Héritage de Johnny Hallyday : la justice gèle une part des revenus de son album posthume

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 20/12/2018 à 17H21, publié le 18/12/2018 à 15H39
Laeticia Hallyday, laura Smet, David Hallyday, Jade et Joy aux obsèques de Johnny (9/12/2017)

Laeticia Hallyday, laura Smet, David Hallyday, Jade et Joy aux obsèques de Johnny (9/12/2017)

© ludovic MARIN / POOL / AFP

La justice a ordonné mardi le gel de 37,5% des revenus tirés des ventes d'albums de Johnny Hallyday, accédant ainsi en partie aux demandes de ses deux aînés, David Hallyday et Laura Smet, qui réclamaient la mise sous séquestre de 75% des royalties.

L'album posthume du chanteur, "Mon pays c'est l'amour", s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires depuis le 19 octobre. Laura Smet et David Hallyday contestent depuis plusieurs mois la succession de leur père, décédé en décembre 2017, qui a tout légué à sa dernière épouse Laeticia Hallyday et leurs deux filles Jade et Joy. Ils réclamaient notamment le gel des royalties de cet album posthume.

Un trust nommé JPS

Le tribunal a estimé dans sa décision qu'il existait un risque de "dommage imminent" pour David et Laura, justifiant le gel de ces redevances. Ce risque est incarné par l'existence d'un trust en Californie établi au seul bénéfice de Laeticia Hallyday. Dans son testament, Johnny Hallyday a ordonné le transfert de l'ensemble de son patrimoine après son décès dans le giron de ce trust, baptisé JPS - pour Jean-Philippe Smet.

Or, en juillet, la Bank of America, désignée gérante du trust, a formulé une demande devant la cour supérieure de Californie pour transférer au sein du JPS trust l'ensemble des redevances dues par les majors Sony, Universal et Warner, qui ont accompagné Johnny tout au long de sa carrière. Bank of America a depuis démissionné de son rôle de trustee (gérant), mais reste en charge du trust dans l'attente de la désignation de son successeur.

Décision américaine irréversible le 22 janvier

Une audience est prévue le 22 janvier en Californie pour étudier la requête formulée par la banque. Si la justice américaine ordonnait le transfert de l'ensemble des redevances dans le giron du trust, elles y entreraient "de manière quasiment irréversible", a jugé le tribunal de grande instance de Paris. David Hallyday et Laura Smet seraient alors dans l'impossibilité "de recouvrer la part successorale à laquelle ils pourraient prétendre", si la justice française leur donnait droit à une part d'héritage.

Le tribunal des référés a cependant choisi de ne geler que 37,5% des redevances et non 75% comme initialement demandé. Cela équivaut à la part héréditaire à laquelle ils prétendent, soit 18,75% chacun du patrimoine de leur père.

En avril, la justice avait déjà ordonné le gel d'une partie des avoirs de Johnny Hallyday, notamment ses propriétés immobilières françaises, à la demande de ses deux aînés.

Audience à Nanterre le 22 mars

Une audience est prévue le 22 mars à Nanterre pour décider de la compétence de la justice française pour trancher cette question. L'avocat de Laeticia Hallyday, Me Ardavan Amir-Aslani, souhaite que l'affaire soit portée devant le justice américaine, dernier lieu de résidence du chanteur.

Mais pour les avocats de David et Laura, c'est le droit français qui doit s'appliquer, car "Johnny Hallyday est une part de la France", d'où il tirait la majeure partie de ses revenus.

La procédure pourrait durer des années en raison de sa complexité et de l'implication d'acteurs américains. Dernier rebondissement en date : la démission de Bank of America, gérant du JPS trust, le 21 novembre.

L'établissement reste trustee dans l'attente de la désignation de son successeur, mais cela pourrait prendre "des mois", avait prévenu lors de l'annonce de la démission Me Amir-Aslani.