à côté du mot jazz. Le festival Jazz et Musette était né, avec une première édition aux beaux jours en 2005.
Didier Lockwood avec Bireli Lagrène, Richard Galliano et Stochelo Rosenberg, "Autumn Leaves" - Festival de jazz de Strasbourg - vidéo amateur

Jazz manouche

Au cours de sa carrière, Didier Lockwood a souvent joué et improvisé avec les musiciens de jazz manouche. Serge Malik rappelle à ce sujet ce que lui avait dit un jour Ninine Garcia à propos de son ami violoniste. "Avec lui, je joue mieux que moi-même", lui avait confié l'un des guitaristes les plus talentueux du swing manouche, un style personnalisé par Django Reinhardt.

Ninine Garcia sera de la fête cette année avec, entre autres virtuoses manouches de la six cordes, Stochelo Rosenberg, Biréli Lagrène ou Romane, et leurs alter ego gadjo Sylvain Luc, Jean-Marie Ecay ou Olivier Louvel.

D'autres musiciens renommés, dont l'accordéoniste Marcel "Chauffe Marcel" Azzola, l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau ou le bassiste Linley Marthe, participeront avec eux samedi de 19h00 à minuit au Grand Concert au Cap Saint-Ouen, sur un ancien quai de marchandises transformé pour l'occasion en scène. "Je n'ai appelé personne, ils sont tous venus d'eux-mêmes", a souligné Serge Malik.

Tous ces musiciens, et d'autres, participeront les après-midi du samedi et du dimanche à la désormais traditionnelle tournée des marchés et des bars. Sans compter les artistes en résidence dans plusieurs restaurants, et La Guinche, un quartette installé dans une caravane décorée façon "vintage", qui animera le bal, dimanche soir en clôture, dans le stade Bertrand Dauvin.

Serge Malik, pour sa part, quittera l'organisation après cette édition à la mémoire de son ami, tout en exprimant le souhait que le rendez-vous continue et garde à l'avenir le nom de Didier Lockwood.