Damian Marley à Afropunk Paris: "Ne soyez pas stagnants, continuez d’apprendre tout le temps"

Par Marguerite van Peebles @Culturebox
Mis à jour le 17/07/2018 à 16H47, publié le 17/07/2018 à 15H12
Damian Marley sur scène avec le drapeau éthiopien.

Damian Marley sur scène avec le drapeau éthiopien.

© Marc Ollivier / PQR / MaxPPP

Damian Marley a clôturé la quatrième édition du festival Afropunk qui se déroulait le week-end du 14 juillet à La Villette. A l'issue d'un concert chaleureux et enfumé, nous l'avons rencontré. L'occasion pour ce rasta quarantenaire, dont la chevelure caresse le sol, de dispenser une parole éclairée pleine de bonnes vibrations.

Tête d'affiche de la quatrième édition parisienne du festival Afropunk, Damian Marley a déclenché un fol enthousiasme chez ses spectateurs dimanche soir. Bon sang ne saurait mentir : le plus jeune fils de feu Bob Marley a repris et remixé des tubes de son père et a interprété plusieurs titres de son couronné album "Stony Hill" ( prix de la catégorie du meilleur album reggae du 60e Grammy Awards en 2018) et a été ovationné par un public reprenant en choeur ses chansons. Il a terminé sa prestation sur son classique "Welcome to Jamrock", avant de lancer "Until next time France, take care of yourself !" Un message bienveillant qu'il a ensuite développé.

Culturebox: Afropunk est un festival qui célébre des artistes d'un peu partout dans le monde et dont la spécificité est leur afro-descendance. Autour de nous, le public est varié, joyeux, détendu, enthousiaste.  Quelle est selon vous l'essence d'Afropunk?

Damian Marley : Je le vois d’abord comme un moyen de mettre en lumière les performances d’artistes trouvant leur ascendance sur le continent africain. Des hommes et des femmes imbibés de cet esprit. On leur donne une voix et une plateforme, c'est primordial. On célèbre l’Afrique, on va vers son unité ! Il y a beaucoup d’excellentes musiques venant d’Afrique et leur popularité croit grâce à ce genre d’initiative. Notamment le mouvement afrobeat qui devient universel. L’héritage de la musique africaine est mis en lumière, peu importe le lieu ou l’endroit. Par exemple, lors de notre concert, on a déployé le drapeau éthiopien et on le fait depuis de nombreuses années déjà, ce n’est pas quelque chose de nouveau pour nous !
 

La France vient juste de gagner la Coupe du Monde, avec une belle équipe derrière laquelle tout le pays est uni. Contrairement à de pathétiques tentatives d'agitateurs de souligner, non pas la performance du travail de groupe mais,  l'origine ou la couleur des joueurs… le pays est uni et vibre à l'unisson. On a ici une forte capacité à mettre en avant ce qui nous rapproche plutôt que de se focaliser sur les différences. La question de la couleur de peau crispe-t-elle moins en France qu'aux Etats-Unis ?
 
Sûrement. Et  il y a des différences évidentes entre les communautés afro-descendantes de part et d'autre de l'Atlantique. Déjà ici, c’est le français qui est parlé. Les gens ont des liens avec l’Afrique plus rapprochés, beaucoup y sont nés, et si ce n’est pas eux c’est leurs parents ou leurs grands-parents. Et peu importe la couleur de peau, les deux continents sont très différents. Je ne suis pas assez connaisseur de la question pour dire qu'Afropunk est plus nécessaire dans tel ou tel pays. Mais ce que je sais, c’est que cet esprit de partage culturel devrait être diffusé partout dans le monde.
Damian Marley lors de son concert à Afropunk Paris, le 15 juillet 2018.

Damian Marley lors de son concert à Afropunk Paris, le 15 juillet 2018.

© Afropunk
 
Comment vous sentez-vous en Europe ? Etes-vous familier de votre public parisien ?
Je remarque que Paris, et la France en général, ont une affection particulière pour le reggae. Je perçois une grande unité dans mon public même si les gens sont différents. A chaque fois que j’ai joué en France, mon public était très harmonieux. Je suis venu ici plusieurs fois : je pense qu’on se connaît un peu. Et je sens de bonnes vibrations !
 
En tant que rasta, vous êtes sage et préférez toujours souligner le bon côté des choses, exprimer votre gratitude. Dans "Livin it up" extrait de votre dernier album "Stony Hill",  vous exhortez les gens à croire en leur rêves et à ne pas être paresseux. Pouvez-vous nous dévoiler le secret d'une vie équilibrée ?
Ah ça ! Si vous avez la recette, faites-moi signe ! Ah ah ! Ecoutez, je dirais qu’il faut constamment aller de l’avant et se focaliser sur ce qui nous rend heureux. Une recherche constante de paix et d’espoir. Tout change et évolue tout le temps. Pourquoi pas vous ? Ne soyez pas stagnant, continuez d’apprendre tout le temps. Ca serait ça l’astuce d’un homme sage ! Et peut-être aussi un peu de "medication" (ndlr le cannabis) ça aide aussi !