Un homme "enceint", un gladiateur : retour sur une London Fashion week déjantée

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox

Mis à jour le 12/06/2018 à 17H22, publié le 12/06/2018 à 15H20
Liam Hodges pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018.

Liam Hodges pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018.

© NIKLAS HALLE'N / AFP

Grossesse masculine, génération no gender mais aussi fonte des glaces et mythologie : retour sur ce qu'il ne fallait pas manquer à la Fashion Week de Londres. C'est la première capitale à montrer sur les podiums les collections masculines pour le printemps-été 2019. Cette semaine de la mode londonienne du 8 au 11 juin 2018, est suivie par celle de Milan (du 12 au 16) puis Paris (du 19 au 24).

Le futur de l'homme ?

C'est l'une des images fortes de cette Fashion Week : un mannequin arborant un ventre arrondi, une grossesse déjà bien avancée diront les plus observateurs. Le mannequin est un... homme et le ventre en question est artificiel. "Nous sommes prêts à accueillir les grossesses masculines du futur", proclame la marque, Xander Zhou. 


Toujours chez Xander Zhouun grand imperméable doté de six manches rigides en étoile, façon divinité hindoue. Le styliste chinois aurait aussi pu figurer dans la rubrique "Ce vêtement que vous ne porterez pas". Pas étonnant que la collection soit intitulée "Supernatural, Extraterrestrial".

Xander Zhou pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

Xander Zhou pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

© NIKLAS HALLE'N / AFP

Nasa et mythologie

"Mythologie contemporaine" pour être exact, avec ces imprimés signés de l'artiste français Lucien Murat représentant des êtres difformes dans un monde apocalyptique et bestial, vus sur la garde-robe du couturier britannique Edward Crutchley. La collection un brin japonisante, axée sur le streetwear de luxe, utilise aussi des motifs d'un des "plus anciens" spécialistes du kimono basé à Kyoto.
Edward Crutchley  pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

Edward Crutchley  pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

© WWD/Shutterstock/SIPA
Christopher Raeburn, le crack de la mode écolo, a récupéré des images de la Nasa montrant la fonte des glaciers pour confectionner un vestiaire au style moderne et engagé, baptisé "REACT NOW" ("réagissez maintenant"). Le styliste affiche sa devise sur des manteaux de pluie blancs et transparents : "reconstruire", "recycler" et "réduire" (le gaspillage).
Christopher Raeburn pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

Christopher Raeburn pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

© Ik Aldama / DPA
L'ambiance est sauvage chez Liam Hodges, qui pare une collection aux accents rétro de motifs végétaux et léopard. Plus original, ce T-shirt noir rehaussé d'un dessin de cuirasse de légionnaire romain, porté avec un casque de la garde prétorienne à panache rouge.
Liam Hodges pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

Liam Hodges pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

© NIKLAS HALLE'N / AFP

Chic britannique et London calling

Que serait la Fashion de Londres, très orientée streetwear, sans un soupçon de chic à l'anglaise, cette élégance raffinée qu'incarne le gentleman de la City ? Oliver Spencer renouvelle le style avec des matières naturelles (lin, coton), des couleurs minérales et organiques (argile, gris, ocre), et une petit touche "hippie" revendiquée: les vestes se portent avec des shorts décontractés et des colliers de marguerite. 
Oliver Spencer pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

Oliver Spencer pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

© picture alliance / Ik Aldama/Newscom/MaxPPP
Le répertoire vestimentaire britannique a aussi servi d'inspiration à la styliste Martine Rose, qui a choisi le Londres des années 70, 80 et 90 pour une collection oscillant entre punk, reggae et new wave. Au menu : ponchos, sacs à franges, ceintures cloutées, dénim délavé (jeans et blousons), pantalons cuir (taille haute), et une palette vive et dynamique (rose, blanc, rouge).
Martine Rose pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

Martine Rose pap masculin printemps-été 2019, à Londres, juin 2018

© Getty Images

Esprit football

Autre référence : le football, avec un défilé sportswear en forme de clin d'oeil à la Coupe du monde chez What We Wear, la marque du rappeur britannique Tinie Tempah, qui fête son premier anniversaire. Oranges, rouges, bleus et jaunes, shorts et maillots de foot, recoupés décontractés, se portent au quotidien, et pas seulement sur le terrain.
What We Wear pap masculin printemps-été 2019, à Londres, en juin 2018

What We Wear pap masculin printemps-été 2019, à Londres, en juin 2018

© Getty Images

Un éloge du "no gender"

Toujours attendu, le show du projet "Man", sorte d'incubateur de la mode qui se targue d'avoir accompagné la crème de la nouvelle génération britannique, n'a pas fait mentir sa réputation en hébergeant la surprenante collection du label "Art School". En robes de soirée, noires ou à paillettes, en mini-jupes ou torse nu, les hommes, à l'aise en escarpins, défilent sans complexe. Star d'un défilé applaudi, le sculptural mannequin transsexuel Munroe Bergdorf est apparu vêtu d'une paire de bottes noires et d'un long tee-shirt déchiré portant l'inscription "High concept character".