Michel Polnareff inaugure samedi sa rétrospective au MuPop de Montluçon

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/06/2015 à 15H32, publié le 19/06/2015 à 10H23
Michel Polnareff, juillet 2014 à Paris

Michel Polnareff, juillet 2014 à Paris

© HALEY/SIPA

"La poupée qui fait non", "Love me please, love me" ou "Goodbye Marilou": le Musée des musiques populaires de Montluçon consacre jusqu'à fin décembre une rétrospective à Michel Polnareff et à ses tubes immortels, que la star viendra inaugurer en personne samedi. Le chanteur aux lunettes blanches fera sa première apparition publique en France depuis 2007.

La ville de Montluçon, où l'interprète d'"On ira tous au paradis" a passé une partie de son service militaire - dont six mois au "trou" -, lui dédiera une place à son nom. "Michel Polnareff, c'est vraiment l'archétype de la pop star française. Il reste deux énormes vedettes en France: Johnny Hallyday et lui", assure le commissaire de l'exposition, Eric Bourgougnon.

Les fans de Michel Polnareff attendent le chanteur dès samedi matin.  

Reportage : Benoît Gadrey - T.Simonet 

https://videos.francetv.fr/video/NI_111963@Culture



Costumes de scènes en lamé argenté ou simili cuir noir rehaussé de bordures de perles, pochettes de disques, partitions originales et instruments de musique... sur 400 mètres carrés, cette "Polnaexpo" offre près de 150 pièces provenant des archives personnelles de l'artiste ou de son  entourage. "Polnareff est assez inclassable. Il débarque à l'époque des yé-yé avec son style à lui, qui est un métissage entre sa culture musicale classique et l'influences de la pop anglaise et américaine qu'il découvre lors de voyages linguistiques", souligne le conservateur du MuPop. Parmi ses objets fétiches figurent notamment ses quatre paires de lunettes aux verres fumés - deux noires et deux blanches - derrière lesquelles il s'est  construit un personnage avec ses cheveux blonds peroxydés. 

Un virtuose du piano


Anticonformiste, l'artiste aime provoquer. Son titre "L'amour avec toi" (1966) choque la France d'avant 68 et se retrouve interdit à la diffusion avant  22H. A contre-courant de la mode de l'époque, il compose "Le bal des Laze" (1968), mêlant l'orgue à la basse, qui sera un succès. Mais c'est avec son affiche "PolnaRévolution" sur laquelle il montre ses fesses que naît le scandale. "L'affiche lui vaudra une condamnation mais ce fut un beau coup de pub pour ses concerts à l'Olympia", souligne Eric Bourgougnon. L'homme est excentrique: il achète une moto Harley Davidson (exposée pour l'occasion) identique de celle d'Elvis Presley, qu'il conduit dans son salon. Consacrée à la période 1966-1973, "la plus talentueuse et prolifique", cette rétrospective retrace la suite de sa carrière aux Etats-Unis, où il s'est exilé après avoir été escroqué par son homme de confiance. "C'est l'époque de "Lettre à France", puis de l'album "Kâmâ Sutrâ", aux sons plus américains, plus électroniques", continue Eric Bourgougnon, qui a rencontré l'artiste pour finaliser le projet. Ce "virtuose du piano", capable de mêler à ses compositions pop des partitions de Mozart, Chopin ou Debussy, composa également des musiques de films, illustrés par des affiches, comme celles de "La folie des grandeurs" (1971), "La Vengeance du Serpent à plumes"(1984) de Gérard Oury ou de "Ca n'arrive qu'aux autres"(1971) de Nadine Trintignant.
En attendant son nouvel album prévu en 2015, les inconditionnels pourront revoir dans une boîte noire baptisée "PolnaLive" plus de quarante minutes de ses concerts mythiques, de 1967 à 2007, date de ses derniers spectacles à Paris Bercy et à la Tour Eiffel.