Michael Jackson : le calvaire de ses derniers jours

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 03/09/2012 à 18H33
Michael Jackson lors de sa conférence de presse à Londres le 5/3/2009

Michael Jackson lors de sa conférence de presse à Londres le 5/3/2009

© Joel Ryan/AP/SIPA

Le voile se lève enfin sur les derniers jours de Michael Jackson. Et sur les relations tendues qu'il entretenait avec les promoteurs de sa série de 50 concerts à Londres. La star était rongée par le doute sur sa capacité à assurer ce tour de chant. Les révélations du "Los Angeles Times" font froid dans le dos. Le journal américain publie les échanges de courriels de hauts responsables de la société de promotion des concerts, AEG, où il apparaît qu'ils étaient au courant de la fragilité psychologique du Roi de la pop. Et le poussaient au risque de le faire craquer.

"MJ est enfermé dans sa chambre, bourré et déprimé. J'essaie de le faire dessaouler", écrit un jour Randy Phillips, directeur d'AEG Live, la branche concerts d'AEG, à son patron, Tim Leiweke. Celui-ci réplique alors via son Blackberry: "Tu plaisantes?", rapporte le "Los Angeles Times".

"Complètement paumé"
"Je lui ai crié dessus si fort que les murs en ont tremblé", continue Randy Phillips. "Il est complètement paumé et paralysé, il se déteste, il est bloqué par les doutes maintenant qu'il faut commencer le show", poursuit-il, alors que le "Roi de la pop" est attendu à ce moment-là pour une conférence de presse à Londres, pour annoncer la tournée, où il va arriver avec 90 minutes de retard.

"Il est flippé à mort", écrit encore Randy Phillips, qui a selon ses courriels fini par devoir habiller lui-même le chanteur, avec l'aide de son manager.

Face aux doutes de la star, les responsables d'AEG ont commencé à cerner les risques que présentait le défi des 50 concerts, et ont accru la pression, selon le Los Angeles Times.

"Il est coincé"
"On ne peut pas nous forcer à arrêter ça, ce que MJ va essayer de faire car il est paresseux et change en permanence d'avis en fonction de ses envies immédiates", lance un autre responsable chez AEG Live, Paul Gongaware, à Randy Phillips. "Il est coincé, il n'a pas le choix... il a signé un contrat", conclut-il.

Ces témoignages vont à l'encontre des affirmations de la société, qui affirmait que Jackson était en bonne santé, comme l'avait indiqué un médecin suite à un examen exigé pour la signature du contrat.

Quelques semaines avant le début de la tournée (programmée mi-juillet 2009), le directeur du spectacle, Kenny Ortega, a de son côté prévenu Randy Phillips: "Il montre de forts signes de paranoïa, d'angoisse et de comportement obsessionnel." Il appelait alors à un examen psychiatrique du chanteur, qui manquait fréquemment les répétitions. Randy Phillips avait rejeté cette demande.

"MJ n'est pas encore assez en forme pour chanter et danser en même temps", a alerté aussi Kenny Ortega, le directeur du show, suggérant de recourir au playback.

Le "Roi de la Pop" est mort peu après, le 25 juin, à l'âge de 50 ans.

"La vie continue"
En août 2009, toujours d'après les documents du "Los Angeles Times", Randy Phillips a écrit à un collègue de l'industrie musicale : "La mort de Michael Jackson est une tragédie, mais la vie continue. AEG va engranger une fortune avec les ventes de produits dérivés, les tickets, l'exposition et le DVD du film." Il faisait évidemment référence à "This is it", sorti après la mort de Michael Jackson.