Le Teknival 2018 s'achève sans incident, mais des associations écologistes portent plainte

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/05/2018 à 17H32, publié le 02/05/2018 à 10H05
Fin du Teknival 2018

Fin du Teknival 2018

© TO GO WITH AFP STORY BY FANNY LATTACH

La 25e édition du Teknival, festival de musique techno installé illégalement sur l'ancienne base militaire de l'Otan de Marigny (Marne), a pris fin après quatre jours de rave party, mais 2.000 personnes sont encore sur place, a annoncé mardi la préfecture.

"Les organisateurs ont annoncé la fin de la manifestation dans le milieu de la journée" et "les départs vont se poursuivre toute la nuit et demain matin", a déclaré la préfecture de la Marne dans un communiqué. La rave party illégale a attiré jusqu'à 25.000 "teufeurs" venus de toute la France pour danser au rythme de la techno émise par les murs de son.

Aucun incident grave

Près de 2.000 festivaliers étaient toujours présents sur place lundi soir, a indiqué la préfecture, qui a précisé que "220 gendarmes et 35 pompiers" restaient mobilisés jusqu'aux derniers départs. Malgré deux arrêtés préfectoraux pris après les premières installations vendredi vers 22H30, le Teknival s'est tenu sur et aux abords de la longue piste bitumée, à un km de la commune de Marigny, à l'instar des éditions de 2001, 2003 et 2005.

Aucun incident grave n'a été constaté par les secours, qui ont pris en charge "près de 430 festivaliers" sur toute la durée de l'événement, "dont une large majorité pour des soins médicaux bénins", selon la préfecture. Trois personnes ont toutefois été gravement blessées et 37 évacuées dans des hôpitaux proches, a-t-elle ajouté.

Reportage : P. Barjavel / P. Mercier / N. Baliguet-Morel

Les défenseurs de la nature portent plainte contre X

Sans toilette ni point d'eau, les festivaliers ont fait du camping sauvage malgré les faibles températures, se réchauffant dans des couvertures de survie distribuées par les secours ou découpant des arbres pour faire des feux, a constaté l'AFP. Or ce site d'environ 280 hectares, propriété de l'armée, est classé "Natura 2000" depuis 2005 pour la fragilité de sa biodiversité, en particulier une soixantaine d'espèces d'oiseaux nicheurs, selon le Conservatoire d'espaces naturels de Champagne-Ardenne, qui gère cette zone protégée.

Cette association écologiste, ainsi que la Ligue de protection des oiseaux de Champagne-Ardenne et Marne Nature Environnement, ont annoncé avoir déposé plainte contre X pour "destruction d'habitat", ce qui sera vérifié par un prochain état des lieux du site. Dans un communiqué, la Coordination nationale des sons, qui regroupe les organisateurs de rave parties, a reconnu "une erreur" dans le choix du site mais a dénoncé "la saisie de matériel" à la sortie du Teknival par les autorités.

"Depuis des mois, les sound systems demandent à l'Etat un site pour organiser ce teknival dans de bonnes conditions mais ils n'ont fait qu'essuyer des refus", ajoute le communiqué.

Quatre personnes condamnées pour trafic de stupéfiants

Quatre personnes ont été condamnées pour trafic de stupéfiants lors de la 25e édition du Teknival, rave party organisée illégalement à Marigny (Marne) du 27 avril au 2 mai. Elle ont été condamnées le jeudi 3 mai par le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne (Marne) à des peines allant de six à huit mois d'emprisonnement avec sursis, selon un communiqué du groupement de gendarmerie départementale de la Marne. 
 
Deux des prévenus ont également écopé de deux ans de mise à l'épreuve. Le groupe composé de trois hommes et une femme, âgés de 21 à 23 ans et résidant dans le Var et les Bouches-du-Rhône, s'était livré à un trafic de stupéfiants pendant le Teknival, rave party installée illégalement sur une ancienne base militaire de l'Otan, à 1 km de la commune de Marigny. Ils ont été interpellés le 1er mai par la section de recherches de Reims "alors qu'ils quittaient le site à bord de leur camping-car", a indiqué le groupement de gendarmerie départementale de la Marne.

Supermarché de la drogue à ciel ouvert 

Les gendarmes ont saisi "2,29 g de résine de cannabis, 5,85 g de cocaïne, 1,48 g de kétamine" et plus de 4.000 euros en liquide, ainsi que du matériel pour préparer la vente de ces produits illicites telles "une machette" et "une balance électronique de précision", selon le communiqué. Supermarché de la drogue à ciel ouvert, le Teknival comptait parmi les quelque 20.000 festivaliers de nombreux dealers dont certains avaient apposé sur leurs voitures des panonceaux indiquant la vente de "LSD, speed, kéta" et autres stupéfiants, selon le constat d'un journaliste AFP sur place.