Décès de Tony Joe White, figure du sud américain et du "swamp rock"

Mis à jour le 26/10/2018 à 13H09, publié le 26/10/2018 à 13H08
Tony Joe White en 2015

Tony Joe White en 2015

© RICK DIAMOND / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

"Polk Salad Annie" popularisé par Elvis Presley ou "Rainy night in Georgia", c'était lui. Le musicien américain Tony Joe White, figure du "swamp rock" où blues, country, boogie, rock et rhythm'n blues s'enchevêtrent, est décédé chez lui dans le Tennessee à l'âge de 75 ans, a annoncé vendredi sa maison de disques.

L'artiste à la voix d'outre-tombe était à la fois compositeur, chanteur, guitariste et harmoniciste. Il a vu plusieurs de ses titres repris par des interprètes célèbres comme Tina Turner, Joe Cocker ou Willie Nelson, au cours d'une carrière longue de 50 ans. "Ses chansons ont traversé de nombreux genres, le blues, le rock, la country, le R'nB et l'americana, ce qui témoigne de sa fabuleuse souplesse et de ses racines", indique Yep Roc Records, saluant "une légende".
Tony Joe White - Live in Switzerland au Montreux Jazz Festival 2013
Né en Louisiane à l'été 1943, Tony Joe White découvre le blues, adolescent. Après avoir écumé les clubs du Texas voisin, il obtient son premier hit en 1968 avec "Soul Francisco", qui lui vaut d'être à l'affiche du festival de l'île de Wight en 1970. Cette année là, sa chanson "Polk Salad Annie" devient célèbre grâce au "King", Elvis Presley, qui l'inscrit à son répertoire. 
Tony Joe White Dead Remembering Polk Salad Annie with Foo Fighters
Tony Joe White publie ensuite deux albums chez Warner Bros, dont "Homemade Ice Cream". Il disparaît ensuite du devant de la scène dans les années 80, avant de ressortir de l'anonymat en 1989 lorsque Tina Turner fait appel à lui pour son album "Foreign Affair".

Fidèle au "swamp blues"

Tony Joe White est toujours resté fidèle au "swamp blues", sa marque de fabrique, un boogie blues lancinant, sombre et lumineux à la fois, avec des accents country-rock. Sur scène, ce musicien, le visage souvent enfoui sous un Stetson et caché derrière des lunettes de soleil, s'accompagnait uniquement d'un batteur. 

Il possédait en France ses fidèles. Joe Dassin, timbre de voix similaire, publia en 1979 "Blue Country", un album d'adaptation en français de ses chansons. Il venait de sortir un nouvel album "Bad Mouthin'", comprenant cinq chansons originales, en plus de certains de ses classiques.
Tony Joe White - Bad Mouthin - New York, 2018