Mina Tindle et Thomas Dutronc, la Belle et la Bête (de scène)

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 17/07/2012 à 16H19
Mina Tindle et Thomas Dutronc sur la scène du Grand Théâtre

Mina Tindle et Thomas Dutronc sur la scène du Grand Théâtre

© LOLL WILLEMS & PHOTOPQR/LE PROGRES/PHILIPPON JOEL

Pour leur affiche du 16 juillet 2012, les Nuits de Fourvière ont fait un pari audacieux : inviter la sage Mina Tindle en première partie du concert de Thomas Dutronc, l'enfant terrible de la scène française. Un cocktail étonnant, mais pas détonnant, qui a ravi le public lyonnais.

Intimidée, la jolie Mina Tindle s'avance dans un amphithéâtre plein à craquer : " Notre première chanson s'appelle Bells... euh non, Pan !" On découvre alors sa voix, douce et puissante à la fois. Vêtue d'une longue robe à fleurs et de bottillons noirs, cette vestale "hippie chic" dévoile une poignée de chansons, en anglais et en français, extraites de son premier album, Taranta (2012). Mise en son par l'ex-Innocents JP Nataf, la pop-folk de cette jeune Parisienne, qui fit partie d'un groupe à Brooklyn (Etats-Unis), a des accents de Regina Spektor et de Feist. Le public lyonnais est tombé sous le charme de cette artiste qui, à la fin de sa (trop courte) prestation, sort de scène comme elle y est entrée, avec beaucoup d'humilité.
 

A voir en vidéo : le clip "Bells" de Mina Tindle.

 

Quelques minutes plus tard, c'est avec une belle assurance que Thomas Dutronc entre dans la lumière. Il a choisi d'ouvrir avec "Turlututu", chanson humoristique (voire un peu niaise) extraite de son dernier album. "On aime les bulles et les paillettes", crâne le dandy en costard noir et chemise blanche. Puis enchaîne avec "J'aime plus Paris", son tube de 2007 que les fans attendaient en trépignant, sans doute nostalgiques du "Paris s'éveille" de Dutronc père. L'enfant terrible ne peut cependant pas être réduit à un pur produit du star système.

D'abord, ses textes ne sont pas si naïfs qu'ils n'y paraissent : "On ne sait plus s'ennuyer", par exemple, critique notre dépendance aux ordinateurs et aux téléphones portables. Surtout, Thomas Dutronc est un guitariste émérite, formé entre autres par Biréli Lagrène, l'un des meilleurs musiciens de jazz manouche. Sur scène, il est entouré d'excellents instrumentistes, comme le violoniste Pierre Blanchard, disciple de Stéphane Grappelli, qui créa le Quintette du Hot Club de France avec Django Reinhardt. Reinhardt, à qui il rend hommage durant son spectacle, en jouant "Manoir de mes rêves". Un morceau cadeau qui va droit au cœur du public, définitivement conquis par le charme nonchalant de l'artiste.

Bête de scène dotée d'un grand sens comique, Dutronc junior a fait le show jusqu'à la traditionnelle pluie de coussins, qu'il a visiblement apprécié : "C'est super ces coussins freesbees, on va pouvoir dormir là!"
 

A voir en vidéo :

Lors de son concert aux Nuits de Fourvière, Thomas Dutronc s'est refusé à toute interview. Heureusement, Olivier Orsini et Sébastien Millard, journalistes à France 3 Nice, ont eu la chance de le rencontrer au Nice Jazz Festival, le 11 juillet 2012. Voici leur reportage :
 

https://videos.francetv.fr/video/NI_484119@Culture