Découverte : Terrenoire, le duo stéphanois prêt à envoûter l'automne

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/09/2018 à 18H43, publié le 18/09/2018 à 18H18
terrenoire2 © Zoé Joubert

Ils sont frères, passionnés, et viennent de Saint-Etienne. Ensemble, Raphaël et Théo associent textes poétiques et électro lancinante au sein de Terrenoire. Sur la foi de trois chansons et d'un concert, nous avons voulu les rencontrer. Entretien à quelques jours de la sortie de leur premier EP éponyme le 12 octobre.

C'est bientôt l'automne. Les feuilles qui tombent, la rentrée, la mélancolie. Une saison qui ne convient pas si mal à la poésie fiévreuse qui se dégage de Terrenoire. Moins d'un an depuis la création du groupe, Théo et Raphaël n'en finissent pas de monter. Des clips de Terrenoire publiés sur Internet, on retient une écriture ciselée, sur laquelle s'appuient des mélodies envoûtantes.

Fin août, on n'a d'ailleurs pas manqué de les repérer à Rock en Seine, où ils ouvraient le bal des "Avant Seine", ces jeunes groupes prometteurs mis en avant par le festival. Sur scène, ces deux grands échalas frisés en T-shirt blancs livrent une prestation chargée d'émotion. Et une fois descendus, ils acceptent de nous tenir la main à la découverte de leur "Black Paradiso".
 
On vous sent une attitude très différente entre vos concerts et vos clips. Vos vidéos sont très léchées, presque lisses, alors que votre prestation live a quelque chose de plus rugueux. C'est un aspect que vous travaillez ? 
Raphaël : Oui, les films et les concerts sont deux actes assez différents pour nous. Sur les clips on travaille notre imagerie, on arrive à quelque chose d'assez doux. Sur scène on recherche l'intensité. Il y a plus de violence je dirais, c'est quelque chose de moins doucereux. Ça s'entend notamment sur "Allons Là-Bas".  
Vous l'avez déjà expliqué, Terrenoire c'est le passé, c'est votre enfance près de Saint-Etienne, votre quartier. Et le Black Paradiso, qu'on croise dans plusieurs de vos chansons, c'est une sorte de futur rêvé ?
Raphaël : Les deux thèmes, Terrenoire et Black Paradiso, se répondent. En fait, si Terrenoire c'est le réel, le terrestre, Black Paradiso c'est le rêve de l'artiste, c'est détruire le réel. Et nos chansons racontent ce chemin artistique.
Théo : Il faut voir notre EP comme un premier acte, c'est le point de départ terrestre de cette histoire, qui est en fait une sorte de quête d'élévation, une quête philosophique. Et dans cette quête, tout va prendre sens petit à petit à travers les différents textes.

Les chansons de l'EP constituent un premier acte, d'accord. Mais quelles seront les inspirations du deuxième ? Comment travaillez-vous ? 
Théo : On est assez besogneux, on écrit beaucoup, et à un moment c'est comme épidermique, on sent qu'il y a quelque chose à creuser...
Raphaël : Le geste de l'EP est terminé, et on ne peut pas avoir le même geste deux fois, on veut partir sur des choses un peu différentes. Pour nous l'existence, c'est une épopée, c'est toujours trouver comment s'en sortir, comment progresser. Quand on crée, on fait bouger quelque chose en nous, c'est une sorte d'action magique.

Vous écrivez, vous composez, vous réalisez... Est-ce que vous n'avez pas comme une envie d'être présents sur tous les fronts à la fois ?

Raphaël : On est très heureux de pouvoir dire qu'on touche à tout, qu'on n'est pas des experts en quoi que ce soit ! J'ai fait de la guitare, mais c'est seulement en arrêtant la guitare et en me frottant à d'autres instruments que j'ai commencé à composer.
Théo : C'est génial en fait de ne pas savoir. On est dans une quête et apprendre de nouvelles choses c'est autant de nouveaux obstacles à pourfendre !
Raphaël : C'est ça, il n'y a rien de pire que de rester prisonnier de ce qu'on a acquis, de sa compétence.

Le premier EP de Terrenoire, "Terrenoire" (Universal), sort le 12 octobre