Les Francofolies de La Rochelle : cinq jours de fête, des mois de travail orchestrés par Florence Jeux

Par E. Cornet / O. Riou / O. Morain @Culturebox
Mis à jour le 14/07/2018 à 16H42, publié le 14/07/2018 à 16H05
Patrick Bruel, un habitué des Francofolies de La Rochelle toujours bien reçu par Florence Jeux et Gérard Pont 

Patrick Bruel, un habitué des Francofolies de La Rochelle toujours bien reçu par Florence Jeux et Gérard Pont 

© France 3 / Culturebox

À La Rochelle (Charente-Maritime), les Francofolies font partie intégrante du décor depuis plus de 30 ans. Cinq jours de musique au coeur même de la ville qui se programment des mois à l'avance. Florence Jeux, la directrice générale et artistique du festival qui se déroule jusqu'au 15 juillet est l'une des rares femmes à ce poste clef en France.

Concevoir un programme des mois à l'avance, accueillir les artistes, parer aux imprévus de dernière minute, durant les Francofolies de La Rochelle, Florence Jeux ne touche pas terre. Elle est la directrice artistique du célèbre festival qui se déroule cette année du 11 au 15 juillet. L'une des équipes de culturebox l'a suivie dans son marathon.

Reportage : E. Cornet / F.Blevis / P.Grandouiller / L.Hauville

https://videos.francetv.fr/video/NI_1265787@Culture

Chouchouter les artistes

Ce vendredi 13 juillet, c'est le premier jour du festival et Florence Jeux a déjà une vingtaine d'artistes à recevoir et quatorze lieux à manager. Elle gère les mini problèmes, comme par exemple les exigences des artistes auxquelles il faut savoir répondre, quels que soient les délais : "Ce soir, on manquait de loges car on a beaucoup d'invités avec Véronique Sanson, donc on a monté des loges", explique-t-elle notamment. Avec Florence, les musiciens sont reçus comme des rois et certains lui sont très reconnaissants. "C'est super d'être accueillie par une femme", lance la chanteuse Fatoumata Diawara, avant de remercier chaleureusement son hôtesse. 
Véronique Sanson La Rochelle © Xavier LEOTY / AFP

Cinq jours de tourbillon et un an de travail

Un festival c'est aussi de la représentation, des cocktails, des inaugurations, ajuster des plannings d'interviews, répondre aux 300 journalistes présents sur l'événement. Cinq jours de tourbillon et la conclusion d'un an de travail pour construire la plus belle affiche possible. "C’est quatre ou cinq concerts par semaine toute l'année où on va voir toute la jeune création et suivre les têtes d'affiche", atteste Florence Jeux. Patrick Bruel est un habitué, déjà sollicité pour l'année prochaine. Pour la programmatrice, pas de répit, la programmation de l'édition 2019 a déjà commencé.
franco illustr © France 3 / Culturebox

Les plateformes musicales incontournables aux Franco

Depuis quelques années, les festivals doivent aussi compter avec les plateformes musicales. Spotify ou Deezer, ces sites de streaming s'imposent comme des partenaires incontournables auprès des programmateurs et des artistes.

"Aujourd'hui, les jeunes ne se réalisent pas dans la propriété, ils veulent juste consommer de la musique", constate Gérard Pont, Directeur des Francofolies. Côté scène comme côté gradin, chacun s'y retrouve. Depuis 10 ans, Deezer est partenaire officiel des Francofolies de La Rochelle et comptabilise dix millions d'abonnés. Une fidélité récompensée par des places de concert en VIP. "Le live et l'écoute en streaming sont très complémentaires, on construit des choses communes ensemble", assure Elsa Batigne, responsable communication France Deezer. 

140 dollars pour "La Isla Bonita" de Madonna !

Mais côté artistes, certains grincent des dents. La rémunération du streaming reste dérisoire. "J'ai un ami qui a co-écrit 'La Isla Bonita' pour Madonna qui raconte que sur les millions de passage sur Deezer il a gagné 140 dollars !", rapporte Nicolas Peyrac lors de son passage à La Rochelle.

Reportage : France 3 Poitou-Charentes - O. Riou / A. Darrigrand / T. Chapuzot / I. Hirsch / F. Gallard / A. Grignard / C. Pougeas

https://videos.francetv.fr/video/NI_1265789@Culture


A la source du problème, la natures des contrats signés. Les plateformes redistribuent directement l'argent aux maisons de disque et non aux artistes. Outil de consommation Kleenex mais formidable moyen d'écoute pour tous, "Deezer c'est le diable et le paradis", conclut la musicienne Jeanne Cherhal.