Concert d'adieu à Charles Aznavour à Erevan avec Emmanuel Macron

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/10/2018 à 09H53, publié le 12/10/2018 à 09H50
Serge Lama chante Aznavour au concert d'adieu au chanteur à Erevan (11/10/2018)

Serge Lama chante Aznavour au concert d'adieu au chanteur à Erevan (11/10/2018)

© LUDOVIC MARIN / AFP

Emmanuel Macron a participé à un dernier hommage jeudi soir à Charles Aznavour, décédé la semaine dernière, sous la forme d’un concert d’adieu dédié au chanteur dans son centre créé à Erevan. Parmi les artistes présents, figuraient Zaz, très apprécié des adolescents arméniens, et Serge Lama, visiblement affecté par la disparition du chanteur.

"Il n'est pas au rendez-vous, mais il l'aurait tant voulu" a déclaré ému le fils de Charles Aznavour en accueillant Emmanuel Macron. L'auteur de "La Bohème" aurait dû faire partie de la délégation accompagnant le président pour le sommet de la Francophonie à Erevan, la capitale arménienne. Son décès soudain, le 1er octobre, à l'âge de 94 ans, a bouleversé le programme.

Le français enseigné sur des textes d’Aznavour

C'est Nicolas Aznavour, le plus jeune fils, qui a accueilli le président, son épouse Brigitte et la nombreuse délégation composée de personnalités d'origine arménienne comme le compositeur André Manoukian ou l'ex-footballeur Youri Djorkaeff.

"C'est évidemment un déchirement pour moi de présenter le centre sans mon père à mes côtés", a déclaré, très ému, le plus jeune des fils âgé de 41 ans. "Mais je suis également reconnaissant de pouvoir perpétuer ses combats". Nicolas Aznavour porte, avec son épouse, l'ambitieuse Fondation créée par son père pour à la fois "faciliter l'accès à la culture au plus grand nombre" et "renforcer les liens franco-arméniens".

Grand bâtiment de grès rose, le centre est situé sur une colline avec une vue imprenable sur la ville d'Erevan. Inauguré en 2011 par Nicolas Sarkozy, il accueille des rencontres et des expositions temporaires. Mais l'ambition est désormais bien plus large: le bâtiment, profondément rénové, va accueillir un musée multimédia de l'œuvre de Charles Aznavour et un centre culturel. Toutefois, le chanteur, né Shahnourh Varinag Aznavourian en 1924, "n'a jamais voulu un musée à sa gloire. Il voulait transmettre", a assuré l'architecte du bâtiment, Aris Atamian.

Pour cela, Emmanuel Macron et son homologue arménien Armen Sarkissian ont signé une lettre d'intention actant la création, au sein du centre, d'un Institut Français pour dispenser des cours de français. Il sera en partie enseigné sur la base des textes de Charles Aznavour. Quelque 43.000 jeunes Arméniens étudient actuellement le français, mais "ce n'est pas assez", a estimé Emmanuel Macron.
Le portrait de Charles Aznavour projeté en son hommage au Centre culturel d'Erevan (octobre 2018)

Le portrait de Charles Aznavour projeté en son hommage au Centre culturel d'Erevan (octobre 2018)

© BENOIT DOPPAGNE / BELGA MAG / BELGA

"Le patriarche"

"C'est en partie grâce à ses chansons que j'ai appris le français", affirme une spectatrice, venue témoigner de son amour pour Charles Aznavour. "Sa mort nous a foudroyés. Car, en Arménie, il était plus qu'aimé, il était adulé".

Pour l'ex-international de football Youri Djorkaeff, "il était non seulement le trait d'union entre l'Arménie et la France, mais celui de l'Arménie avec le reste du monde". Grâce à lui, "on parlait de ce petit pays" de trois millions d'habitants, ajoute le footballeur, qui aimait retrouver celui qu'il appelle "le patriarche".

La nuit venue, plusieurs milliers de personnes se sont massées sur la place de la République, la plus grande d'Erevan, pour le concert de gala du sommet de la Francophonie dont l'invité d'honneur aurait dû être Charles Aznavour. "Il n'aurait pas voulu qu'on soit triste!", a lancé la jeune chanteuse Zaz en appelant spectateurs et dirigeants à mettre de l'ambiance.

L'émotion était palpable lorsque la Béninoise Angelique Kidjo a repris l'une de ses chansons les plus célèbres, "Emmène-moi". Avant que "Avoir 20 ans" ne soit chanté par Serge Lama, qui a confié que "Charles" était "comme un père" pour lui et qu'il avait "versé des larmes de fils lorsqu'il a disparu".