Philharmonie de Paris : le nouvel orgue inauguré en beauté

Par @Culturebox
Mis à jour le 08/02/2016 à 12H43, publié le 08/02/2016 à 12H06
L'organiste Philippe Latry, un des quatre organistes qui a fait découvrir le 6 février les richesses sonores du nouvel orgue de la Philharmonie de Paris.

L'organiste Philippe Latry, un des quatre organistes qui a fait découvrir le 6 février les richesses sonores du nouvel orgue de la Philharmonie de Paris.

© JACQUES DEMARTHON / AFP

Un an après l’ouverture de la Philharmonie de Paris, le nouvel orgue symphonique a été officiellement inauguré les 6 et 7 février. Quatre organistes ont fait résonner les 6055 tuyaux de cet instrument à vent, l’un des plus grands du monde. Un titan de 15 mètres de haut fabriqué en Autriche dans les ateliers Rieger et qui, une fois remonté, a demandé sept mois de travail pour être réaccordé.

Le nouvel orgue de la Philharmonie de Paris a été commandé en 2006 à la firme autrichienne Rieger, considérée par les spécialistes comme le meilleur facteur d’orgues. Chacun de 6055 tuyaux a été fabriqué à la main et préharmonisé. Une fois installé dans l’écrin de la Philarmonie, c’est l’harmoniste Michel Garnier qui a ensuite passé des nuits à réaccorder l’instrument à vent. Un travail lent et minutieux. Car l’orgue possède 4 claviers, 91 jeux et autant de sonorités possibles (celle d’une trompette, d’un violon ou d’une flûte par exemple). Chacun de ses jeux est composé de 61 notes, donc de 61 tuyaux. Cela donne une idée des immenses possibilités de l’instrument qui, avec ses 25 tonnes de bois et d'acier, "couvre pratiquement tout le spectre audible par un être humain" comme le rappelle Michel Garnier.
 
Le 7 février, le public a pu découvrir les richesses de cet instrument avec le concert donné par  Thierry Escaich. L’organiste (qui a été le premier à jouer sur l'orgue en octobre dernier) a improvisé pour accompagner le film muet « Le Fantôme de l’opéra » (1925) de Rupert Julian, inspiré du roman de Gaston Leroux.

Reportage : I. Dupont / N. Metauer / R. Saint-Estève / N. Gallet

https://videos.francetv.fr/video/NI_623566@Culture

Pas de place pour lui

Si tout le monde s’extasie aujourd’hui sur le caractère unique et spectaculaire du nouvel orgue de la Philharmonie de Paris, il faut savoir qu’il a bien failli ne pas exister. A l’origine, Jean Nouvel, l’architecte du projet, n’avait pas prévu de place pour un tel instrument. Il a fallu qu’un groupe d’organistes composé entre autre d’Olivier Latry, Philippe Lefevre et Thierry Escaich se mobilise pour qu’un appel d’offre soit lancé.

Orgue Philarmonie Paris © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Au repos, un orgue "invisible"

Il a ensuite fallu gérer une contrainte imposée par Jean Nouvel : que l’orgue monumental reste invisible quand il ne joue pas. Les 32 tuyaux apparents sont pour la plupart factices, seuls 12 d’entre eux ne sont pas muets. L’instrument est donc caché derrière une série de panneaux de bois mobiles qui s’ouvrent progressivement, laissant apparaître les 6055 tuyaux. Effets visuel et sonore garantis.

Orgue Philarmonie Paris éclairé © JACQUES DEMARTHON / AFP

Ecoutez les grandes orgues sur Culturebox

Le 6 février, quatre organistes¸ Bernard Foccroulle, Philippe Lefebvre, Olivier Latry et Wayne Marshall se sont succédé pour inaugurer les nouvelles grandes orgues de la Philharmonie de Paris. Des concerts à retrouver en intégralité sur Culturebox .