Dr John distille son blues sur les scènes françaises

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 06/08/2012 à 17H21
Le docteur de la Louisiane au Nice Jazz Festival.

Le docteur de la Louisiane au Nice Jazz Festival.

© Bébert Bruno / SIPA

Dr John, 71 ans, figure de la Nouvelle-Orléans, a fait étape cet été en France, à Paris, Strasbourg et Nice, mais aussi à Samois-sur-Seine, en Seine-et-Marne, lors du festival Django Reinhardt. Le musicien un peu chamane présentait son dernier album, paru il y a quelques mois : "Locked down" qui marque sa résurrection.

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Guitariste, puis pianiste, depuis un demi-siècle, Dr John revient sur le devant de la scène avec "Locked down", considéré par le magazine Rolling Stone comme l'un des meilleurs disques de 2012. Une nouvelle aventure qui est le fruit d'une découverte : celle du duo blues-rock des Black Keys.

Rencontre avec Dan Auerbach des Black Keys

"C'est ma petite-fille qui m'a fait écouter leur dernier album : El Carmino, j'ai immédiatement aimé le son de ces types," confie-t-il. Le vieux sage contacte le guitariste du groupe, Dan Auerbach qui a la moitié de son âge. Le courant passe : le jeune musicien sera guitariste et producteur de l'album. L'enregistrement en studio reste un moment mémorable pour Dr John : "nous avons écrit des chansons ensemble, j'avais l'impression d'apprendre, j'étais comme un enfant." Certaines de ses propres compositions retrouvent un souffle contestataire comme dans "Revolution". "C'est le meilleur disque qu'il ait jamais fait," dira celui qui l'a remis en selle, Dan Auerbach.

Une cure de jouvence pour celui qui, après cinquante ans d'addiction, a renoncé à la drogue. Résultat sur scène : le conteur vaudou, sa canne décorée de gris-gris à la main, semble revigoré. Ses morceaux truffés de sons d'orgue bizarres, de percussions insolites et de basses groovy sont portés par sa voix incomparable qui reste chaleureuse malgré les années.

Engagé pour la Louisiane et l'environnement

Son credo dans les paroles de ses chansons, comme dans la vie : la défense de la Louisiane. La marée noire, qui a frappé le Golfe du Mexique au printemps 2010, a fait de Dr John l'ambassadeur de cette région à laquelle il est si attaché. "Je vis toujours à La Nouvelle-Orléans, cette ville qui a inventé le jazz aura bientôt disparu," explique-t-il. Dans une interview à France 3, il dénonce, au passage, l'attitude des autorités américaines face à cette catastrophe écologique : "le gouvernement a oublié la Nouvelle-Orléans, alors on a demandé à la France de racheter la Louisiane." Aujourd'hui encore, le bluesman lance un appel : "il faut que les gens soient unis pour arrêter de maltraiter la planète en permanence."

Un parcours chaotique

Après avoir travaillé aux côtés des plus grands à ses débuts, comme Huey "Piano" Smith, Earl King, Doc Pomus et Bobby CHarles, connu quelques hauts dans les années psychédéliques 60 et 70 (on peut citer les albums de légende "Gris Gris" et "Babylon"), puis de nombreux bas par la suite, Dr John a désormais 24 albums à son actif. Il apparaît aussi dans les crédits de nombreux autres sous le patronyme "Mac Rebennack".

L'un des tubes de Dr John, "Right place, wrong time" (1972), ici avec Eric Clapton :