Solidays 2012 : un final joyeux sous la pluie

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 25/06/2012 à 11H06
Les parapluies sont de sortie pour le 3e jour de Solidays 2012.

Les parapluies sont de sortie pour le 3e jour de Solidays 2012.

© Laure Narlian / FTV

Dimanche, au troisième et dernier jour de Solidays 2012, la pluie s'est invitée à la fête. Un déluge qui a creusé des flaques énormes et transformé la pelouse en une gadoue collante et glissante digne des festivals anglo-saxons. Avantage : les courageux qui avaient fait le déplacement formaient une troupe de festivaliers hyper motivée. Et ils se pressaient plus que jamais sous les chapiteaux, abris de choix pour se réchauffer en musique.

On danse en tongs, enfoncées dans la boue, pour Arthur H à Solidays 2012

On danse en tongs, enfoncées dans la boue, pour Arthur H à Solidays 2012

© Laure Narlian / FTV

Arthur H 18H

Le chapiteau Domino est plein à craquer pour applaudir le chanteur inclassable au timbre éraillé. Pire, le chapiteau déborde et certains ont abandonné l'idée d'un abri et dansent sous la pluie, parfois même en tongs maculées de boue. Habitué des scènes qu'il maîtrise à merveille, Arthur H égrenne les titres de son album "Baba Love" sorti à l'automne dernier. Après "Give me Up", dont le refrain de circonstance dit "laisse couler", il lance une prière poétique au ciel. "La pluie là haut, retourne à ta maison... Il faut faire comme les lamas tibétains qui arrivent à se réchauffer sous la neige, il faut faire remonter les gouttes au ciel". Il ne sera pas exaucé, en tout cas dans l'immédiat, mais recevra néanmoins une ovation digne d'un grand prêtre de la pluie.

Une des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence à Solidays 2012.

Une des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence à Solidays 2012.

© Laure Narlian / FTV

La Messe des Soeurs de la Perpétuelle Indugence 18H30

Elles (ils) sont des nonnes très spéciales, autoproclamées "cauchemars du Vatican depuis 1979". Une troupe d'homos, hommes et femmes, mais aussi bi et trans, qui luttent contre les discriminations et la bêtise humaine, "avec humour et amour". Le show de cette équipe de choc, magnifiquement grimée et déguisée (ils sont vraiment superbes), constitue un des moment forts et incontournables des clôtures de Solidays. Ils enfilent les reprises avec malice, de "Pas de Boogie Woogie avant les prières du soir" d'Eddy Mitchell au "Sidamour" de Barbara, dans un spectacle haut en couleurs digne d'une revue chez Michou, que l'on croise d'ailleurs dans les allées, tel un king of Schtroumpf, tout de bleu vêtu. "Au baromètre de votre tolérance, nous sommes le reflet de vos propres limites", lancent les soeurs. Ainsi soit-il.

Les Airnadette sur la scène du Cesar Circus

Les Airnadette sur la scène du Cesar Circus

© Louise Wessbecher/Culturebox

Airnadette 19H

Looks délirants et play-back assumés, les Airnadette sont un air band mené par l'excentrique Gunther Love. Façon comédie musicale un peu naze, ils enchaînent des "classiques" repris par tout le public, des 2be3 à Starmania, en passant par Roméo&Juliette et Britney Spears. Chorégraphies ridicules et brosse à cheveux en guise de micro, les Airnadette sont les spécialistes du second, voire troisième degré. Comme un spectacle de fin de soirée qu'on fait entre amis, mais en mieux. Une mention particulière pour leur maîtrise du air guitar dans des solos rock'n'roll enragés.


1995 fait accroupir la foule sur "Milliardaire" à Solidays

1995 20H

Si une médaille devait être décernée chaque jour à la meilleure bête de scène, il échoirait forcément dimanche à ce collectif de rappeurs parisiens, comme il l'aurait été la veille pour Skip The Use.  "La scène est notre terrain de jeu privilégié", nous disaient ces fines lames en février dernier à la veille de la sortie de leur second EP "La Suite". Alors qu'ils sillonnent la France depuis des mois, ce qui a manifestement aiguisé encore leur sens de l'entertainment, les six complices ont vraiment mis le feu à Solidays. Rois du dialogue avec le public qu'ils font participer activement jusqu'au dernier, à la manière d'un vaste jeu, nos terreurs du micro ont aussi démontré à ceux qui en doutaient leur immense talent de freestyleurs. Sur un beatbox maison signé Fonky Flav, Nekfeu et Alpha Wann se sont affrontés en improvisant (réellement) sur les éléments en présence, et notamment des drapeaux agités par des fans venus d'Italie, de Grèce ou du clan des Pirates. Enorme succès : il fallait voir les machoires pendantes et les yeux écarquillés du public pour comprendre comment le 9-9-5 avait mis la foule K.O. et tous les rappeurs alentours à l'amende...

