Electronique : à Reims, le festival Elektricity fête ses dix ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 24/09/2012 à 18H37
Elektricity 10e édition

Elektricity 10e édition

© DR

Créé par Yuksek, le parrain de la prolifique scène rémoise électro, le festival Elektricity tient sa dixième édition du 24 au 29 septembre. Pour souffler ses dix bougies, cette vitrine "des musiques du temps présent" a mis les petits plats dans les grands, et fait péter le champagne. Voici 5 bonnes raisons d'y aller.

1 - SEBASTIEN TELLIER SUR LE PARVIS DE LA CATHEDRALE DE REIMS (Vendredi 28 septembre)
Franchement, on a hâte de voir çà ! Une soirée baptisée "Sect and the City", sise sur le parvis de l'imposante cathédrale gothique de Reims, emmenée par Sébastien Tellier, autoproclamé sur son dernier album "messager sur Terre du Dieu Bleu". Le Messie azuréen à barbe et poncho immaculé galvanisera le public de son message d'humour où les pepitos bleus remplacent l'hostie. Un beau moment de communion pop et d'amour en perspective, sous les auspices de la Vierge Marie à qui la cathédrale est consacrée. Il sera précédé d'un concert tout aussi unique des Bewitched Hands : pour célébrer à domicile la sortie de leur nouvel album "Vampiric Ways", les six sorciers pop ont convoqué une chorale et pimenté leur folk-rock de mysticisme.

Sébastien Tellier "Pepito Bleu"

2 - LE CONCERT D'OUVERTURE MELANT DESIGN CULINAIRE ET DESIGN SONORE (Lundi 24 septembre)
"Sensitive Explosion" : le titre de cette création en dit long mais garde son mystère. Sur le papier, il y est beaucoup question d’interaction, notamment entre le son et l’aliment et entre la perception sonore et la perception visuelle. Des recettes se préparent en live, sous les yeux du public qui pourra y goûter. Les ingrédients de ces plats sont proches de l'immatériel : poudres, écumes, brumes. La promesse : transmuter le son en matière, les ondes sonores agissant sur les ingrédients par l'intermédiaire de pulsations. On serait curieux d'assister à ce travail d'alchimiste qu'abriteront les sous-sols voutés du palais du Tau. 

3 - LA FETE DU DANCEFLOOR (Vendredi et samedi)
On ne va pas se mentir, c'est d'abord pour lever les bras en l'air qu'il faut se rendre à Elektricity. L'affiche est en effet parfaite, à la fois festive et pointue, pour danser jusqu'au bout de la nuit. Et à forte dominante rémoise. Il y a Yuksek et ses invités bien sûr (vendredi soir), ainsi que Brodinski, producteur et label manager à suivre, entouré de ses amis (samedi soir). Mais il y a aussi l'autre enfant chéri du pays que la hype internationale nous envie : Woodkid, musicien et clippeur soigneux (pour Lana Del Rey, Katy Perry, Moby, Yelle) dont le concert du jeudi soir est attendu comme l'un des temps forts du festival. Et puis il y a les amis venus des quatre coins de France et de Navarre : le jeune prodige techno Gesaffelstein, le duo de légende Cassius et sa house-funk irrésistible, le trublion d'Ed Banger Sebastian et le surdoué New-yorkais de l'électronique Nicolas Jaar, trop rare sur les scènes françaises.

Woodkid "Run Boy Run"

4 - LES CURIOSITES
Comme si la séance d'alchimie culinaire et sonore du lundi ne suffisait pas, le festival propose d'autres étrangetés qui piquent la curiosité. Ainsi Extraball (tiens, c'était le titre d'un hit de Yuksek) qui n'est autre qu'un flipper beau et intelligent capable en fin de partie, sur la seule bonne mine du joueur, de lui livrer une prophétie. Il y a aussi l'intrigant Atomic Radio 13 (mercredi), émanation sonore d’une résidence d’artistes effectuée en bordure de la zone interdite de Tchernobyl présentée au milieu d'une installation évoquant le coeur d'un réacteur. Et enfin, une première à notre connaissance dans un festival : la soirée de La Femme (mercredi). Avec le groupe La Femme justement, meneurs agités de la nouvelle vague pop française malicieuse, entourés des petits nouveaux en phase de mise en orbite Rocky et About The Girl.

La Femme "Sur la Planche"

5 - L'INCONNU A L'HONNEUR : CHRISTOPHE-THOMAS CHASSOL
L'an passé, ce génial artiste touche-à-tout avait fait forte impression à la Comédie de Reims avec son ciné-live "Nola Chérie", un spectacle sur la Nouvelle-Orléans. Pianiste, compositeur, arrangeur et vidéaste, collaborateur de Phoenix, Sébastien Tellier et Keren Ann, mais aussi d'artistes contemporains comme Xavier Veilhan et Sophie Calle, il est cette année l'invité d'honneur du festival. Lors d'un récent voyage "magique" en Inde , il a glané des sons et des images, matière première de son nouveau spectacle "Indiamore". Il présente (mardi 25) cette nouvelle création en avant-première à Elektricity. Il donne également un concert entouré d'invités de marque ainsi qu'un live piano solo. Quant à ses Ultrascores, des pépites qui ont pour objectif "d'harmoniser le réel" (celui d'un discours d'Obama par exemple), ils seront visibles pendant toute la durée du festival.

Qui est Chassol ?

Festival Elektricity
Du 24 au 29 septembre
A Reims (45 minutes de Paris)