Street Art : Shepard Fairey dévoile ses goûts musicaux

Par Laure Narlian @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/07/2012 à 11H52
Qu'écoute au casque Shepard Fairey, alias Obey ?

Qu'écoute au casque Shepard Fairey, alias Obey ?

© Sipa

Qu'écoute le célèbre street-artist américain engagé ? Lui qui a signé le fameux portrait de Barack Obama "Hope" et un récent hommage au Beastie Boy disparu MCA sur un panneau de Los Angeles, a aussi relooké le logo des Stones à l'occasion de leurs 50 ans de carrière. Il était le mois dernier à Paris pour réaliser une grande fresque dans le 13e arrondissement. Le magazine Tsugi en a profité pour le questionner sur ses goûts musicaux.

Dans le dernier numéro du magazine (juillet-août), le Top 10 de l'artiste commence par Clash, dont il dit être "un immense fan". Le premier album du groupe anglais l'a introduit au reggae, ce qui nous mène à Bob Marley dont il a "fini par acheter tous les albums".

The Clash "White Riot"

Il cite le "Nevermind The Bollocks" des Sex Pistols comme "un disque qui a changé sa vie", "primordial" dans son cheminement aussi bien musical ("rampe d'accès au punk-rock"), que graphique. Le graphisme de Jamie Reid, lui a, dit-il, permis de se "familiariser avec les créations de Vivienne Westwood" et "l'art de la manipulation médiatique de Malcolm Mclaren".

Sex Pistols "Anarchy in the UK"
Ce sont les punks américains Dead Kennedys et l'album "Plastic Surgery Disasters" qui ont "initié sa réflexion sur la politique étrangère américaine". 

Dead Kennedys "Bleed for Me"
Au même moment, contrevenant totalement aux règles du punk-rock,  Shepard Fairey tombe tête la première dans le heavy metal et Black Sabbath en particulier. L'album "Paranoid" "bottait le cul de bout en bout", se souvient-il, en avouant Metallica comme autre entorse à l'orthodoxie punk-rock.

Black Sabbath "Paranoid"
Puis viennent les Beastie Boys, en 1986-87 avec "Licensed to Ill" écouté en boucle. "Comme les Sex Pistols m'ont introduit au punk, les Beastie Boys ont été ma porte d'entrée vers le hip-hop : Public Enemy, Eric B. & Rakim, Boogie Down Productions, NWA, Ice T... Le hip-hop était devenu le nouveau punk-rock, créatif et rebelle".

Beastie Boys "(You Gotta Fight) For Your Right (to party)"
La charge engagée de Public Enemy sur "It Takes a nation of millions to hold us black" reste "un de ses albums préférés de tous les temps". "Mon intérêt pour les Black Panthers, les figures de Bobby Seale, Angela Davis, Huey P.Newton et Eldridge Cleaver, vient de Public Enemy", dit-il.

Public Enemy "Don't Believe the Hype"
Les Bad Brains, "tous blacks, qui jouaient le meilleur punk-rock que j'avais jamais entendu", figurent aussi en bonne place dans son panthéon. Il porte d'ailleurs sur la photo de Tsugi magazine un magnifique T-Shirt de la pochette de leur premier album.

Bad Brains "I Against I"
Et aujourd'hui ? Il regrette "l'intensité politique" d'avant, mais reconnaît qu'il existe "de bons disques" actuellement.  A ce titre, les Black Keys sont son "groupe moderne préféré".

Black Keys "Lonely Boy"
Ultimement, dans cette interview recueillie par Benoît Carretier, Shepard Fairey dresse un parallèle entre la musique qu'il aime, qui est à la fois "accessible et directe" mais peut être appréciée sur différents niveaux, avec son travail artistique. "J'essaie que mon art fonctionne d'un simple coup d'oeil, qu'on l'aime pour son seul aspect graphique, et aussi d'apporter un commentaire social, dans l'oeuvre elle-même mais aussi dans sa prolifération : dans la rue, sur des posters ou des tee-shirts abordables, des autocollants...". Punk un jour, punk toujours.