Pussy Riot : deux ans de cauchemar en camp les attendent

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 17/08/2012 à 17H18
Ekaterina Samoutsevitch, Maria Alekhina et Nadedja Tolokonnikova des Pussy Riot, vendredi 17 août au tribunal de Moscou.

Ekaterina Samoutsevitch, Maria Alekhina et Nadedja Tolokonnikova des Pussy Riot, vendredi 17 août au tribunal de Moscou.

© Aleksandr Utkin / Ria Novosti

Condamnées vendredi 17 août à deux ans de camp par un tribunal de Moscou, les trois jeunes femmes du groupe punk russe Pussy Riot vont donc intégrer une prison pour femmes russe, en compagnie de meurtrières et de voleuses. Quelles seront leurs conditions de vie et de détention dans cet ensemble de bâtiments entouré de barbelés et de miradors ?

Selon les informations du site web de l'administration pénitentiaire et une responsable de l'ONG moscovite Prison et Liberté, Elena Gordeeva, qui depuis des années visite ces lieux pour aider les détenues, voici à quoi ressemblera durant deux ans le quotidien des trois Pussy Riot condamnées pour une "prière anti-Poutine".

Uniforme, réveil à 6h, un seul coup de fil autorisé par mois
Les prisonnières portent un uniforme vert avec leur nom marqué sur la poitrine et les vêtements personnels sont interdits. Elles n'ont le droit de téléphoner en général qu'une fois par mois, et la conversation ne peut dépasser 15 minutes.

Contrairement aux hommes prisonniers, les détenues peuvent recevoir un nombre illimité de colis.

Elles vivent le plus souvent dans des chambrées de 100 à 120 femmes. La journée, qui commence avec le réveil à 6H, est marquée par plusieurs rassemblements dehors pour compter les prisonnières. Si la température descend en dessous de -30 degrés, l'appel - qui peut durer une trentaine de minutes - se fait à l'intérieur.

Les récidivistes et les femmes condamnées pour la première fois sont détenues dans des camps différents. Les Moscovites ne sont pas forcément envoyées dans l'un des deux camps situés dans la région de Moscou, mais peuvent se retrouver à des centaines de kilomètres de là.

Deux ans de camp pour cette prière punk anti-Poutine parodique qui a eu lieu le 21 février 2012 dans une cathédrale moscovite

Trois régimes de détention différents
Dans chaque camp coexistent trois régimes de détention: normal, allégé et sévère.

Le régime normal autorise six visites courtes (jusqu'à 4 heures) et quatre visites longues (jusqu'à trois jours) par an. Les visites longues permettent de se retrouver dans une pièce à part avec son mari ou des parents. La visite de non-membres de la famille peut être autorisée par l'administration.

Une détenue peut acheter au camp de la nourriture et des produits de première nécessité pour un maximum de 75 euros. Celles qui ont un travail au camp (moins de la moitié des détenues) peuvent ainsi dépenser leur salaire (entre 25 et 50 euros mensuels).

Le travail consiste généralement à coudre des uniformes pour l'administration pénitentiaire, l'armée et le ministère de l'intérieur.

Le régime allégé, réservé aux détenues bien notées, permet d'acheter nourriture et produits de première nécessité sans restriction et autorise deux visites longues supplémentaires.

Le régime sévère est appliqué -pour une période de trois mois- à celles qui ont violé le règlement: consommation d'alcool ou de drogue, refus d'obéissance ou insulte envers un membre de l'administration...

Ces détenues sont isolées des autres, privées de téléphone et de visites, et enfermées dans des cellules d'où elles ne sortent qu'une heure et demie par jour pour prendre l'air.

Actuellement, quelque 59.000 femmes sont détenues (sur un total de 727.000 prisonniers) dans 46 camps en Russie.

En octobre dernier, un gardien d'un camp de femme de la région de l'Amour (Extrême-Orient russe) a été arrêté après la diffusion sur Youtube de vidéos le montrant en train de battre à coups de poing et de coups de pied deux prisonnières.

DIAPORAMA : toute l'histoire de Pussy Riot en images sur le site Geopolis