INTERVIEW. Julien Clerc : "Je vis depuis l'âge de 20 ans une vie qui me va très bien"

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/03/2018 à 17H47, publié le 02/03/2018 à 16H38
Julien Clerc en concert en 2017.

Julien Clerc en concert en 2017.

© SADAKA EDMOND/SIPA

Il est né à la chanson pendant le turbulent mois de mai 1968, mais les barricades, le musicien les a vécues "par procuration". Julien Clerc fête ses cinquante ans de carrière. Regard dans le rétro, à "La cavalerie" et à ces temps de création musicale avec les mots des autres. Regard aussi vers demain. La sérénité des 70 ans. Et un nouveau disque, à peine sorti : "A nos amours" (Parlophone).

Julien Clerc est né à la chanson pendant un jour de ce turbulent mois de Mai 1968. Son premier 45 Tours est sorti le 9 Mai 1968, le dernier disque pressé à l'usine Pathé-Marconi de Chatou, avant une grève qui en bloquera la production pendant plus d'un mois.

Reportage : Michel Vial, Noé Salem, Jacques Michaan, Edouard Goldstein

https://videos.francetv.fr/video/NI_1195143@Culture

"J'abolirai l'ennui"

Sur cet "EP" (pour "Extended Play", soit la galette vinyle de quatre chansons) figurait le titre emblématique de ses débuts, "La Cavalerie", et ces paroles curieusement en phase avec l'époque : "J'aurai enfin tous les courages / Ce sera mon héritage / Et j'abolirai l'ennui / Dans une nouvelle chevalerie..."
Cinquante ans après, dans un entretien qu'il nous a accordé il y a quelques jours après son concert de Metz, Julien Clerc avouait être un peu passé à côté de ces événements, vivant alors une histoire d'amour qui remplissait totalement sa vie. "Si j'ai été sur les barricades, c'est par procuration" affirme t-il dans un sourire, grâce aux mots ésotériques d'Etienne Roda-Gil, des mots qui furent même pour certains des slogans dont "j'abolirai l'ennui".

"Plaire au plus grand nombre, mais pas à n'importe quel prix"

Jusqu'alors étudiant, Paul-Alain Leclerc composait depuis la rentrée 1967 ses premiers morceaux avec deux copains de fac, Maurice Vallet et surtout Etienne Roda-Gil qui lui écrivaient des paroles. Le jeune interprète fut sensible à leurs mots, à leur singularité et à leur magie un peu hermétique. Gilbert Bécaud, qui l'accueillit en première partie de son Olympia en Février 1969, lui avait dit "je ne comprends rien à ce que tu chantes mais ça me plait !"

Dès le début de leur projet artistique commun discuté dans les cafés du Quartier Latin et en particulier à "L'Ecritoire" qui jouxte encore la Sorbonne, les trois amis visent l'excellence. "On se disait qu'il fallait que ce soit populaire, essayer de plaire au plus grand nombre, mais pas à n'importe quel prix."

Exalter le sentiment amoureux

Depuis un demi-siècle donc et malgré le changement constant de ses auteurs, l'artiste a su évoluer sans trahir l'esprit qui avait d'emblée séduit le public. "J'ai compris vite que mon statut passait par les textes que je n'écrivais pas. Et j'ai senti qu'en travaillant avec des gens différents, je me prolongerais musicalement."
Mais il n'aurait pu imaginer un parcours aussi brillant, émaillé de textes romantiques et de compositions lyriques qui exaltent le sentiment amoureux et qui, d'album en album, paraissent déjà familières alors que les chansons sont pourtant nouvelles. Julien Clerc est surtout heureux d'avoir réussi à faire de la musique la grande affaire de sa vie. "Je me suis donné en spectacle, je ne pense pas que ce soit vraiment ma nature profonde mais grâce à la musique, j'ai trouvé la force de me donner en spectacle. Je vis depuis l'âge de 20 ans une vie qui me va très bien ! "


"A NOS AMOURS" 
24 ème album studio réalisé par Calogero (Parlophone)

TOURNEE DES 50 ANS
Olympia, Paris (9,10 et 11 Mars)
Salle Pleyel, Paris (16, 17 et 18 Mars)
Dunkerque, Nord (22 Mars)
Longuenesse, Pas De Calais (23 Mars)
Saint-Amand Les Eaux, Nord (24 Mars)
La Scène Musicale, Boulogne Billancourt (23 et 24 Novembre)