L'album "In Extremis" de Francis Cabrel dans les bacs lundi 27 avril

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/04/2015 à 18H45, publié le 16/03/2015 à 09H11
La pochette de l'album "In Extremis" de Francis Cabrel

La pochette de l'album "In Extremis" de Francis Cabrel

© DR

Francis Cabrel est de retour sur les ondes radio avec "Partis pour rester", le premier extrait de "In Extremis", son nouvel album annoncé pour le 27 avril. Le chanteur dit aborder, à 61 ans, les "derniers lacets" de sa carrière avec l'envie de "dire exactement ce (qu'il) ressent, sans vouloir toujours accrocher un public d'une quinzaine d'années".

"In Extremis" (Smart/Sony Music) sera le premier album de Francis Cabrel avec des chansons originales depuis "Des roses et des orties" (2008) écoulé à plus de 900.000 exemplaires. Ce 13e album studio, l'un des événements de l'année musicale en France, sera-t-il le dernier? "Pas forcément... Mais c'est la pente qui y mène", a-t-il confié à l'AFP mi-mars. "Dans une carrière, il y a une entrée et une sortie. L'entrée, on ne décide pas forcément quand elle arrive, mais la sortie, je pense qu'il faut la préparer, là je suis en train de faire ça", explique le chanteur aux plus de 35 ans de tubes depuis "Petite Marie" (1977) ou "Je l'aime à mourir" (1979).
 
Le temps qui passe, thème déjà abordé par Francis Cabrel dans les années 1980 avec des chansons comme "Le temps s'en allait", revient hanter le chanteur dans son single "Partis pour rester". Sur fond de guitares blues-rock et choeurs féminins, il invite à "viser l'éternité/On est tellement bien ici/On va faire comme si/On était partis pour rester".

Francis Cabrel : "Partis pour rester" (teaser)

"Les choses deviennent urgentes"


"J'arrive à un stade de ma vie où les choses deviennent urgentes, on arrive dans le final, les derniers lacets. Après 60 ans, ce n'est pas le moment d'avoir des projets pour dans 30 ou 35 ans", estime le chanteur qui a enregistré cet album chez lui, à Astaffort (Lot-et-Garonne). Francis Cabrel aborde les choses de front, à l'image de la photo, assez inhabituelle pour lui, retenue pour la pochette de l'album : habitué du clair-obscur ou des ambiances un peu nuageuses, il s'affiche en gros plan, de face, regardant le spectateur droit dans les yeux.

"À l'âge que j'ai, la volonté, c'est de dire exactement ce que je ressens, assumer le temps qui a passé, sans vouloir toujours accrocher un public d'une quinzaine d'années", ajoute-t-il au sujet d'un disque toujours très blues où les chansons parlent évidemment d'amour mais aussi de thèmes moins attendus.
Francis Cabrel à un gala de Charité en janvier 2015, à Paris

Francis Cabrel à un gala de Charité en janvier 2015, à Paris

© EREZ LICHTFELD/SIPA

Les leçons d'histoire de ce 13e album

 
"Faire un 13e album pour dire toujours les mêmes choses, cela n'aurait pas été si excitant que ça... J'aurais aimé trouver douze thèmes que personne n'avait abordés ! Mais j'en ai quand même trouvé cinq ou six", glisse le chanteur fidèle à ses guitares acoustiques et aux ambiances blues-rock. Avec la chanson "Dans chaque coeur", Francis Cabrel conte le chemin de croix du Christ, s'intéressant à "la leçon d'amour et d'humanité" liée à cet épisode "appris par force catéchisme et messes". Le thème de la religion était déjà présent dans son album "Des roses et des orties" (2008).
             
Celui qui avait rendu hommage aux "chevaliers cathares" en 1983 s'est aussi inspiré de l'Histoire : "Mandela, pendant ce temps" rappelle les 27 ans de détention du leader sud-africain et "Azincourt" peint la bataille dont on célèbre cette année le 600e anniversaire. "Cette chanson raconte comment on ressort d'une bataille, celle-là ou une autre, quand on est survivant", décrit le chanteur féru de romans historiques et de Révolution française.

Francis Cabrel : "Mandela, pendant ce temps" (teaser)

Dans "In extremis", la chanson qui a donné son titre à l'album, il se fait défenseur de la biodiversité des langues en comparant la disparition de l'occitan à celle des oiseaux. "Avec ce piétinement par le français des langues régionales, on perd son histoire, ses racines et beaucoup de richesses, car il y a beaucoup d'images dans ces langues qu'on ne trouve pas en français."
              
Au fil des 12 chansons, Francis Cabrel évoque aussi ces pères qui voient leurs filles, désormais grandes, s'éloigner irrémédiablement ("Les tours gratuits"), son amour du jazz ("Les fontaines du jazz") ou un étrange "Pays d'à côté" couvert de nuages et peuplé de choeurs envoutants. Mais l'amour n'est évidemment jamais loin chez l'auteur de "Je l'aime à mourir", en atteste la ballade "À chaque amour que nous ferons" traversée d'arpèges discrets et de cordes romantiques : "Je me noierai dans tes étreintes/Dans tes vallées, tes sillons/Tes merveilleux labyrinthes/Et tes mystérieuses plaintes."

Francis Cabrel : "À chaque amour que nous ferons" (teaser)

Prendre son temps, "réfléchir"


Le chanteur avait confessé une panne d'inspiration il y a quelques années et s'était octroyé une parenthèse Bob Dylan en adaptant les titres du chanteur américain ("Vise le ciel", en 2012). Puis il a fait comme d'habitude : prendre son temps, "s'asseoir à une table pour réfléchir" pour "provoquer" le retour des idées.

"Il faut soigner l'écriture. Même s'il faut cinq ans pour faire une chanson, ce n'est pas grave" : voilà les conseils que le chanteur donne aux jeunes auteurs-compositeurs qui viennent chaque année depuis 20 ans en stage à Astaffort, conseils qu'il distille aussi à sa fille, Aurélie Cabrel, qui a publié en 2014 son premier album. "Elle s'en sort pas mal. Evidemment, cela ne suit pas toujours comme elle voudrait au niveau de l'accueil du public, mais je trouve que, vocalement, elle a vraiment quelque chose", ajoute celui qui a souvent évoqué l'amour filial dans ses chansons.

Toujours indisponible en streaming


À l'ère du numérique et d'une industrie musicale en crise, Francis Cabrel et ses 21 millions de disques vendus (selon son label) reste l'un des très rares à pouvoir toujours imposer son rythme et ses conditions. Comme Jean-Jacques Goldman et une poignée d'autres, il peut par exemple refuser que ses albums soient disponibles sur les plateformes d'écoute en streaming. "Je considère que mes chansons m'appartiennent et que je peux les mettre sur le support que je choisis", dit celui qui repartira sur les routes à partir de septembre avec près d'une cinquantaine de dates annoncées en France, Suisse et Belgique.

Pour découvrir "In Extremis", il faudra donc l'acheter en ligne ou chez son disquaire.

Francis Cabrel a fait écouter son 13e album en avant-première à une centaine de fans réunis dans un hôtel de Rennes. Une équipe de France 2 a assisté à cette rencontre :

https://videos.francetv.fr/video/NI_160003@Culture

Reportage : I. Baechler, V. Piffeteau, R. Gardeux, M. Maitrel