GiedRé, son univers impitoyable!

Par Cyril Lichan @Culturebox

Mis à jour le 26/05/2014 à 11H59, publié le 13/11/2012 à 11H17
GiedRé, décalée et corrosive

GiedRé, décalée et corrosive

© SEBASTIEN BOZON / AFP

Vous connaissez Jacky le nain ? Et Henriette, elle vous dit quelque chose ? Non ? Alors laissez GiedRé vous conter leur histoire. Et vous verrez, vous aussi, vous les avez déjà peut-être croisés… Bienvenue dans la vraie vie de GiedRé !

Des paroles acides mais toujours justes, un air de guitare pincé avec quelques arpèges, GiedRé, de son vrai nom Giedrė Barauskaitė, est une auteur-compositeur interprète humoriste franco-lituanienne. Née à Vilnius, en 1985, cette chanteuse possède un répertoire de chansons ou plutôt une galerie de portraits au vitriol. Chacun de ses 20 titres, extraits de son deuxième album, intitulé « Mon premier album genre Panninni », raconte une histoire. Celle du quotidien, de la vraie vie. Celle de femmes et d’hommes banals, ordinaires, sans reliefs. Une platitude immédiatement gommée par la folie généreuse de cette blonde, aux apparences trompeuses car loin d’être niaise.

https://videos.francetv.fr/video/NI_134073@Culture

Côté coulisses ou côté scène… L’artiste travaille son personnage qui semble, à force, ne faire qu’un avec elle-même. De longues robes à fleurs, de jolies boucles d’oreilles en forme de canards jaunes (comme ceux que l’on laisse flotter dans le bain !), un tampon hygiénique accroché dans les cheveux tombant sur sa nuque dégagée, l’apparence peut parfois tromper, ce qui est le cas de GiedRé. Le style jeune catherinette bien rangée au phrasé franchement déphasé, la jeune femme jongle avec les gros mots mais ne choque pas, abasourdit parfois, mais ne saoule jamais. Ses odes à la vie font sourire, surprennent, touchent, voire même, parfois, émeuvent. Et malgré la cruelle réalité des situations dans lesquelles GiedRé arrivent toujours à entraîner les oreilles venues l’écouter, l’envie de s’en amuser, d’en rire, prend toujours le dessus.

GiedRé sur la scène du Transbordeur à Lyon

GiedRé sur la scène du Transbordeur à Lyon

© Cyril Lichan

Des mots crus, un comportement politiquement incorrect, des situations violentes mais toujours possibles, plausibles, vraies, tirées du quotidien. D’un quotidien. Celui de personnages qui nous renvoient au notre. La mort, la vie, la vieillesse mais aussi la méchanceté, la jalousie, la pédophilie, la violence…Autant de thèmes chantés, contés, interprétés par cette femme à la verve digne d’une écorchée révoltée. Sans oublier les instantanés des vies oubliées fredonnés avec toujours beaucoup de poésie et de sensibilité. L’amour en prison, la contraception, la maladie mentale ou encore la prostitution, aucun sujet n’est tabou pour cette chanteuse remarquée par Raphael MEZRAHI, poussée sur le devant de la scène par Laurent BAFFIE qui lui a offert ses premières parties.

Et lorsque vous demandez à GiedRé si sa vision de la vie n’est pas trop exagérée, elle vous répondra, simplement sans hésiter, qu’elle ne fait que relater la dure réalité de notre monde. Avec, en plus, une dose d’humour, un soupçon de moquerie, une once de pitrerie. Juste de quoi pouvoir un peu plus l’accepter, l’apprivoiser…