Décès de France Gall, icône des années yéyé et star de Michel Berger

Mis à jour le 08/01/2018 à 16H12, publié le 07/01/2018 à 11H16
France Gall en 1968

France Gall en 1968

© Photo 12 / Michael Holtz

La chanteuse France Gall est morte dimanche matin à Paris, des suites d'un cancer, a annoncé sa chargée de communication Geneviève Salama.

"Il y a des mots qu'on ne voudrait jamais prononcer. France Gall a rejoint le Paradis blanc le 7 janvier, après avoir défié depuis 2 ans, avec discrétion et dignité, la récidive de son cancer", a indiqué Geneviève Salama, la chargée de communication de la chanteuse dans un communiqué.

L'interprète de "Poupée de cire, poupée de son" était hospitalisée depuis mi-décembre à l'Hôpital américain de Neuilly, à côté de Paris, officiellement pour une infection sévère. La chanteuse avait eu un cancer du sein un an après le décès subit de son époux Michel Berger en 1992 à 44 ans, d'un infarctus.

(En hommage à France Gall, des éditions spéciales et des émissions seront diffusées à partir de dimanche soir et dans les jours qui viennent sur les France 2, France 3 et France 5)

Récit/montage : Valérie Gaget et Nathalie Lachaud

https://videos.francetv.fr/video/NI_1157363@Culture

Une famille de musiciens

France Gall s'était retirée de la scène après le décès de sa fille Pauline de mucoviscidose en 1997, mais elle était sortie du silence en 2015 pour la comédie musicale "Résiste", qui remettait au goût du jour les tubes du couple qu'elle formait avec Michel Berger.
 
France Gall, Isabelle Gall de son vrai nom, est née le 9 octobre 1947 à Paris dans une famille de musiciens. Son père, Robert Gall, est lui-même chanteur et auteur de chansons, notamment pour Edith Piaf et Charles Aznavour. France Gall rencontre chez ses parents des artistes comme Hugues Aufray, Marie Laforêt et Claude Nougaro.
 
Elle prend des cours de piano à cinq ans, puis elle apprend la guitare et fait de la musique, adolescente, avec ses frères.
France Gall, "N'écoute pas les idoles"

Le succès à 16 ans

"Mon père m'a entraînée très jeune dans les coulisses des spectacles, ma mère jouait du violoncelle, mon oncle de l'orgue, mes frères de la guitare", se souvenait celle dont le grand-père maternel, Paul Berthier, était aussi compositeur de musique liturgique et co-fondateur des Petits chanteurs à la croix de bois.
 
Son père l'encourage très tôt à enregistrer des chansons. A 16 ans, plutôt que de redoubler sa troisième, la jeune fille blonde aux joues d'enfant chante "Ne sois pas si bête" (1963), d'emblée un succès. Elle chante aussi "Sacré Charlemagne" (1964) dont les paroles ont été écrites par son père, encore un succès pourtant initialement chanté à contre-coeur par peur du ridicule.

Son directeur artistique Denis Bourgeois la rebaptise "France" pour la différencier d'Isabelle Aubret et sera à l'origine de la collaboration avec Serge Gainsbourg. 
France Gall à l'Eurovision en 1965 : "Poupée de cire, poupée de son"

"Poupée de cire, poupée de son" remporte l'Eurovision

"N'écoute pas les idoles", écrit par Serge Gainsbourg, la place en tête du hit-parade en mars 1964. France Gall remporte le Concours de l'Eurovision de la chanson en 1965 avec "Poupée de cire, poupée de son", de Gainsbourg également. Il lui écrira de nombreux titre dont, l'année suivante, "Les Sucettes" (elle avouera bien plus tard que pendant cinq ans elle a chanté cette chanson sans en percevoir le double sens).

Dans ces années 60 virevoltantes, elle a une brève liaison avec Claude François auquel leur rupture inspirera "Comme d'habitude". Après "Bébé Requin" (1967), sa carrière piétine. Elle vit cinq ans avec Julien Clerc, le quitte. Il chantera "Souffrir par toi n'est pas souffrir".

Mais sa rencontre en 1973 avec Michel Berger la relance. Il est séparé depuis peu de Véronique Sanson et ils se marient en 1976. "La Déclaration d'amour" est le premier tube qu'il lui compose. La poupée naïve des années 60 trouve avec lui une nouvelle maturité. Elle va interpréter ses chansons pendant près de 20 ans.
France Gall, "La déclaration d'amour"

Avec Michel Berger, de "La déclaration" à "Starmania"

Elle chante en 1979 dans "Starmania", un spectacle de Berger et Luc Plamondon qui connait un succès immense, pendant un mois au Palais des Congrès. Elle enchaîne avec deux albums ("Paris France" en 1980 et "Tout pour la musique" en 1981) et des titres qui deviennent des tubes, "Tout pour la musique, "Résiste", "Il jouait du piano debout", "Diego libre dans sa tête", "Cézanne peint".
 

Dans les années 1980, France Gall s'engage dans des actions humanitaires pour l'Ethiophie et le Mali et sort de nouveaux albums: "Débranche" en 1984 et "Babacar" en 1987, le plus gros succès de sa carrière, avec le titre "Evidemment", en hommage à son ami Daniel Balavoine (décédé dans un accident lors du Paris Dakar). Elle effectue une grande tournée en 1988, baptisée le "Tour de France 88" et mise en scène par Michel Berger. Nouveaux tubes avec "Ella, elle l'a".

 
La chanteuse veut alors prendre du recul et songe à mettre un terme à sa carrière mais accepte d'enregistrer un album en duo avec Michel Berger ("Double jeu"), en 1992. Son compagnon de vingt ans meurt brutalement d'une crise cardiaque le 2 août 1992.
France Gall, "Il jouait du piano debout"

"Le bonheur dans ce métier, je l'ai trouvé avec Michel" 

"Le bonheur dans ce métier, je l'ai trouvé avec Michel", disait-elle France Gall est profondément marquée par le décès de Michel Berger. Elle déclare un cancer du sein l'année suivante. Nouveau choc en 1997 avec la mort de leur fille Pauline, qui souffrait de mucoviscidose. 

France Gall n'avait plus guère chanté. Quelques enregistrements et quelques concerts dans les années 1990 avant un long silence dont elle était sortie en 2015 pour défendre un projet qui lui tenait à coeur : la comédie musicale "Résiste" remettant au goût du jour les tubes du couple, jouée à Paris puis partout en France.
 
Un spectacle dans lequel elle apparaissait en vidéo - mais pas sur scène - comme narratrice se souvenant de son Pygmalion. 
"Sacré Charlemage" (1964), un des premiers succès de France Gall