Stromae et d'autres artistes composent "Hello World" avec... de l'intelligence artificielle

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/12/2017 à 11H14, publié le 01/12/2017 à 11H03
Stromae, ici sur scène en 2015.

Stromae, ici sur scène en 2015.

© MediaPunch/REX Shutters/REX/SIPA

Une première mondiale, selon Spotify : aboutissement d'un projet de recherche scientifique baptisé "Flow Machines", plusieurs artistes, dont Stromae, ont composé de la musique grand public avec l'aide de technologies d'intelligence artificielle. La plateforme suédoise a annoncé le 1er décembre la sortie des deux premiers morceaux d'un album appelé "Hello World".

Cet album "Hello World", produit par le label indépendant Flow Records, est l'aboutissement d'un projet de recherche scientifique baptisé "Flow Machines", a expliqué François Pachet, ancien directeur du Computer science laboratory (CSL) de Sony, et qui a rejoint Spotify l'an dernier.

Une musique non expérimentale, mais "maintream"

Si des morceaux de style expérimental ont déjà été réalisés à l'aide d'ordinateurs, la sortie d'un album de musique "mainstream" (pop, électro, jazz...) créé par des artistes avec l'aide d'une intelligence artificielle, est une première mondiale, dit-il. L'un des deux titres dévoilés ce 1er décembre est "Hello Shadow", un morceau au rythme dance co-composé par Stromae et interprété par la chanteuse canadienne Kiesza.
L'intelligence artificielle a permis aux artistes sollicités de générer tantôt des mélodies ou des harmonies, ou des voix, à partir de morceaux ou d'extraits musicaux qu'ils soumettaient à des logiciels. Ils pouvaient ensuite utiliser les éléments obtenus, les modifier ou les abandonner au gré de leur processus créatif. "Il ne s'agissait pas du tout de cantonner les artistes dans un rôle de spectateur", mais "de voir comment on peut faire des outils qui les aident, en les poussant à faire des choses nouvelles et différentes", assure François Pachet.

La "prochaine étape dans l'évolution des outils d'aide à la création musicale"

Le chercheur et informaticien a lancé Flow Machines au sein du CSL et de l'Université Pierre et Marie Curie, à Paris, en visant au départ à "développer des technologies d'intelligence pour comprendre la notion de style dans des oeuvres". Puis son équipe de Flow Machines a voulu mettre ces technologies entre les mains d'artistes professionnels. 
Et après avoir mis en ligne un premier morceau (Daddy's car) l'an dernier, elle s'est donnée pour défi de créer un album entier et de le commercialiser. Pour lui, "de la même manière que le synthétiseur a révolutionné la musique dans les années 80", l'utilisation de l'intelligence artificielle "est la prochaine étape dans l'évolution des outils d'aide à la création musicale, et va "produire des environnements très nouveaux et stimulants".

Pour cet album, Benoit Carré alias Skygge, membre de l'équipe et ancien du groupe Lilicub, a choisi les artistes et collaboré à plusieurs des titres. L'album sera distribué sur les principales plateformes en ligne et en cas de succès, peut-être sous forme de vinyle, espère François Pachet.