Charlotte Gainsbourg parle de son plaisir de la scène avant son concert à La Cigale mercredi

Par @Culturebox
Publié le 26/03/2018 à 16H33
Charlotte Gainsbourg en février 2018 à Paris.

Charlotte Gainsbourg en février 2018 à Paris.

© Jean-Marc Haedrich/SIPA

"Chanter des titres qu'on a soi-même écrits diminue la pression": c'est ainsi que Charlotte Gainsbourg explique sa nouvelle assurance scénique. Alors qu'elle n'a jamais parue aussi épanouie sur scène, l'actrice, chanteuse et musicienne se confie sur son rapport délicat à la scène après le début de sa tournée qui passe mercredi 26 mars par La Cigale à Paris.

"Les chansons de Rest viennent de moi"

Samedi 24 mars, Charlotte Gainsbourg faisait halte à Amsterdam pour la troisième date de sa tournée. Dans la salle du Paradiso, surnommé "le temple de la pop" ("Templepop") qui affichait complet, elle présentait à un public connaisseur de l'oeuvre gainsbourgeoise - père et fille - les chansons de son très beau dernier album, "Rest", sorti en novembre. 

"Les chansons de Rest sont faciles à interpréter sur scène, car elles viennent de moi. On a moins le trac à l'idée de perdre les mots, parce qu'on n'a pas la sensation de décevoir les auteurs. J'avais un peu cette pression auparavant avec Beck, avec Jarvis Cocker. Ils avaient écrit pour moi (sur ses trois précédents albums "5:55", "IRM" et "Stage Whisper", ndlr). Donc c'était à moi de bien les servir", dit-elle.

A Berlin vendredi 22 mars, Charlotte Gainsbourg a repris "Runaway" de Kanye West, comme l'a capté un spectateur
 


Dans "Rest", qui lui a valu sa première Victoire de la musique dans la catégorie "artiste féminine", Charlotte Gainsbourg s'est livrée comme jamais auparavant, évoquant notamment les deuils de son père Serge et de sa demi-soeur Kate Barry dans ses premières chansons écrites en français. Une émancipation musicale réussie, qui appelait confirmation sur scène.

"Je me suis demandée si la tournée allait être éprouvante vu la nature des chansons. Et en fait non, j'ai plaisir à vivre ces moments. C'est comme une parenthèse où le temps s'arrête", juge-t-elle. 

Moins de trac avec son nouveau groupe de scène

Le "plaisir", Charlotte Gainsbourg l'éprouve aussi de façon collective sur scène, avec un nouveau groupe qui l'accompagne désormais. 
 
"Les premiers musiciens que j'ai eus en 2009, c'était ceux de Beck. Ils étaient ultra-pros. Je sentais que je n'étais pas à la hauteur. Donc je n'étais pas moi-même. En 2012, c'était avec Connan Mockasin et tout son groupe. J'étais la pièce rapportée. Là, pour la première fois, j'ai mon groupe. Ce sont des musiciens très jeunes, on s'est formés tous ensemble. Je me sens privilégiée", apprécie l'artiste de 46 ans.

Dans sa quête de confiance, Charlotte Gainsbourg doit néanmoins composer avec le trac, qu'elle ne peut maîtriser. "Le trac a des visages différents chez moi. Soit il provoque une panique intérieure qui ne disparaît pas. Soit, et c'est plus sournois, j'arrive à me détendre et dès que je me sens un peu trop à l'aise, hop, ça dérape. C'est du domaine de l'autoflagellation", sourit-elle.

Charlotte Gainsbourg sur scène, entourée de ses musiciens
 

Si toutes les dates de la tournée affichent complet, de Londres à Tokyo en passant par New York, celle de mercredi à La Cigale revêt une importance particulière. "Il y aura mes proches, des gens que je connais... Ce sera beaucoup plus intimidant."

En attendant, au Paradiso d'Amsterdam, la chanteuse a réussi à dissimuler sa boule au ventre, le plus souvent assise devant son piano qui fait office de bouclier aux émotions. "C'est très rassurant d'avoir un truc à faire, autre que le chant", éclaire-t-elle.

Sur scène, elle joue aussi les chansons de son père

Outre ses propres chansons, elle a interprété celles écrites par son père, "Lemon Incest" et "Charlotte for Ever", avec lesquelles on la découvrit adolescente il y a plus de trente ans.

"Chez moi, les références sont constantes, reconnaît Charlotte Gainsbourg. Sebastian, avec qui j'ai fait Rest, s'en amusait pendant l'enregistrement. Dès que je me mettais à parler un peu il me disait: "là tu commences à ressembler à ton père". Puis après, dès que je commençais à partir dans les aigus, il me disait: "tu vas ressembler à ta mère." 

"Donc c'est compliqué à éviter. Mais du coup je me sers de tout, je l'assume complètement et peut-être donc que j'en deviens moi-même. Enfin j'espère. Il serait temps!"