On y était : les Rolling Stones au Trabendo mesdames et messieurs !

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 26/10/2012 à 01H39
Mick Jagger à son arrivée au Trabendo (Paris), jeudi 25 octobre 2012.

Mick Jagger à son arrivée au Trabendo (Paris), jeudi 25 octobre 2012.

© Thibault Camus/AP/SIPA

Les Rolling Stones étaient partis pour offrir un petit "tour de chauffe" de 45 minutes entre deux répétitions, ils ont finalement offert jeudi soir au Trabendo un show intime et chaleureux de 1h10 ! Un concert inoubliable, qui marquait leur retour sur scène après cinq ans d'absence, et durant lequel ils ont enfilé douze titres piochés parmi leurs classiques devant un public conquis d'avance de quelque 600 personnes.

Ce sésame de dernière minute on n'y croyait pas ! Il est là pourtant, ce bracelet à notre poignet. Durant ce concert irréel des Rolling Stones jeudi soir dans la petite salle du parc de la Villette, on n'aurait voulu être nulle part ailleurs. Et surtout pas dans un des stades où ils se produiront dans les prochaines semaines, à Londres et Newark (USA).

Black and Blues
21h15 "Les Rolling Stones mesdames et messieurs!". Ils sont là. A 6 mètres. Mick, Keith, Ronnie et Charlie. Entourés du bassiste Darryl Jones et du clavier Chuck Leavell. Démarrage au quart de tour avec "Route 66", l'un des tout premiers titres enregistrés par les Stones, un standard de Chuck Berry qui figurait sur leur premier album du même nom. Un morceau qu'ils ne jouent pas souvent. Vont-ils nous la jouer chronologique ?

"Merci à tout le monde, vous allez bien ?", lance Mick Jagger, visiblement en grande forme. Pas le temps de reprendre ses esprits que démarre "It's Only Rock'n'Roll". En fermant les yeux, on pourrait se croire 30 ans plus tot, dans un petit club de blues. Un peu plus tard, sur "Champagne and Reefer", une reprise de Muddy Waters, c'est encore plus frappant. On se croirait dans le Bayou. Keith Richards, impérial, tient sa guitare à la verticale, Ronnie fait son solo et Mick nous achève à l'harmonica. Frissons. On voudrait que ça dure toujours. Mick nous rappelle à la réalité d'un "Je vais enlever ma chemise un peu Johnny Cash non ?". Il se retrouve en T-shirt.

Keith Richards à son arrivée au Trabendo (Paris), jeudi 25 octobre 2012.

Keith Richards à son arrivée au Trabendo (Paris), jeudi 25 octobre 2012.

© Thibault Camus/AP/SIPA

Revue de détails
Après l'hébètement des premières minutes, on commence à enregistrer les détails. Charlie Watts, le doyen de la troupe, est à l'économie, mais émouvant et tellement classe ! Sa raideur s'explique : il souffre sévèrement du dos, nous a appris le dernier article de Rolling Stone. Keith Richards, souriant sous son bandeau, semble heureux d'être là. Mais il sera néanmoins en retrait presque tout du long, comme s'il n'avait juste plus rien à prouver, plus d'ego à faire valoir.

Ron Wood n'a jamais paru aussi juvénile, et assure le jeu de scène derrière Mick. Le chanteur, tel qu'en lui même, gesticule, bondit, joue de son fameux déhanché de folie, et assure le show comme si sa vie en dépendait. Mention spéciale aussi au formidable bassiste Darryl Jones, le funkyman, le soulman, qui réussit avec une aisance inouïe à s'immiscer tout en souplesse dans la rythmique décalée si particulière des Stones.

Mick : "c'est comme un rêve"
"I can't believe we're all standing up!" (je ne peux pas croire qu'on soit tous debout !) lance Mick avant d'empoigner la guitare sur "When the Whip comes down". Il l'empoignera à nouveau pour le tout nouveau titre des Stones, "Doom and Gloom", enregistré cet été à Paris pour le best of "Grrr!!" à paraître à l'occasion de leurs 50 ans de carrière le 12 novembre. Normal : c'est Mick Jagger qui a composé ce titre, y compris son riff ravageur.

"Merci beaucoup, c'est comme un rêve...J'espère que ce n'est pas un cauchemar" plaisante encore Mick avant d'attaquer "Start Me Up", le seul tube clinquant qui dénote effectivement dans cette playlist très roots, très blues, très chaude, dans laquelle "Miss You", "Tumblin Dice" et "Midnight Rambler" (immense version) prendront si naturellement leur place.

Charlie Watts à son arrivée au Trabendo (Paris), jeudi 25 octobre 2012.

Charlie Watts à son arrivée au Trabendo (Paris), jeudi 25 octobre 2012.

© Thibault Camus/AP/SIPA

"Des mecs heureux d'être ensemble"
22h15 "Merci bien, au revoir tout le monde". Alors qu'ils quittent la scène, on retient nos larmes. Pas parce que le concert est en train de s'achever, non. Parce que Keith vient d'avoir ce geste magnifique d'aller gentiment chercher Charlie Watts derrière ses fûts, de monter délicatement le bras de son complice en signe de victoire et de l'aider littéralement à sortir de scène.

Un "Jumpin Jack Flash" et un "Brown Sugar" plus tard et on se retrouve dehors, en apesanteur, avec le sentiment d'avoir vécu 1h10 de faille spatio-temporelle gorgée de blues.

C'est là que l'on attrape au vol le témoignage réjouissant du régisseur de la salle, Rémi. L'une des trois seules personnes admises dans le Saint des Saints au Trabendo durant les "balances" (répétitions qui permettent de régler le son) jeudi après-midi, il raconte "des mecs heureux d'être ensemble". "Ils ont bu une bière, on devisé sur la vie, se sont promenés dans la salle, ravis. Ils ont même échangé avec nous quelques mots de Français. Autant dire une attitude qu'on voit peu, même de la part de groupes français !".  C'est aussi à cela qu'on reconnaît le plus grand groupe de rock du monde.

https://videos.francetv.fr/video/NI_133711@Culture

La Playlist
Route 66
It's Only Rock'n'Roll
Shattered
When the whip comes down
Champagne and reefer
Doom ang Gloom
Miss You
Tumblin Dice
Start Me Up
Midnight Rambler
(Rappel)
Jumping Jack Flash
Brown Sugar