Pierre Boulez présente une intégrale en 13 disques

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/06/2013 à 09H42
Pierre Boulez dirige l'Orchestre de Paris sous la Pyramide du Louvre (20 décembre 2011)

Pierre Boulez dirige l'Orchestre de Paris sous la Pyramide du Louvre (20 décembre 2011)

Pierre Boulez a présenté mardi à Paris l’intégrale de son œuvre parue chez Deutsche Grammophon. C’est "une bouteille à la mer, pas les tables de la loi", "un témoignage relatif" d’un travail toujours en cours, a commenté le compositeur lors d'une rencontre avec des journalistes.

A 88 ans, Pierre Boulez considère en effet son oeuvre comme un "travail en progression, un exemple de ce que j'ai fait, pas davantage".
 
Refusant d'être momifié de son vivant - "je ne suis pas une tapisserie historique qu'on déplie aux anniversaires", le compositeur préfère le terme de "rétrospective instantanée" à celui d'oeuvre complète.
 
Une trentaine d'oeuvres, "les plus importantes et les mieux jouées"
Compositeur exigeant, Pierre Boulez revisite régulièrement des oeuvres anciennes, et en récuse d'autres. L'intégrale comprend une trentaine d'opus, dont "Le marteau sans maître" (1955), d'un grand raffinement instrumental et vocal, et "Répons" (1981-1984), qui magnifie les possibilités de transformation du son par l'électronique.
Pierre Boulez, "Répons", extraits
 
Boulez a écarté des oeuvres de jeunesses et d'autres qu'il considère non abouties, comme "Polyphonie X" ou "Poésie pour pouvoir", qu'il a qualifiée d'"essai" dont la forme aboutie serait "Répons". "J'ai le droit de le faire",  revendique-t-il, toujours mordant en dépit de la fatigue, même s'il ferme parfois les yeux.
 
L'intégrale est "le mélange des oeuvres les plus importantes et les mieux  jouées", précise-t-il.
 
Le chef d'orchestre regrette de ne pas avoir composé davantage
Certaines qui restent inachevées figurent pourtant dans l'intégrale, comme le "Livre pour quatuor" (1956-1998) dont manque le 4e mouvement. "C'est un gros travail, est-ce que j'ai le courage de le faire après 60 ans ?" s'est-il interrogé.
 
Pierre Boulez déplore que sa vie de chef d'orchestre l'ait accaparé à certaines périodes au détriment de son travail de compositeur : "Ma vie d'interprète m'a parfois empêché de réaliser ce que je voulais. Je regrette par moments de  n'avoir pas eu le temps de composer directement au moment où je le souhaitais",  a-t-il dit, rappelant une époque, dans les années 1970, où il était à la fois directeur de l'orchestre de la BBC, de l'orchestre philharmonique de New York,  et porteur du projet de l'Ircam (Institut de recherche et coordination  acoustique/musique).
 
L'intégrale en 13 disques, dont l’élaboration a pris plus de deux ans, comprend aussi des enregistrements d'oeuvres inédites et un long entretien avec le journaliste Claude Samuel.
 
Boulez ne donne plus de concerts
Pierre Boulez s'est imposé à la fin des années 1950 comme le plus grand compositeur-chef d'orchestre de son temps. Il a été très influent dans la vie musicale. La construction en cours de la Philharmonie de Paris à coté de la Cité de la musique lui doit beaucoup.
 
Bien que très sollicité pour diriger, Pierre Boulez ne donne plus de concerts, ayant dû annuler plusieurs représentations à cause d'une vue défaillante.
 
La Cité de la musique prépare une grande exposition sur "les années Boulez" pour le printemps 2015.