Héritage Johnny Hallyday : un trust au nom de Laeticia fait rebondir l'affaire

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/03/2018 à 12H29, publié le 15/03/2018 à 09H07

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Le tribunal de Nanterre a renvoyé au 30 mars le premier round judiciaire très attendu sur l'héritage de Johnny Hallyday, à la demande des avocats de David Hallyday et Laura Smet. Le fils et la fille aînés du chanteur attendent notamment des précisions sur un "trust" au sein duquel leur père aurait réuni tous ses actifs au bénéfice de sa femme.

La demande de renvoi est  "motivée par les nombreux développements et pièces communiquées auxquels nous allons devoir répondre", avait précisé Me Carine Piccio, un des conseils de David Hallyday, avant l'audience. "Nous avons été destinataires des différentes conclusions et pièces adverses depuis deux jours et encore ce matin, et il y a encore un certain nombre de pièces dont on doit prendre connaissance", a-t-elle justifié.

Des précisions demandées aux avocats de Laeticia Hallyday sur un mystérieux trust

Le tribunal a enjoint les avocats de Laeticia Hallyday de fournir à la partie adverse, "au plus tard" lundi, des précisions sur un "trust" au sein duquel Johnny Hallyday aurait réuni tous ses actifs au bénéfice de sa femme, conformément à un testament rédigé en juillet 2014 aux Etats-Unis. Ils devront donner le "périmètre" de cette entité et l'"identité du ou des trustees" (gestionnaires), ainsi qu'un état des actifs qui s'y trouvent déjà ou sont en cours de transfert.
 
Selon Emmanuel Ravanas, l'un des avocats de Laura Smet, les pièces transmises par le clan de Laeticia étaient pour certaines "tronquées", "sans le nom des trustees".
 
Les avocats des aînés de Johnny Hallyday ont dit avoir découvert qu'il y avait en réalité deux "trusts", l'un pour les actifs français du rocker, l'autre pour les actifs non français et semblant avoir vocation à absorber le premier. Laeticia Hallyday dit en être la bénéficiaire mais ces structures juridiques restent pour une large part mystérieuse.

La guerre est ouverte entre les deux aînés et la veuve de la star

Depuis plusieurs semaines, la guerre est ouverte entre les deux aînés de la star et sa veuve Laeticia, devenue l'unique bénéficiaire du patrimoine et des droits d'auteurs de la légende du rock français, décédée le 6 décembre à l'âge de 74 ans. 

L'image de la famille unie renvoyée le 9 décembre 2017 lors des funérailles de Johnny hallyday sur le parvis de l'église de la Madeleine à Paris n'est qu'un lointain souvenir. C'est Laura Smet qui a lancé l'offensive judiciaire dans une lettre transmise le 12 février à l'AFP. "J'ai choisi de me battre", confiait alors la fille de Nathalie Baye dans ce courrier, rejoint dans sa démarche par son demi-frère David, fils de Sylvie Vartan. Les deux aînés ont déposé un recours sur le fond devant la justice française pour contester les modalités de succession de leur père, rédigées en Californie. Ils estiment que son testament les "déshérite", ce qui est interdit en droit français, et demandent "que la succession soit soumise aux règles de dévolution légales" en France. Aucune date n'a pour l'instant été fixée pour l'examen de ce volet de l'affaire, qui pourrait prendre des mois, voire des années.

L'album posthume au coeur des tensions

Laura Smet et David Hallyday ont également saisi en référé (procédure d'urgence) le tribunal de grande instance de Nanterre afin de "pouvoir se prononcer" sur un projet d'album posthume de Johnny Hallyday actuellement en préparation, selon l'assignation qui doit être débattue jeudi. Ils donnent à Laeticia Hallyday "un délai de 48 heures" pour accéder à cette demande et réclament une "astreinte de 10.000 euros par jour de retard" en cas de non-respect de leur souhait. L'ancienne "idole des jeunes" a travaillé une grande partie de l'année 2017 à ce 51e album studio, inachevé, pour lequel une dizaine de chansons ont été enregistrées.

Laura Smet, 34 ans, souhaite "pouvoir confirmer le respect de l'intégrité artistique de l'entier contenu de cet album", a indiqué l'un de ses avocats, Me Emmanuel Ravanas. Une demande à laquelle Laeticia Hallyday a "sèchement opposé une fin de non-recevoir", a-t-il affirmé.

Des "mesures conservatoires" sur les biens immobiliers 

Les deux aînés Hallyday demandent également, par le biais de cette procédure, des "mesures conservatoires" sur les biens immobiliers et "la mise sous séquestre" des "redevances perçues au titre des droits d'auteur" de l'artiste, dans l'attente que la justice tranche le litige sur l'héritage. 

Johnny Hallyday possédait deux villas à Los Angeles et Saint-Barthélemy ainsi qu'une autre à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) détenue par une SCI dont il était actionnaire avec sa dernière épouse et leurs deux filles, Jade et Joy. Chacune de ces demeures est estimée entre 10 et 15 millions d'euros. Johnny disposait également des droits sur quelque 1.160 chansons. 

Laeticia Hallyday s'est peu exprimée depuis le début de l'affaire. Réagissant quelques heures après la lettre de Laura Smet, elle avait d'abord fait part de son "écoeurement" avant de disparaître des réseaux sociaux. Le 1er mars, elle avait publié un communiqué par le biais de son avocat Me Ardavan Amir-Aslani. Johnny a "pris toutes les décisions concernant sa succession avec toutes ses facultés mentales et son libre-arbitre", y affirme-t-elle. Me Amir-Aslani a également assuré que Johnny avait "fait le nécessaire de son vivant pour mettre ses enfants majeurs à l'abri du besoin", via des donations.

Laura Smet a notamment bénéficié de deux donations lui permettant d'acheter un appartement de plus de 100 m2 situé rue Bonaparte, dans le VIe arrondissement de Paris. David aurait, lui, reçu en 2002 la moitié d'une luxueuse villa du XVIe arrondissement de Paris appartenant à ses parents et qui "serait aujourd'hui estimée à près 20 millions d'euros", selon la radio RTL.

La réponse de l'avocat de Laetitia Hallyday

"Il faut mettre un terme à cette procédure qui porte atteinte à la dignité de ma cliente et met à mal l'honneur ses enfants", a contre-attaqué l'avocat de Laeticia Hallyday, Ardavan Amir-Aslani, qui s'est opposé au renvoi.

"Une campagne médiatique a été organisée", a-t-il ajouté, soulignant que Laeticia Hallyday n'était "pas la gangster qu'on s'attache à décrire". "Le trust est bénéficiaire de tous les biens de l'artiste et Laeticia Hallyday en est la bénéficiaire et, après elle, ses enfants. Que voulez-vous savoir de plus?", a-t-il lancé aux parties adverses.