Michel Sardou : la tournée des grands moments

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 27/11/2012 à 16H07
Michel Sardou entame sa tournée au Havre, il sera à Bercy les 12, 13 et 14 décembre

Michel Sardou entame sa tournée au Havre, il sera à Bercy les 12, 13 et 14 décembre

© Bebert Bruno/SIPA

Des "Lacs du Connemara" à "Musulmanes", Michel Sardou entreprend vendredi au Havre une longue tournée qu'il consacrera entièrement à ses "grands moments", car, dit-il, "les gens sont fidèles à ce qu'ils ont aimé".

"A la sortie de mes concerts, les gens me demandent toujours mais "pourquoi vous n'avez pas chanté celle-là? C'est la mienne", raconte Michel Sardou. Ils ont tendance à s'approprier les chansons qui ont marqué des moments de leurs vies. Moi le premier d'ailleurs", dit-il, confiant avoir un jour "engueulé Elton John" parce qu'il n'avait pas chanté "sa" chanson "Tonight" lors d'un concert.

Pour concocter ce spectacle de deux heures, la difficulté a été de "réarranger les titres sans les déformer". "S'il me prenait l'envie de chanter "La maladie d'amour" en jazz, j'irais à la catastrophe. Il faut qu'à la quatrième mesure, les gens aient reconnu la chanson mais qu'on les surprenne avec de nouveaux sons, un découpage différent", détaille-t-il.


"Il y a certains grands succès qui ne vieillissent pas et on ne sait pas pourquoi. D'autres se sont un peu figés, ça vient souvent des paroles, d'expressions des années 70-80", explique le chanteur, qui a commencé à écrire à 19 ans comme "nègre de nègres".

Des textes écrits à la va vite lui ont coûté cher

"J'écrivais 7-8 chansons par jour et parfois je ne me rendais pas compte qu'il y avait des maladresses. Certaines de ces maladresses m'ont coûté assez cher d'ailleurs, puisque j'ai eu des réactions très violentes", se souvient-il. Michel Sardou a pris l'habitude de modifier sur scène les paroles de certains de ses titres pour "dire la même chose de façon plus légère". Mais, jamais pour "masquer les positions qu'on a bien voulu (lui) prêter", dit-il.

Depuis les années 70, ses textes ont régulièrement suscité la polémique et l'ont souvent conduit à être taxé de sexisme, d'homophobie ou de racisme. "Est ce que ça m'a touché ? Oui et non. Je trouvais ça un peu disproportionné parce que ce ne sont que des chansons. Dans chaque chanson, 10% correspond à ce que je suis, mais tout le reste, c'est une histoire, comme un acteur qui joue le rôle de méchant dans les films", confie-t-il. Il dit d'ailleurs être "de tout coeur" avec le rappeur Orelsan, attaqué pour s'être mis dans la peau d'une homme violent dans la chanson "Sale pute". "C'était ridicule de lui faire un procès d'intention alors que c'est un  type qui est complètement dans son métier, qui fait son boulot, plutôt pas mal  d'ailleurs. Il y aura toujours des cons, c'est rassurant", estime-t-il.

Pas de chanson sur "un monde qui marche sur la tête"

Lui, dont les textes sur l'état de la société sont souvent teintés de pessimisme, trouve l'époque "un peu sombre" pour en faire des chansons. "J'ai l'impression que le monde marche sur la tête aujourd'hui: ces guerres partout qui peuvent déboucher sur une guerre totale à n'importe quel moment, cette haine qui ressort, cette opposition des uns contre les autres...  Peut-être que je ferai une chanson là-dessus, mais tout de suite je n'en ai pas envie", dit-il.

Si le chanteur de 65 ans n'a pas de projet de nouvel album "pour  l'instant", il compte déjà retourner au théâtre en 2014. "Je reste persuadé qu'on fait le plus beau métier du monde, que ce soit comédien de théâtre ou chanteur. Le jour où je m'ennuierai, je crois que je ne  dirai rien à personne, je rentrerai chez moi et je m'occuperai de mes chevaux",  avoue-t-il.

Toutes les dates de la tournée sur le site officiel de Michel Sardou