Ibrahim Maalouf condamné à quatre mois avec sursis pour agression sexuelle

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 23/11/2018 à 18H07, publié le 23/11/2018 à 14H38
Ibrahim Maalouf au palais de justice de Créteil (9/11/2018)

Ibrahim Maalouf au palais de justice de Créteil (9/11/2018)

© Philippe LOPEZ / AFP

Le trompettiste de jazz franco-libanais Ibrahim Maalouf a été condamné vendredi 23 novembre à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour l’agression sexuelle d’une collégienne de 14 ans par le tribunal correctionnel de Créteil.

Le tribunal a également condamné l'artiste à une amende de 20.000 euros. Lors de l'audience début novembre, le procureur avait requis six mois d'emprisonnement avec sursis. L'artiste, qui était présent à l'énoncé du jugement, a toujours nié toute agression sexuelle, plaidant le "dépit amoureux" d'une jeune fille qui n'aurait pas supporté d'être éconduite.

Ibrahim Maalouf "scandalisé"

"Quatre mois avec sursis pour un bisou que je n'ai pas fait c'est un peu 'What the fuck ?' (c'est quoi ce délire?, NDLR)", a réagi auprès de l'AFP le musicien, qui a écouté l'annonce du jugement calme et le visage fermé. Son avocate Maud Sobel a annoncé son intention de faire appel.

Le musicien s'est dit "scandalisé". "Le tribunal part du part du principe qu'il n y a pas de raison que cette fille soit en train de mentir. Or nous avons amené toutes les preuves qui prouvent que tout ce qu'elle prétend n'est pas possible", a-t-il déclaré. "On a montré qu'elle mentait", a-t-il insisté, en précisant qu'il se "battra" en appel.

"Ibrahim Maalouf a toujours contesté les prétendues agressions sexuelles et ce jugement ignore nos preuves de l'absence d'infractions", a renchéri son avocate

Retour sur le procès du 9 novembre

Durant le procès, deux versions s'étaient opposées: celle de la jeune femme, aujourd'hui âgée de 18 ans, qui avait raconté à la barre que le musicien l'aurait embrassée une première fois un soir à la sortie d'un cinéma en 2013. Et celle du trompettiste de jazz qui soutient avoir repoussé ses avances: "Je lui ai pris les poignets, je me suis éloigné d'elle, sans la brusquer".

Deux jours plus tard, selon la version de la plaignante, le musicien l'aurait à nouveau embrassée, cette fois dans son studio d'enregistrement d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), où elle faisait un stage. Il l'aurait "attrapée par le bassin", mimant un acte sexuel. "Je sentais son sexe derrière moi sur mes fesses", avait-elle déclaré aux enquêteurs.

Cette deuxième séquence n'a jamais existé, avait maintenu à la barre le trompettiste, lauréat de quatre Victoires de la musique et d'un César de la meilleure musique de film. "En aucun cas je n'ai eu d'attirance physique ou sexuelle" pour cette "adolescente", avait-t-il martelé, se sentant cependant "coupable" de "ne pas avoir su mettre des limites".

Scarifications

Les parents de la jeune fille avaient signalé les faits un an plus tard, après qu'elle s'est confiée à un médecin. Elle avait commencé à se scarifier et à avoir des troubles alimentaires, et a depuis effectué plusieurs hospitalisations et thérapies. Une enquête avait été ouverte dans la foulée débouchant sur le placement en garde à vue en janvier 2017 d'Ibrahim Maalouf.

"Comment voulez-vous qu'une jeune fille dont l'état de santé s'est objectivement dégradé, mente, pour rien, juste parce qu'elle aurait été vexée d'avoir été éconduite ?", s'était énervé le procureur dans ses réquisitions.

Au contraire, l'avocate d'Ibrahim Maalouf, Maud Sobel, avait, elle, parlé de "dépit amoureux" d'une jeune fille qui "aurait souhaité que cette transgression continue".