Pour les fêtes, le Musée Dickens de Londres raconte l'histoire du conte "A Christmas Carol"

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/12/2017 à 17H20, publié le 03/12/2017 à 16H30
Au Charles Dickens Museum, la comédienne britannique Miriam Margolyes qui joue dans le film "The man who invented Christmas", montre une première édition du conte "A Christmas Carol".

Au Charles Dickens Museum, la comédienne britannique Miriam Margolyes qui joue dans le film "The man who invented Christmas", montre une première édition du conte "A Christmas Carol".

© Pete Summers/Shuttersto/SIPA

Une exposition qui vient à point à l'approche de Noël, à Londres. Le musée Charles Dickens a revêtu ses habits de fête en mettant à l'honneur le célèbre conte "A Christmas Carol" ("Un chant de Noël"). Cette histoire d'une rédemption, qui berce les rêves des petits anglo-saxons depuis plus de 150 ans, trouve sa source dans le sentiment de révolte de Dickens à propos du travail des enfants.

Il est logé dans une maison victorienne qui a accueilli l'écrivain et sa famille entre 1837 et 1840 : le Musée Charles Dickens rassemble plus de 100.000 objets, dont le mobilier, des lettres et des milliers de photos de l'écrivain-journaliste pourfendeur des inégalités sociales et du sort réservé aux enfants des classes populaires.

Et c'est de cela qu'il s'agit dans l'exposition intitulée "Ghost of an Idea: Unwrapping 'A Christmas Carol'" (littéralement : Le fantôme d'une idée : ouvrons le livre "A Christmas Carol"). Une exposition qui cherche à explorer ce qu'il y a derrière ce livre culte, "A Christmas Carol" (en français "Un chant de Noël"), l'un des plus célèbres de Charles Dickens, autrement dit ce qui a déterminé son inspiration.

"A Christmas Carol" écrit pour réagir contre le sort réservé aux enfants

Car si "A Christmas Carol", écrit en six semaines en 1843, est considéré comme une jolie histoire où tout se termine pour le mieux, il n'en reste pas moins que c'est la publication d'un rapport sur le travail des enfants à une époque où la misère atteignait des records qui a poussé Dickens à prendre la plume, rappelle la directrice du musée Cindy Sughrue. "Il en a été si abattu, si choqué qu'il a décidé de faire quelque chose pour dire que les enfants méritaient mieux", dit-elle.
L'entrée du Musée Dickens de Londres.

L'entrée du Musée Dickens de Londres.

© Shutterstock/SIPA
Lui-même contraint d'arrêter l'école et de travailler dans son enfance alors que son père était emprisonné pour des dettes, Dickens, l'auteur d'"Oliver Twist" et de "La Petite Dorritt", n'a cessé de prendre fait et cause pour les plus faibles dans son oeuvre.
"On retrouve un peu de son histoire personnelle dans tous ses écrits", souligne Cindy Sughrue, le qualifiant de "militant pour la réforme sociale".

La visite des trois esprits dans la nuit de Noël

Dans "Christmas Carol", l'acariâtre Ebenezer Scrooge, qui a servi de modèle entre-autres au très avare oncle Picsou de Disney, mène la vie dure à son employé et se montre un mauvais oncle. Durant la nuit de Noël, il reçoit la visite de trois esprits, fantômes des Noël passés, présent et futurs, qui vont le convertir à la gentillesse.
Vantant l'esprit de partage, la famille et le plaisir d'un repas partagé au coin du feu, "A Christmas Carol" connaît un succès immédiat qui ne se démentira jamais malgré d'"innombrables" adaptations, souligne Cindy Sughrue.

Si Dickens "n'a pas inventé" la manière dont les Britanniques fêtent Noël dans un nouveau contexte urbain, il a contribué à "cristalliser" la tradition, avec ses références à la dinde de Noël, au sapin décoré ou aux chants rythmant cette nuit, selon Frankie Kubicki, la curatrice de l'exposition.

Expo jusqu'au 25 février

Ouverte au public à partir de mercredi, et jusqu'au 25 février, elle permet entre autre d'entendre un acteur interpréter le texte ou de voir les costumes du film "The Man who invented Christmas", prochainement sur les écrans britanniques, qui montre le processus créatif de Dickens (1812-1870).