La Fashion Week de New York automne-hiver 2018-19 en cinq tendances

Publié le 15/02/2018 à 12H56
Prabal Gurung ah 2018-19 à New York, février 2018.

Prabal Gurung ah 2018-19 à New York, février 2018.

© Getty Images

Des adieux de créateurs, un peu de politique, des pop-up stores, beaucoup de noir, peu de chair, beaucoup de jean, la Fashion Week de New York, présentant l'automne-hiver 2018-19 qui s'est achevée le 15 février, a révélé cinq tendances fortes.

Le Girl Power

Si un défilé a été organisé uniquement sur ce thème par la Française Myriam Chalek, avec des témoignages de victimes, la Fashion Week s'est peu emparée du mouvement contre le harcèlement sexuel né de l'affaire Weinstein. Seul le créateur américain d'origine népalaise Prabal Gurung a marqué le coup, en mettant dans les vestiaires de son défilé, auquel assistait la fondatrice du #MeToo Tarana Burke, des affiches encourageant ses mannequins: "VOUS êtes le présent, VOUS êtes l'avenir, VOUS dirigez le monde, MARCHEZ déterminées!", disaient-elles. 
Prabal Gurung ah 2018-19 à New York, février 2018

Prabal Gurung ah 2018-19 à New York, février 2018

© ANGELA WEISS / AFP
La Fashion Week s'est en revanche retrouvée sur un autre aspect du mouvement #MeToo, l'autonomie et le pouvoir des femmes. Tadashi Shoji ou Tom Ford ont défendu une femme séduisante, qui ne doit pas se dissimuler pour s'épanouir. Diane von Furstenberg a présenté sa marque comme "l'incarnation du pouvoir des femmes". "A travers les générations, la femme DvF a toujours été une femme qui décide de sa vie, qui décide avec qui elle couche, qui décide de ce qu'elle fait", a-t-elle affirmé. L'omniprésence des tailleurs-pantalons représentaient aussi une femme aux affaires, maîtresse de son destin, de même que les fausses dirigeantes d'entreprise imaginées par Alexander Wang, plutôt sorties de "Matrix" que d'un conseil d'administration cependant. Ici ou là, certains designers ont aussi abordé le sujet des "Dreamers", ces enfants d'immigrés clandestins jusqu'ici protégés par un statut particulier, le Daca, révoqué par Donald Trump.
Alexander Wang pap ah 2018-19, à New York, en février 2018

Alexander Wang pap ah 2018-19, à New York, en février 2018

© ANGELA WEISS / AFP

Du noir et peu de chair

Si en septembre 2017, les poitrines étaient visibles un peu partout. La cuvée de février a été plus couverte : peu de décolletés, des cols montants, des manches longues, c'est une mode assez prude qu'a proposée la Fashion Week. Le noir a été à la fête, notamment chez Oscar de la Renta qui l'a beaucoup utilisé avec des broderies, des imprimés ou du tulle. Pour la créatrice britannique Jenny Packham, qui présente à New York, les clients américains sont friands de noir, beaucoup plus que les Européens.
Hugo Boss automne-hiver 2018-19, à New York, en février 2018

Hugo Boss automne-hiver 2018-19, à New York, en février 2018

© Jewel SAMAD / AFP

Jean et ceinture en force

Le jean est représenté à chaque Fashion Week mais il a été valorisé au-delà des classiques par plusieurs créateurs, notamment Bottega Veneta avec des pièces teintes en jaune ou orange. Chez Pyer Moss ou Calvin Klein, il est associé à la réinvention du mythe de l'Ouest américain. Quant à la ceinture, elle a pris une importance nouvelle, notamment chez Adam Selman, pour cintrer une combinaison ou resserrer des robes très amples ou chez Victoria Beckham.

L'invasion des pop-up stores

Le phénomène des pop-up stores a pris cette saison une ampleur inédite à New York. Valentino, Justin Timberlake, Louis Vuitton (pour ses nouvelles baskets) ou les plus tendances OWSLA (la marque du DJ Skrillex), Slam Jam (streetwear italien) ou Ev Bravado (streetwear new-yorkais), tous ont tenu boutique éphémère le temps de la Fashion Week, pour promouvoir une collection, un produit ou une collaboration. De son côté, le fondateur de Diesel, Renzo Rosso, a présenté à Chinatown, temple de la contrefaçon, une échoppe baptisée "Deisel", qui vendait pour quelques jours de vrais/faux jeans et des sweat-shirts estampillés Deisel mais conçus par Diesel.
La vraie boutique "Deisel" à New York, en février 2018.

La vraie boutique "Deisel" à New York, en février 2018.

© Courtesy of Diesel

Les adieux, encore

La Fashion Week avait déjà perdu Tommy Hilfiger, Rihanna, Vera Wang, Rodarte, Proenza Shouler, Public School, Delpozo, Kanye West (Yeezy) et Altuzarra depuis un an. Cette semaine, elle a dit adieu ou au revoir à d'autres noms de la mode. A 79 ans, la créatrice d'origine vénézuélienne Carolina Herrera, après 37 ans sur les podiums, cède la direction de la création au designer américain Wes Gordon, 31 ans. Chouchou de la Fashion Week, Alexander Wang (37 ans) tire aussi sa révérence mais sans renoncer aux défilés, qu'il organisera en décalé, en juin et décembre plutôt qu'en février et septembre. Quant à la Britannique Victoria Beckham, habituée de New York depuis 2008, elle ira à Londres pour présenter, en septembre prochain, la collection anniversaire de ses dix ans dans la mode.
Victoria Beckham ah 2018-19, à New York, février 2018

Victoria Beckham ah 2018-19, à New York, février 2018

© JP Yim / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP