Le rappeur Orelsan relaxé

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 12/06/2012 à 14H49
Orelsan en mai 2012 à Cannes.

Orelsan en mai 2012 à Cannes.

© Loïc Venance / AFP

Le rappeur Orelsan, qui était poursuivi pour "provocation au crime" par le mouvement féministe Ni Putes Ni Soumises (NPNS) pour sa chanson "Sale Pute", a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Paris.

Poursuivi pour le texte d'une chanson 
Lors de l'audience du mois de mai, Aurélien Cotentin de son vrai nom, double vainqueur des Victoires de la Musique 2012, avait défendu sa liberté de création face à la présidente de NPNS, Asma Guérifi, qui y voyait "un appel à la haine". Le parquet avait requis la relaxe.

L'association NPNS avait engagé des poursuites contre Orelsan pour provocation au crime après la diffusion sur internet, en février 2009, de sa chanson "Sale pute" (écrite en 2006) qui décrit en termes très crus la colère d'un jeune homme qui, se découvrant trompé, menace sa compagne de toute une série de violences physiques comme de l'"avorter à l'Opinel".

Dans ce clip, diffusé à l'audience, ces propos violents sont entrecoupés de "Je t'aimais" et prononcés par un jeune homme accablé qui se saoûle chez lui ou sur la plage après avoir appris l'adultère.

"Sale Pute" de Orelsan

L'association n'avait pas convaincu le parquet 
"Je ne pense pas que les gens soient suffisamment bêtes pour réitérer ce qui est dit dans une chanson, ou alors c'est qu'ils sont dangereux dès le départ", avait plaidé le chanteur de 29 ans.

"Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon et ça, ce n'est pas fictif", avait renchéri l'avocate de l'association Ni Putes ni soumises, Me Samia Megouche, pour laquelle "on ne peut laisser dire tout et n'importe quoi".

Mais le parquet avait estimé qu'"on se trompe d'ennemi". Le procureur, Aurore Chauvelot, avait estimé que les femmes battues étaient bien réelles mais n'étaient "pas victimes des propos d'un chanteur qui s'exprime dans le cadre de sa liberté d'expression artistique". Elle avait requis la relaxe.