Bono, ancien défenseur d'Aung San Suu Kyi, souhaite sa démission

Mis à jour le 28/12/2017 à 19H56, publié le 28/12/2017 à 19H54
Bono et Aung San Suu Kyi, en 2012

Bono et Aung San Suu Kyi, en 2012

© DANIEL SANNUM LAUTEN / AFP

Bono, le leader du groupe de rock irlandais U2, avait pris la défense d'Aung San Suu Kyi lorsqu'elle était assignée à résidence par la junte birmane. Aujourd'hui, le chanteur appelle à la démission de l'ancienne prix Nobel de la Paix en raison de la crise liée aux Rohingyas.

Le chanteur - qui avait mis Aung San Suu Kyi à l'honneur dans la chanson "Walk On" - s'est dit "écoeuré" par les images des Rohingyas, une minorité musulmane persécutée en Birmanie et dont 655.000 membres ont fui vers le Bangladesh depuis fin août. L'armée birmane mène une opération militaire décrite par l'ONU comme une "épuration ethnique" dans l'Etat Rakhine, poussant à l'exode les membres de la plus grande population apatride du monde.

"Je me suis réellement senti malade, parce que je n'arrive pas à croire tout ce que les faits révèlent. Mais il y a un nettoyage ethnique", s'est alarmé Bono dans le dernier numéro de Rolling Stone magazine. "C'est vraiment en train de se produire et elle doit démissionner parce qu'elle sait que c'est en train de se produire", a-t-il ajouté. "Elle devrait, à tout le moins, s'exprimer davantage. Et si les gens n'écoutent pas, alors elle devrait démissionner", a insisté Bono dans son interview avec le fondateur du magazine Jann Wenner. "Peut-être qu'elle ne veut pas que le pays retombe aux mains des militaires. Mais c'est déjà le cas de toute manière si l'on en croit les photos", s'est désolé Bono.

Aung San Suu Kyi est arrivée au pouvoir en 2016 et dirige le premier gouvernement civil birman depuis des décennies. Jadis révérée à l'international, elle est désormais critiquée pour son peu d'empathie supposé pour le sort des Rohingyas. Elle doit composer avec une armée très puissante, malgré l'autodissolution de la junte en 2011, et une opinion publique xénophobe et hostile aux musulmans. 

Médecins sans frontières (MSF) a estimé qu'au moins 6.700 Rohingyas avaient été tués entre fin août et fin septembre dans l'Etat Rakhine.