"Didon et Énée" de Purcell façon hip-hop à Calais

Jean-Michel Ogier
Par @jmo1512
Rédacteur en chef adjoint de Culturebox
Publié le 15/02/2018 à 11H25
Didon et Enée à Calais

Didon et Enée à Calais

© France 3 / Culturebox

Le Grand Théâtre Gérard Philippe de Calais présente ce soir une version très particulière du "Didon et Enée" de Purcell. L'Ensemble Hémiolia et la compagnie de danse Melting Spot de Farid Berki ont joint leurs talents pour habiller de hip-hop un monument du répertoire baroque.

Didon et Énée c'est l'histoire d'une passion entre la reine de Carthage et un prince troyen, déchirés entre amour et devoir. Didon, une histoire d'amour qui, par la faute d'une sorcière, se termine en drame. C'est cette oeuvre vieille de trois cents ans que L'Ensemble Hémiolia et la compagnie de danse Melting Spot présentent sous un jour radicalement novateur.
 
Reportage France 3 Nord Pas-de-Calais : H. Tonneillier / B. Bugnicourt / A. Da Fonseca

https://videos.francetv.fr/video/NI_1185947@Culture

Hip-hop et gestuelle baroque

Imaginez Henry Purcell revenir aujourd'hui parmi nous et se rendre compte que son "Didon et Enée", considéré comme un des chefs d'oeuvre du répertoire baroque, est "mis en scène" par un des maîtres du hip-hop Farid Berki ! Le compositeur anglais s'en offusquerait-il ? Pas si sûr si l'on écoute Claire Lamquet et François Grenier, les directeurs artistiques de l'Ensemble Hémiolia : "La musique est de fait assez vive. Et puis on a un certain nombre de choses en commun : on improvise beaucoup, on rajoute beaucoup de choses par rapport à ce qui est écrit dans la partition et eux (la compagnie Melting Spot) c'est une des bases de leur travail. On s'est beaucoup rencontrés là-dessus. Quand ils utilisent les mouvements de "lock" avec les mains, cela peut rappeller la gestuelle baroque".
Didon Enée hip hop  les "locks" © France 3 / Culturebox

Fraîcheur et liberté

Même si le rapprochement entre les deux époques est moins étrange qu'il n'y paraît, il a nécessité beaucoup de travail comme le confirme Farid Berki : "Il y a beaucoup d'écriture. Alors pour l'instant je gomme un peu comme un peintre. On a fait un gros squelette et maintenant l'idée c'est de dépouiller un peu plus, d'enlever de la matière, rendre les choses beaucoup plus fluides. Garder une fraîcheur dans la danse et une liberté, avec juste des rendez-vous avec la musique et le chant.