Reprise à Moscou du procès en appel des Pussy Riot

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 10/10/2012 à 10H47
Les trois Pussy Riot dans une cage en verre mercredi matin à Moscou

Les trois Pussy Riot dans une cage en verre mercredi matin à Moscou

© NATALIA KOLESNIKOVA / AFP

Le procès en appel des membres du groupe de punk rock russe Pussy Riot a repris mercredi matin devant le tribunal municipal de Moscou, en présence des trois jeunes femmes.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, ont été condamnées le 17 août à deux ans de camp chacune pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse" avoir chanté en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à deux pas du Kremlin, une "prière punk" demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir. 

Les prévenues étaient assises dans une cage en verre derrière leurs avocats et répondaient aux premières questions de la présidente du tribunal, selon une journaliste de l'AFP présente dans la salle. 

Le procès en appel s'était ouvert le 1er octobre, mais le tribunal avait renvoyé l'affaire après que la prévenue Ekaterina Samoutsevitch a annoncé s'être séparée de ses avocats en évoquant des désaccords sur la ligne de défense adoptée. 

Pression sur la justice

Le président russe, Vladimir Poutine, a estimé dimanche que la condamnation des jeunes femmes à deux ans de camp était "correcte". "Elles le voulaient et elles l'ont eu", a déclaré M. Poutine à la chaîne de télévision pro-pouvoir NTV, ajoutant qu'il n'avait "rien à voir" avec cette affaire. Mais l'avocat de Mme Tolokonnikova, Mark Feïguine, a déclaré mardi que les observations de M. Poutine montraient qu'il était impliqué dans cette affaire, dénonçant "une pression" sur la justice. 

L'affaire des Pussy Riot a divisé la société en Russie et suscité l'indignation à travers le monde, dans un contexte d'inquiétudes sur la reprise en main du pays par M. Poutine depuis son retour au Kremlin en mai pour un troisième mandat de président après une intermède de quatre ans comme Premier ministre. 

Les jeunes femmes ont continué à recevoir des marques de soutien de l'étranger après leur condamnation, l'icône de la démocratie birmane Aung San Suu Kyi ayant appelé récemment à leur libération. La veuve de John Lennon, Yoko Ono, leur a décerné son prix pour la paix intitulé "LennonOno", et le Parlement européen a décidé de présenter leur candidature pour le prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit.