Rolling Stones : les extraits de "Charlie is my Darling", le doc oublié de 1965

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 07/11/2012 à 16H25
Charlie is My Darling : Ireland 1965

Charlie is My Darling : Ireland 1965

© Universal

Milieu des années 60. Après la sortie du tube des Rolling Stones "(I can't get no) Satisfaction", le groupe donne les 3 et 4 septembre 1965 quatre concerts à Dublin. Le manager du groupe, Andrew Loog Oldham, demande alors au réalisateur Peter Whitehead de ne pas louper une miette de ces deux jours en Irlande. Baptisé "Charlie is my Darling", ce film mythique en noir et blanc, très peu montré et tombé dans l'oubli, ressort ces jours-ci aux USA en version entièrement restaurée et enrichie. Regardez ci-dessous le trailer et la vidéo de la chanson "The Last Time" en live d'époque. Un must.

Une version pirate de mauvaise qualité de 50 minutes de ce film a existé mais cette version officielle de 65 minutes "bénéficie d'une restauration minutieuse du son et de la pellicule", précise la production.

"Charlie is my Darling : Irlande 1965" est bourré de documents inédits ou rarement vus des Stones, et en particulier de nombreux extraits de concerts électriques. Y sont notamment joués "Get Off of My Cloud", "Time Is on My Side", "Everybody Needs Somebody to Love", "Satisfaction", "Heart of Stone", "Play with Fire", "I'm Alright", "The Last Time" et "Maybe It's Because I'm a Londoner".  

"Ils sonnent comme les Pistols en 77", s'enthousiasme le responsable de la nouvelle version du film, Mick Gochanour. "C'est brut". Pourtant, sans vouloir faire notre maligne, quelque chose nous frappe en comparant les images ci-dessous avec le tout récent concert des Stones 48 ans plus tard au Trabendo (Paris) auquel nous avons assisté. Mick Jagger était beaucoup moins démonstratif alors qu'aujourd'hui. Il se contentait d'un savant tricotage de guiboles et de quelques pirouettes élégantes alors que son jeu de scène survolté est maintenant extrêmement physique. Peut-être surjoue-t-il aujourd'hui pour masquer le poids des ans ? En tout cas, si le côté juvénile a bel et bien disparu, la sensualité, elle, est intacte en 2012.

"The Last Time" Live à Dublin, extrait de "Charlie is My Darling"

La composition en directe de "Sittin' on a fence"
Le documentaire contient également des interviews de chacun des membres du groupe, et on ne peut que savourer cette déclaration pessimiste de Brian Jones sur l'avenir du groupe : "Regardons les choses en face, le futur en tant que Rolling Stones est très incertain." La modestie de Bill Wyman est également un bonheur. A la question "Quelle est votre ambition à présent ?", le bassiste répond "être un musicien (rires). Je ne suis pas musicien, je joue juste dans un groupe". (à voir dans le trailer ci-dessous)

Des images de fans faisant la queue, ainsi que des moments saisis dans l'intimité du groupe, notamment en studio, complètent le panorama. A ce sujet, Mick Gochanour, en fouillant les heures d'archives de 1965 à Londres, a mis la main sur une scène qui a failli lui causer une crise cardiaque lorsqu'il l'a visionnée. On y assiste à la composition de "Sittin' on a Fence", dans une ambiance hyper détendue. Le dialogue et la collaboration fertile entre Mick et Keith sont bien tels que le guitariste les décriit dans son autobiographie "Life".

Quant au titre énigmatique du film, c'est le manager Andrew Loog Oldham qui nous en donne la clé, dans une passionnante interview à Rolling Stone. Selon lui, ce film "était aussi une belle occasion de voir lequel des Stones était le plus aimé de la caméra". Et "il se trouve que c'était Charlie" Watts (contre toute attente, puisqu'il a toujours été le plus discret des Pierres qui Roulent). D'où le titre. 

Le trailer de "Charlie is my darling"