Trans Musicales : baptême pour Lou Doillon, Taha invite Mick Jones

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/12/2012 à 11H48, publié le 08/12/2012 à 10H29
Lou Doillon aux Trans Musicales de Rennes le 7 décembre 2012

Lou Doillon aux Trans Musicales de Rennes le 7 décembre 2012

© THOMAS BREGARDIS / AFP

Lou Doillon, qui donnait vendredi un concert attendu aux Trans Musicales de Rennes a passé avec brio son baptême du feu, tandis que Rachid Taha, qui y présentait son nouvel album, est venu accompagné d'un invité de luxe: l'ancien guitariste des Clash, Mick Jones. Ces 34e Trans Musicales se déroulent jusqu'à dimanche soir.

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Lou Doillon en pente douce
Avec son premier album folk "Places", qui s'est déjà écoulé à plus de 150.000 exemplaires, Lou Doillon a signé un des succès suprise de la rentrée. Sa venue aux 34e Trans Musicales de Rennes, pour seulement le quatrième concert de sa jeune carrière, était donc très attendue. Le public de l'intime salle de la Cité, dont nombre de journalistes, a d'abord accueilli avec circonspection la jeune trentenaire. En jean et chemise blanche, la jeune femme s'est présentée timidement, avouant son trac et se plaçant sous la protection du Rennais Etienne Daho, qui a produit son album. Mais la fille de Jane Birkin et Jacques Doillon a su peu à peu conquérir la salle.
 

Par sa voix d'abord. La chanteuse a confirmé que son timbre était son atout majeur, puissant et légèrement voilé, jaillissant comme par éclats et incarnant à la perfection le sentiment de mal-être qui a inspiré son disque. Son groupe a également donné une nouvelle énergie, plus électrique, aux chansons de l'album, en particulier "I.C.U" et "Places", deux moments forts du concert.

Entre les chansons, la comédienne est aussi venue au secours de la chanteuse. Lou Doillon s'est rapidement décontractée, présentant chaque titre avec charme et une bonne dose d'auto-dérision. La chanteuse n'a finalement quitté la scène qu'au terme d'un rappel réclamé par le public, après un concert qui aura comporté une reprise : une version folk du titre des Clash "Should I stay or should I go".

Rachid Taha et Mick Jones aux Trans Musicales de Rennes, le 7 décembre 2012

Rachid Taha et Mick Jones aux Trans Musicales de Rennes, le 7 décembre 2012

© THOMAS BREGARDIS / AFP

Taha s'offre un Clash
Quelques heures plus tard, le classique du groupe de punk britannique résonnait à nouveau au Parc Expo... interprété cette fois-ci dans sa version originale par l'ancien guitariste des Clash, Mick Jones. Le musicien était l'invité de Rachid Taha, venu présenter en avant-première son nouvel album à paraître en mars "Zoom".

D'abord hésitant dans sa veste à paillette, le chanteur a progressivement prix possession de la scène pour un concert à la poésie déglinguée. "Zoom", auquel ont participé entre autres Mick Jones, Rodolphe Burger et Brian Eno, est un double-hommage à Elvis Presley et Oum Kalsoum, à l'orient et à l'occident.

Sur scène, l'oud s'est mêlé aux guitares électriques et aux boucles électroniques, l'arabe à l'anglais pour une version très personnelle d'"O Sole Mio", tandis qu'un souffle venu de l'ouest américain a traversé une chanson sur le printemps arabe. Rachid Taha n'en a pas oublié ses classiques chantés d'une voix d'écorché, comme "Ya Rayah".
 

Complices, le tempéré Mick Jones et l'exalté Rachid Taha ont partagé le micro pour le titre des Clash "Rock in the Casbah" puis pour "Voilà, voilà", une chanson écrite en 1993 par l'Algérien sur la montée du racisme.

"Moi, j'ai l'impression que ce n'est pas fini. A bas le facsisme", a lancé Taha, pendant que Jones entonnait les paroles de la chanson en mêlant l'anglais et le français: "Voilà, voilà, it's starting again in la douce France".

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