"Au clair de la rue", la chorale de SDF chante pour les morts et les vivants

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 08/10/2012 à 17H51
La chorale dans un kiosque à Nevers

La chorale dans un kiosque à Nevers

© France3/culturebox

Mourir dans la dignité et ne pas être enterré seul "comme un chien." C'est en partant de cette triste réflexion qu'un groupe de SDF de Nantes a décidé de former une chorale, histoire de chanter aux obsèques des copains de la rue. Le nom de cette chorale : Au clair de la rue. Aujourd'hui, des bénévoles se sont joint à eux. Ils étaient à Nevers, le 6 octobre, pour un concert gratuit.

Tout est parti d'une rencontre en 2007 dans les rues de Nantes entre un retraité, Yannick, et un SDF, Serge, qui faisait la manche. Un échange s'installe autour de la mort des sans domicile fixe. Des défunts qui souvent n'ont plus aucun lien avec leurs familles et finissent seuls même dans la mort. Naît alors l'idée de chanter pour les accompagner jusqu'à leur dernière demeure. 

La joyeuse bande des choristes d’Au clair de la rue

La joyeuse bande des choristes d’Au clair de la rue

© DR

Depuis, les choristes chantent aussi pour les vivants. La chorale réunit tous les mardis, à Nantes, des SDF, des personnes vulnérables et des bénévoles. L'objectif est de créer du lien et d'essayer de s’en sortir.

https://videos.francetv.fr/video/NI_133177@Culture

 
 

La problématique de la mort et les SDF

Les SDF ont souvent rompu avec leur famille. S'ajoute à cela une vie de nomadisme imposée.

Le collectif "Les Morts de la rue", se charge depuis 2004 d'accompagner les défunts isolés dans la capitale et organise des obsèques. Parfois, des textes empruntés à des poètes sont lus. Ils peuvent être personnalisés, lorsque l'identité et le lieu de naissance du mort sont connus. Quand il est possible de retrouver des compagnons de rue du défunt, l'association leur confie le soin de saluer sa mémoire. Deux fois par an, le collectif émet des avis de décès, distribués aux autres associations, aux pouvoirs publics et au "voisinage" du mort. 

Et les familles ?

Lorsqu'une famille apprend le décès de l'un de ses proches après l'enterrement, elle peut consulter les comptes rendus de la cérémonie, établis par les bénévoles. On y trouve les noms des personnes présentes, la couleur des fleurs, le temps qu'il faisait. Parfois, aussi, des détails chargés de poésie, ou de tendresse.