Pussy Riot : Poutine prône la clémence

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 03/08/2012 à 10H06
Les membres de Pussy Riot lors d'une audience au tribunal de Moscou (20/7/2012)

Les membres de Pussy Riot lors d'une audience au tribunal de Moscou (20/7/2012)

© AFP / Natalia Kolesnikova

En marge d'une visite à Londres, le président russe a affirmé jeudi soir qu'il n'était pas favorable à un châtiment sévère pour les trois jeunes musiciennes contestataires du groupe punk Pussy Riot.

Au mois de février, les jeunes femmes avaient mené une opération audacieuse et spectaculaire contre sa présidence dans la principale cathédrale de Moscou. Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Maria Alekhina, 24 ans, et Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, sont poursuivies pour avoir entonné une "prière punk" intitulée "Marie mère de Dieu - chasse Poutine !" à l'intérieur de la cathédrale du Christ-Sauveur. Elles sont accusées d'actes de vandalisme motivé par la haine religieuse. Ce qui leur vaut à l'heure d'actuelle d'encourir une peine de 7 ans de prison.

Alors que leur procès s'est ouvert lundi 30 juillet, leurs avocats ont accusé les autorités russes de priver de sommeil et de nourriture les trois membres du groupe féministe punk.


Une vidéo de l'opération coup de poing des Pussy Riot

Des propos de bon augure pour les rebelles
"Il n'y a rien de bon dans ce qu'elles ont fait. Néanmoins, je ne pense pas qu'elles doivent être jugées trop sévèrement pour ce qu'elles ont fait", a déclaré, cité par les agences russes, Vladimir Poutine dans une première réaction à cette affaire. De l'avis des experts, les paroles d'apaisement de Vladimir Poutine peuvent être considérées comme un bon signe pour les jeunes femmes.

L'opinion russe se révèle partagée sur l'attitude à avoir à l'égard des jeunes femmes du groupe punk. On estime donc que la réaction du président russe présage d'un jugement indulgent. Vladimir Poutine, qui effectuait sa première visite à Londres depuis 2005, a été amené à évoquer l'affaire par son hôte David Cameron, Premier ministre britannique. En marge de leur entretien, des manifestations de rue ont eu lieu.

En Russie, l'opposition estime que le procès des Pussy Riot illustre l'un des moyens employés par le président russe pour brider la contestation anti-gouvernementale.

Un appel par des stars pop britanniques
L'affaire a ému les stars de la musique à travers le monde et l'opinion occidentale. Plusieurs vedettes, comme Sting, ont déjà manifesté leur soutien aux musiciennes. Jeudi, dans une lettre parue dans le "Times", douze musiciens ont dénoncé les accusations "grotesques" portée contre les jeunes femmes.

"La dissidence est un droit dans une démocratie, et il est totalement hors de proportion qu'elles soient menacées de sept ans de prison pour cette accusation, que nous considérons comme grotesque, de 'hooliganisme motivée par la haine religieuse'", écrivent-ils. Parmi les signataires figurent Pete Townshend (les Who), les Pet Shop Boys, Jarvis Cocker (Pulp), Alex Kapranos (Franz Ferdinand), Johnny Marr (les Smiths) et la chanteuse folk Corinne Bailey Rae.