Le dernier album de Miossec "Les rescapés" : une sérénité bouillonnante

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/10/2018 à 12H04, publié le 04/10/2018 à 12H03
Miossec-promo-Les-rescapés © Marc Obin

Le chanteur breton nous revient avec son onzième album studio "Les Rescapés", sorti le 28 septembre. Si Christophe Miossec a toujours été un peu à part dans la chanson française, il semble avec cet opus avoir trouvé une certaine sérénité, mais avec toujours une urgence intérieure qui le pousse à écrire et composer, encore et encore. Une musique qu'il décrit lui-même comme "organique".

A 54 ans, Christophe Miossec a déjà une belle carrière et une dizaine d'albums à son actif. Une écriture singulière, une musique plutôt minimaliste, et des méthodes d'enregistrement et de production proches de l'artisanal. En marge des majors, il s'est construit un parcours atypique et a su accrocher un public, devenu depuis fidèle.
Son dernier album "Les rescapés" (Columbia) sorti le 28 septembre, traduit à la fois une sérénité assumée et une révolte intérieure toujours présente.

La première chanson s'ouvre sur un constat d'urgence : "nous sommes les survivants, nous sommes les rescapés" chante Miossec. Le texte fait écho aux problématiques actuelles, que ce soit le changement climatique ou les migrants.
Le clip vidéo du premier titre "Nous sommes", mis en ligne au début de l'été

Mais le chanteur la décrit également comme une chanson très personnelle. Car il se considère comme un miraculé qui a pu continuer à exercer son métier, malgré un chemin sineux, en dehors des sentiers battus

Je ne suis jamais rentré dans le cercle"

Christophe Miossec
Miossec-photo-promo-2018

© Julien T. Hamon


Un album enregistré en trio sur trois périodes distinctes

"Les rescapés" s'est construit de mai 2017 à avril 2018, sur trois périodes distinctes.
Brest d'abord avec Mirabelle Gilis et Leander Lyons. Des sessions d'enregistrement à l'ancienne avec des instruments "datant d'avant les programmations" : un piano, un orgue, un mellotron, et une boite à rythme italienne de marque Elka. Toujours cette volonté de rester "organique", de proposer une musique charnelle, à fleur de peau.
Puis deuxième étape au studio Badabing de Julien Delfaud où les chansons sont enregistrées en live, avec encore Mirabelle Gilis, mais aussi Laurent Bardainne et Sylvain Daniel. Les morceaux prennent corps avec le rajout de basses plus présentes.
Enfin, le studio Garage pour la phase de mixage avec Dominique Ledudal. Miossec y ajoute toutes les parties de guitare, qu'il joue lui-même.

Le clip de "La mer", deuxième extrait de l'album

Le chanteur brestois considère cet album comme son plus personnel musicalement depuis "Boire" en 1995. En témoigne cette autre chanson choc, "la mer", qui, encore une fois, renvoie aux drames des migrants. Le clip nous montre l'innocence de deux gamins en bateau pneumatique, mais qui semble lacérée par des morsures : "La mer, quand elle mord, c'est méchant".
Cette écriture sans concession et tranchante laisse parfois place à plus de légèreté ("L'homme") et de bienveillance ("Les gens").
La musique se fait aussi plus entrainante sur "Je suis devenu" et arrive à rester groovy même sur les thèmes plus sombres ("On meurt", "Les infidèles").

La pochette de l'album

La pochette de l'album

Un album à la fois personnel pour le chanteur et dont les thèmes évoquent les préoccupations intimes des gens d'aujourd'hui.

Miossec est actuellement en tournée dans toute la France

12 octobre : Villeneuve-Saint-Georges
17 octobre : Liévin
2 novembre : Sedan
3 novembre : Blois
5 et 6 novembre : La Flèche
16 novembre : Périgueux
17 novembre : Saint-Denis-de-Pile
20 novembre : Yzeure
21 novembre : Paris
30 novembre : Penmarch
1 décembre : Ploërmel
5 décembre : Lyon
6 décembre : Nîmes