Thomas Azier, une voix à découvrir sur un premier album de glace et de feu

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/03/2014 à 15H11, publié le 09/03/2014 à 15H30
Thomas Azier, adoubé par Stromae et Woodkid, prend son envol avec un premier album.

Thomas Azier, adoubé par Stromae et Woodkid, prend son envol avec un premier album.

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Adoubé par Stromae et Woodkid, Thomas Azier est une voix qui compte déjà dans l'ombre mais va sans doute exploser au grand jour ces prochains mois. Il publie lundi "Hylas", un premier album très attendu qui confirme son talent entrevu sur deux premiers ep. Un disque où le romantisme de la pop croise la techno froide de Berlin, sa ville d'adoption qu'il voit comme un décor de "film noir".

Nouveau venu de l'électro-pop poussé par Stromae et Woodkid
Stromae, pour qui il a travaillé sur "Racine Carrée" et avec qui il partage le même label, l'a invité à jouer en première partie de ses concerts. Tout comme le Français Woodkid, séduit par ses deux premiers EP.

La proximité entre les deux musiciens est d'ailleurs évidente : même goût pour les envolées épiques et le romantisme, même volonté de mélanger l'électro et la pop, même voix chargée d'émotions.
Un style tout en contrastes
"J'aime le contraste dans ma musique : le froid et la chaleur, l'agressivité et la douceur, l'analogique et l'électronique, la mélodie et la rigidité de la techno allemande. Je joue constamment avec ces idées et je les fais entrer en conflit", explique le musicien.
 
Thomas Azier est né dans une petite ville des Pays-Bas. "Je pensais travailler dans le secteur social, mais je me suis dit qu'avant ça je me devais 
d'essayer de faire de la musique", explique-t-il. A 19 ans, il part s'installer à Berlin. Mais, contrairement aux musiciens de sa génération qui postent sur internet leur premier morceau à peine composé, Thomas Azier prend son temps.
 
Quatre ans se passent avant la sortie d'un premier EP qui met l'eau à la bouche, Hylas 001, en 2012, suivi un plus tard d'un deuxième Hylas 002, salué par la critique qui avait eu vent de lui. Mais le grand public ne le connaît pas encore. Avec son premier album Hylas, aboutissement de cinq ans de travail méticuleux, la chrysalide Azier est fin prête à prendre son envol vers les cîmes.
Berlin, personnage à part entière de l'album
"Je pensais que je n'étais pas prêt, que je n'avais rien à dire. J'ai vécu des tas d'expériences à Berlin, des choses folles, des choses laides jusqu'à ce que je me dise +OK, j'ai des histoires+", raconte-t-il. Entre violence, angoisse, sexe et amour, les histoires de Thomas Azier sont profondément humaines.
 
"Quand je suis arrivé à Berlin, j'ai vu tous ces trucs post-modernes, ces gens qui faisaient de l'art à partir d'ordures. La profondeur et la beauté me manquaient dans l'art et la musique, je voulais de vraies émotions", se souvient-il.
"Je n'étais pas vraiment à ma place (sur la scène berlinoise, ndlr). Je faisais de la pop, alors que même la techno n'y est pas considérée comme acceptable si elle n'est pas purement instrumentale", poursuit le musicien, qui a commencé à jouer dans les clubs entre deux sets de DJ.
 
"Cela m'a forcé à être différent, je me sentais le dos au mur", dit-il. Si Thomas Azier est resté à Berlin c'est aussi que la ville est devenue  "comme dans un film noir" un personnage à part entière de sa musique, symbolisant le thème du changement au coeur d'"Hylas".
"Berlin est en constante transformation, d'une façon extrême, du point de vue architectural, mais aussi culturel. Berlin est comme un phénix qui renaît de ses cendres", dit-il. "Quand je m'y suis installé, j'étais moi même en pleine transformation. Je n'ai toujours pas vraiment de barbe, mais ma voix a baissé d'un octave, j'ai grandi, vieilli", raconte le jeune homme élancé aux traits fins.
 
Une usine désaffectée pour studio
Estimant que le "plus grand défi d'un artiste aujourd'hui est d'avoir trop d'options", Thomas Azier s'est fixé des règles strictes pour son premier album : "pas de guitare, pas de son créé par ordinateur, pas de sample, n'utiliser que l'usine". L'"usine" en question est une fabrique de cloches est-allemande, désaffectée et transformée en studio.
 
"La première fois que je suis entré à l'intérieur, il y régnait un désordre indescriptible, avec des drapeaux à l'effigie de Lénine partout, comme si on était retourné en 1989 et que tout le monde s'était volatilisé en un claquement de doigts", se souvient-il.
 
"On entend sur le disque la réverbération naturelle de la musique dans ces halls immenses, le bruit des ascenseurs. Comme Berlin, le lieu est devenu un personnage d'Hylas", ajoute-t-il.

Thomas Azier album "Hylas" (Island/Mercury) sort le 10 mars 2014

Thomas Azier est en concert le 13 mars à Tourcoing, le 14 à Sannois, le 15 à St Brieuc, le 20 à Amiens, le 21 à Strasbourg, le 5 avril à paris (La Défense) et le 6 juin à La Gaîté Lyrique.