Abd Al Malik "porte-voix" d'Amnesty International contre "l'oubli"

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 30/11/2012 à 10H25
Le rappeur Français Abd Al Malik (octobre 2012 à Paris

Le rappeur Français Abd Al Malik (octobre 2012 à Paris

© JOEL SAGET/AFP

Abd Al Malik sera l'un des porte-voix d'Amnesty International pour sa prochaine campagne, une collaboration "qui fait sens" pour le slameur dont le prochain projet est inspiré par Albert Camus et pour qui "être artiste, c'est être engagé de fait".

"M'engager auprès d'Amnesty, ça part de ma conception du métier d'artiste. Se mettre en avant, dire des choses, d'emblée on est responsabilisé. On fait ça pour nous, mais aussi parce qu'en fait, on a mal aux autres", dit Abd Al Malik.

"Si, nous autres artistes, ne nous engageons pas envers les autres, en essayant d'être des porte-voix, ce qu'on fait ne sert finalement à rien", ajoute le rappeur, qui a remporté en 2010 le prix Edgar Faure de littérature politique pour son livre "La guerre des banlieues n'aura pas lieu". Le chanteur, lauréat de quatre Victoires de la musique, a écrit une chansons "Actuelles IV" pour la prochaine campagne de l'organisation, le marathon des signatures. Il s'est inspiré de l'oeuvre d'Albert Camus pour son prochain album prévu début 2013.

Aux côtés d'Abd Al Malik, d'autres artistes comme l'humoriste Guy Bedos ou l'écrivain Marc Lévy, qui a écrit un feuilleton littéraire autour d'un des cas mis en lumière cette année.

"L'insatisfaction est l'un des moteurs de l'artiste"

Chaque année, dans plus de 80 pays, autour de la date anniversaire de la signature de la Déclaration internationale des Droits de l'Homme, Amnesty invite les citoyens à signer des pétitions en faveur de personnes dont les droits sont bafoués. Du 7 au 16 décembre, Amnesty International France fera un focus sur "12 personnes en danger"... "Grâce à cette opération, certaines personnes ont pu être libérées, d'autres ont vu leurs conditions de détention s'améliorer", souligne la présidente d'Amnesty France, Geneviève Garrigos. "Souvent ces personnes ont été enfermées par leur gouvernement pour qu'on les oublie, pour qu'on les fasse taire. Là, elles sont visibles à tous et cette notoriété mondiale permet de les sauver, de les protéger", explique-t-elle.

Amnesty met en avant des personnes "emblématiques de chacune des régions du monde et des combats actuels": victimes de pollution dans le Delta du Niger, disparitions forcées en Tchétchénie, discriminations sexuelles en Afrique du Sud... et deux cas concernent l'Egypte et la Libye.