La Techno Parade fête ses 20 ans samedi à Paris : parcours, Dj's, "After", tout ce qu'il faut savoir

Par @Nijikid
Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 22/09/2018 à 16H08, publié le 21/09/2018 à 10H51
Une Dj juchée sur un char ambiance la Techno Parade 2015.

Une Dj juchée sur un char ambiance la Techno Parade 2015.

© Ian Langsdon / MaxPPP

La Techno Parade fête samedi 22 septembre à Paris ses 20 ans de militantisme en faveur des musiques électroniques, avec un défilé de 5 km du Louvre à la place d'Italie. Quel est le parcours ? Quels sont les Dj's les plus attendus ? La techno a-t-elle encore besoin d'être défendue ? Où prolonger la fête samedi soir ? Et comment devenir un acteur du bouillonnement techno actuel ? Réponses ci-dessous

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Le parcours
Le coup d'envoi de la 20e Techno Parade est donné samedi 22 septembre à midi Quai François Mitterrand et devrait s'achever vers 19h Place d'Italie. Mot d'ordre cette année "Rien n'empêche un peuple de danser !".

Le défilé s'ébranle à 16h et emprunte les quais du Louvre, de la Mégisserie, de l'Hôtel de ville et des Célestins, avant de bifurquer sur le boulevard Morland vers le quai de la Rapée, le pont d'Austerlitz et le boulevard de l'Hôpital pour arriver Place d'Italie en tout début de soirée.

Un char dans la foule de la Techno Parade, le 24 septembre 2016 à Paris.

Un char dans la foule de la Techno Parade, le 24 septembre 2016 à Paris.

© Irina Kalashnikova / Sipa
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15 chars et une centaine de Dj's

Alors que la première Techno Parade lancée en 1998 avec le soutien ardent de l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, avait rassemblé 36 chars et 200.000 participants, quinze chars sont sur la ligne de départ cette année pour ambiancer une foule attendue de 300.000 à 400.000 personnes. Equipés de sound systems, ils résonneront aux rythmes des principaux courants de la techno - house, trance, drum'n'bass ou hardcore, ce dernier étant mis à l'honneur cette année.

Une centaine de Dj's prendront les rênes de la fête. Outre Don Rimini sur le char breton et Popof sur le char Cofidis, on remarque surtout l'excellent Arnaud Rebotini (auteur de la BO de "120 battements par minute" récompensée d'un César 2018 pour la meilleure musique) et le pionnier de la rave française Electric Rescue aux platines du char Sacem. Car oui la Sacem, l'institution chargée de la répartition des droits d'auteurs, affrête pour la première fois un char à la Techno Parade. Un signe que la techno est rentrée dans le rang ? Pas vraiment.

Les Dj's, pivots essentiels de la Techno Parade. Cette année ils seront 120 derrière les platines !

Les Dj's, pivots essentiels de la Techno Parade. Cette année ils seront 120 derrière les platines !

© Anthony Ghnassia / Sipa
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Les revendications

La musique techno est peut-être dédiabolisée mais elle n'est pas encore totalement acceptée. Il reste des ombres au tableau et des griefs que les organisateurs de la Techno Parade entendent bien souligner lors de cette édition anniversaire. 

"La techno bénéficie d'une bien meilleure acceptation qu'il y a 20 ans, mais des soirées sont encore annulées sans justification, surtout en province où les maires ont le dernier mot", constate Tommy Vaudecranne, président de Technopol. "On n'est plus aujourd'hui dans une censure culturelle mais dans une censure économique. Le ministère de l'Intérieur vient de décider de faire payer l'encadrement policier (des festivals et manifestations musicales). Les petits organisateurs ne peuvent pas suivre", déplore-t-il auprès de l'AFP.

Autre doléance : une meilleure prise en compte à la télévision et à la radio de la techno dans toute sa diversité : "A part la techno commerciale, rien ne passe", souligne-t-il. Une frilosité d'autant plus étonnante que les musiques électroniques sont aujourd'hui l'un des vecteurs du rayonnement de la France dans le monde.

Une femme rejoint en dansant les fêtards de la Techno Parade 2014.

Une femme rejoint en dansant les fêtards de la Techno Parade 2014.

© Francois Mori/AP/SIPA
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En guise d'"after", le festival Dream Nation

Pour ceux qui auront encore des jambes, le festival (payant) Dream Nation propose de prolonger les réjouissances samedi soir aux Docks de Paris (45 avenue Victor Hugo à Aubervilliers) de 20h à 6h du matin, avec quatre scènes. Au programme le Bass Stage, le Hard Stage, le Techno Stage et le Trance Stage.

Programme du festival DREAM NATION samedi

BASS STAGEHARD STAGETECHNO STAGETRANCE STAGE
Rusko
Modestep
Back2Black
[Skism, Trampa]
AFK b2b Svdden Death
Hype b2b Hazard 
Calyx & Teebee Funtcase
Elisa Do Brasil
Niveau Zero
Contest Winner
 
Angerfist
Vandal
Mad Dog
Anime
Promo
Ophidian
The Braindrillerz Randy
Guigoo
Budburnerz Contest Winner
LSD Live
[Luke Slater, Function,  Steve Bicknell] 
Paula Temple
Tommy Four Seven
W.LV.S
[The Driver aka Manu le Malin, Electric Rescue]
Shlomo
Kolde
Contest Winner
Vini Vici
Tristan
Avalon
Blastoyz
Vibe Tribe
Sensifeel
Contest winner 
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En after d'after : la Paris Electronic Week

Vous en voulez encore ? Rendez-vous la semaine prochaine à la Paris Electronic Week qui réunit les acteurs des musiques électroniques du 26 au 28 septembre à la Gaîté Lyrique.

Conférences, workshops, masterclass, projections, apéros : 40 rencontres animées par une centaine d'intervenants sont au menu. Par exemple, la masterclass sur les techniques de production et le jeu en live, animée par Pedro Winter, Polo & Pan, les Naïve New Beaters et Ben Vedren (le 26). Le workshop "Help ! Les aides à la création musicale" (le 27) et la conférence "Festivals en danger : l'augmentation des coûts de sécurité va-t-elle tuer la culture ?" (le 28).

Mais tout cela ne saurait se passer de live, de dj sets et de performances audiovisuelles également prévues à profusion. Avec une soirée (gratuite) à la péniche Concrete jeudi 27 de minuit à 7h le lendemain pour découvrir la scène croate. Mais aussi trois évènements vendredi 28 : une rave audiovisuelle "augmentée" avec une vingtaine d'artistes à l'Aerosol, une soirée électro Japonismes 2018 au Centre Pompidou et une Nuit Tokyo Hit avec des acteurs majeurs de la scène techno nippone à la Maison de la Culture du Japon à Paris. Let's dance !