Décès du trompettiste Tomasz Stanko, précurseur du free jazz

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 29/07/2018 à 15H21, publié le 29/07/2018 à 15H06
Tomasz Stanko en 2016

Tomasz Stanko en 2016

© SIPANY/SIPA

Trompettiste virtuose et précurseur du free jazz en Europe dans les années 1970, le Polonais Tomasz Stanko est décédé dimanche à 76 ans, a annoncé la radio publique polonaise en citant la fille de l'artiste. A partir de la fin des années 1950, il avait sillonné les scènes, d'abord en Pologne puis à travers le monde, à la recherche de nouvelles inspirations et langages musicaux.

Maître dans l'art de la ballade, ce trompettiste avait développé une esthétique entre tradition bebop, dérapages free et musique contemporaine improvisée. Ses performances aux côtés d'autres géants du jazz mondial, et sa quarantaine de disques, notamment pour le label allemand ECM dont il fut l'un des piliers, lui ont valu de nombreux prix et récompenses tant aux Etats-Unis qu'en Europe. Il fut le premier lauréat du Prix européen du jazz de l'Austrian Music Office en 2002. L'Académie française du jazz le récompensa en 2013 du Prix du Musicien Européen.

"Tout m'inspire", disait-il dans une interview à l'AFP, il y a une douzaine d'années. "Le monde nous offre des quantités incroyables d'oeuvres de génie. Dans chaque coin du globe, il y a toujours eu des artistes de génie. A notre époque de communication et d'information, nous pouvons enfin les connaître", se réjouissait-il.
Tomasz Stanko New York Quartet – December Avenue

"Tout m'inspirait"

Originaire de Rzeszow, il fit partie d'une génération de jazzmen polonais pris d'engouement dans les années 1960 pour ce nouveau langage musical, grâce notamment aux émissions de "Voice of America" et aux premiers disques de jazz qui avaient pu franchir le Rideau de fer. "Pour moi, tout a commencé avec le modern jazz : Miles Davis, John Coltrane et Chet Baker", racontait alors Stanko. C'est en les écoutant qu'il troqua le piano et le violon classiques pour la trompette de jazz. "A l'époque, j'étais plongé dans l'existentialisme, la nouvelle vague du cinéma français et le néo-réalisme italien. La peinture, les livres de Faulkner et Joyce, la bohème à la parisienne... Tout m'inspirait", se souvenait-il.

"Les rencontres avec les gens sont très importantes", soulignait-il, tout comme le lieu du concert: que ce soit dans le silence somptueux du mausolée indien du Taj Mahal ou dans une salle prise par la fièvre révolutionnaire orange d'Ukraine.