"L'Huma", l'autre fête de la musique

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Mis à jour le 15/09/2014 à 09H58, publié le 14/09/2014 à 19H18
La Grande Scène durant le concert de Ayo, le 13 septembre 2014

La Grande Scène durant le concert de Ayo, le 13 septembre 2014

© Lionel Urman/SIPA

Incontournable rendez-vous politique de la rentrée, la Fête de l'Humanité a aussi, depuis toujours, une dimension culturelle importante, digne des grands festivals. Cette année, Scorpions, IAM, Massive Attack ou Bernard Lavilliers étaient au rendez-vous, au milieu de centaines d'autres artistes, professionnels ou amateurs. Promenade ce dimanche à la Courneuve.

Dès les premiers pas, dans les avenues Henri Krasucki, Karl Marx, Frida Kahlo ou Hugo Chavez, des notes de musique s'échappent de partout. Sur le stand des communistes du Kremlin-Bicêtre, un quatuor de rockers mi-cold-wave mi psychédélique s'applique devant une vingtaine de personnes, bières et frites à la main. Un peu plus loin, un groupe revisite "La fille du coupeur de joints" d'Hubert-Félix Thiéfaine. Leïla Ssina groove sur la scène Zebrock. 
Leïla Ssina sur la scène Zebrock

Leïla Ssina sur la scène Zebrock

© PY Grenu / Culturebox
"Parle-moi de ras-le bol" scande un rappeur picard sous la banderole de Saint-Quentin. En Meurthe-et-Moselle, on reprend "Les copains d'abord" à tue-tête. A la Guinguette d'Ivry, hommage à Julien Clerc. Et un peu partout, des chanteurs, des chanteuses, du rock, du baroque ou du rap, sous des fanions Ricard. A la Fête de l'Humanité comme ailleurs, le talent n'est pas équitablement partagé, mais rien de grave, l'ambiance est bon enfant. 

Sur la Grande Scène, les programmateurs jouent gros chaque année, à l'instar de leurs collègues des grands festivals de l'été. Une part importante de la fréquentation est liée à la qualité de l'affiche. Beaucoup de spectateurs se déplacent d'abord pour un ou plusieurs artistes plutôt que pour les débats d'idées.
Scorpions à la Fête de l'Humanité 2014 © Lionel Urman/SIPA
Cette année, le joli coup, c'est la présence du groupe allemand de heavy-metal Scorpions. Unique concert français de l'été. Les fans sont venus en masse. Devant la scène, une pancarte poussiéreuse "Merci IAM" rappelle que quelques heures plus tôt, les Marseillais ont mis le feu ici. Mais ce dimanche, en début d'après-midi, l'ambiance est notablement plus calme, avec l'ensemble Divertimento, dirigée par la pétillante Zahia Ziouni. Une programmation inspirée par le Centenaire de l'assassinat de Jean Jaurès et la chanson que Jacques Brel lui a consacrée, mais aussi Stravinsky, Debussy et du jazz New Orleans. Le public adore.
L'ensemble Divertimento à la Fête de l'Humanité © PY Grenu / Culturebox
Cette voix... Mais, oui, bien sûr, c'est lui : Daniel Mermet. L'ex-animateur de France Inter, débarqué depuis la rentrée, est sur scène pour lire un texte du fondateur de L'Humanité. Il est invité par les Grandes Bouches, héritiers des collectifs toulousains "Motivés" et "100% Collègues", qui ont pour mission de faire monter la température. "Ayana, ayana, la grève a commencé", leurs chansons à texte donnent la bougeotte au public, qui valse sur les pelouses. Rejoint par les Ogres de Barback et Alain Minvielle, les Grandes Bouches célèbrent Jaurès et rappellent Sinsemilla, leur énergie est communicative. 
Les Grandes Bouches à la Fête de l'Humanité - reportage France 3 : D. Morel / P. Pachoud / G. Potet 

https://videos.francetv.fr/video/NI_151879@Culture

Cette année, c'est Bernard Lavilliers qui a fermé la boutique. Lavilliers, un habitué de la maison. C'était sa huitième présence sur l'affiche de "La Fête de l'Huma". La première fois ? C'était en 1976...