Pour sa marque No Sesso, Pierre Davis, première designer transgenre, défile à la New York Fashion Week

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 06/02/2019 à 13H36, publié le 05/02/2019 à 09H48
No Sesso ah 2019-20, à New York, février 2019

No Sesso ah 2019-20, à New York, février 2019

© Johannes EISELE / AFP

A la semaine new-yorkaise de la mode masculine, qui se tient du 4 au 6 février 2019, Pierre Davis, créatrice originaire de Los Angeles, a été la première designer transgenre à présenter une collection. Le syndicat américain de la mode a fait de la diversité son cheval de bataille depuis plusieurs saisons.

Depuis quelques années, des mannequins transgenre défilent régulièrement lors de la semaine new-yorkaise, jusque chez Calvin Klein, qui avait choisi, en septembre 2017, une lycéenne trans de 16 ans. En septembre 2018, la maison Marco Marco, d'un autre designer angelino, Marco Morante, est allée plus loin avec une distribution entièrement trans pour son podium. Cette saison, c'est au tour du designer transgenre Pierre Davis. Le syndicat américain de la mode (CFDA), qui a fait de la diversité son cheval de bataille depuis plusieurs saisons, l'a même mis en avant.

Le semaine de la mode, qui a débuté le 4 février (jusqu'au 6 février) pour les hommes, se tournera vers les femmes du 7 au 13 février. Pour cette saison masculine beaucoup de poids lourds se sont désistés : Calvin Klein fait l'impasse, Thom Browne préfère Paris tout comme Tommy Hilfiger. En octobre 2018, la maison américaine dévoilait l’identité de sa nouvelle ambassadrice, l’actrice et chanteuse Zendaya, succédant au top Gigi Hadid. Tommy Hilfiger dévoilera donc sa première collection Tommy x Zendaya, lors de la Paris Fashion Week. D'autres créateurs présenteront leur ligne masculine en même temps que la femme. 
No Sesso automne-hiver 2019-20, à New York, en février 2019

No Sesso automne-hiver 2019-20, à New York, en février 2019

© Johannes EISELE / AFP

S'assurer que "les personnes de toute identité aient droit à une chance, quelle que soit cette identité"

Pierre Davis a amené à New York l'esprit de sa maison No Sesso, très communautaire, qui veut aller au-delà d'une simple ligne de vêtements. Née avec les attributs d'un homme, devenue femme, la jeune créatrice veut amener "les gens à réaliser que tout ne tourne pas seulement autour de l'esthétique et du commerce", a-t-elle expliqué dans une interview au CFDA. "Il est aussi question d'humanité", dit-elle, de s'assurer que "les personnes de toute identité aient droit à une chance, quelle que soit cette identité". Pierre Davis ne renie pas ce label trans, a-t-elle expliqué à l'AFP, mais "veut surtout montrer (leur) travail", lequel s'inscrit dans la veine de la maison new-yorkaise Hood By Air, aujourd'hui mise en sommeil. La marque du designer Shayne Oliver avait bousculé la Fashion Week dès 2014 avec ses tenues sportswear qui tendaient à abolir la frontière entre modes hommes et femmes, avant de raccrocher en 2017.

No Sesso ah 2019-20, à New York, en février 2019 © Johannes EISELE / AFP
Pour sa collection Chapter 2 (plus de saisons, uniquement des chapitres), Pierre Davis a rêvé d'un vestiaire unique, où se mélangeraient les attributs classiques des deux sexes. Des vestes noires strictes qui deviennent des jupes, des robes de cocktail qui mutent, tout se porte, pourvu qu'on ait l'assurance, dont ne manquaient pas les mannequins du défilé, qu'ils ou elles soient longilignes ou rondes. 
No Sesso automne-hiver 2019-20, à New York, en février 2019

No Sesso automne-hiver 2019-20, à New York, en février 2019

© Johannes EISELE / AFP

L'esprit "Glamazon"

C'est l'esprit "Glamazon", qu'a voulu faire souffler No Sesso sur cette collection, dit Pierre Davis, "l'idée de défier la gravité, de réussir quelque chose même quand il semble qu'il n'y ait pas moyen". Cette grande penderie partagée par tous mélange aussi le formalisme de la tenue de travail avec le sportswear, aboutissant à une veste de jogging à épaulettes. Grâce à ce premier passage à New York, dit Pierre Davis "le monde peut voir No Sesso et l'univers que nous créons".