Le britannique Charlie Winston sur la scène Paris des Solidays.

Le britannique Charlie Winston sur la scène Paris des Solidays.

© S.Dietz/MAXPPPP

Charlie Winston 20H

Habitué et amoureux des scènes françaises, le "hobo" britannique n'a pas franchement de chance pour cette fois. Devant la scène Paris non-couverte, la foule clairsemée déploie les parapluies tandis que la pluie s'intensifie. Berét sur la tête et guitare dans le dos, Charlie Winston interpète ses titres devant un public de fans qui connait toutes les paroles sur le bout des lèvres. Et leur fait le cadeau de présenter une toute nouvelle chanson. Accompagné de ses quatre musiciens ou seul à la guitare, l'artiste "essaye de mettre du chauffage" sur l'Hippodrome de Longchamp avec les tubes "Hello Alone" et "Like a Hobo". On lui découvre des talents de beatboxer notamment dans un morceau acoustique :

Arrivées capées, les Brigitte dévoilent des robes lamées.

Arrivées capées, les Brigitte dévoilent des robes lamées.

© Louise Wessbecher/Culturebox

Brigitte 21H

Pour leur première participation à Solidays, les Brigitte imposent leur univers sous le châpiteau du Dôme. Elles font leur entrée vêtues d'intriguantes capes noires, au milieu de musiciens en blanc immaculé. Une chanson plus tard, elles dévoilent des robes lamées argentées sous une lumière tamisée. Au micro, les voix posées de Sylvie Hoarau et Aurélie Saada assurent un cocktail folk/pop. Les claquements de main du public accompagnent avec ferveur le duo sur "Battez-vous". Et alors que Joey Starr est au même moment sur scène à l'autre bout du site, elles entament leur propore version de "Ma benz" où le célèbre titre de rap devient hymne érotique.

Joey Starr, tête d'affiche de la dernière journée à Solidays

Joey Starr, tête d'affiche de la dernière journée à Solidays

© S.Dietz/MAXPPPP

Joey Starr 21H

Est-ce grâce à ses rugissements ou aux peintures de guerre de son T-Shirt fluo ? Toujours est-il que la pluie fait une trève bienvenue pour Joey Starr, svelte, bondissant et très en forme. Alors que son complice Kool Shen avait été contraint en 2009 d'assurer seul la prestation de NTM au même endroit, Joey Starr étant coffré pour une bagarre à Paris, celui que l'on surnomme avec raison "le jaguar" occupe cette fois en solo la vaste scène Bagatelle. Seul, enfin pas tout à fait : un excellent rappeur et un solide groupe (guitare, basse, batterie, claviers, et dj Cut Killer) l'accompagnent pour défendre son album solo "Egomaniaque". A eux tous, on peut dire qu'ils envoient du lourd, même si le show compte quelques ralentissements maladroits face à une foule qui commence à fatiguer. Pour rythmer le concert, il y a les traits d'humour - le tacle vis-à-vis de Doc Gynéco, l'intermède sur les joies de la fumette en intro d'une ode à Marie Jeanne - mais aussi l'apparition d'un invité surprise : Oxmo Puccino.  Et sur la fin, alors que le soleil couchant colore le ciel de rose, le hit "Dans mon secteur" musclé aux infrabasses sismiques dignes d'un Skrillex, redonne un sursaut de vigueur avant le rappel zouk. Un pas en avant, un pas en arrière...

La nuit reprend ses droits dimanche soir sur l'Hippodrome de Longchamp

La nuit reprend ses droits dimanche soir sur l'Hippodrome de Longchamp

© Laure Narlian / FTV

Bye Bye Solidays, à l'année prochaine...

Bye Bye Solidays, à l'année prochaine...

© Laure Narlian / FTV