La Fashion Week masculine automne-hiver 2019-20 de Milan met le projecteur sur les jeunes pousses

Par Corinne Jeammet (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 11/01/2019 à 15H19, publié le 11/01/2019 à 14H55
Etro automne-hiver 2017-18, en janvier 2017 à Milan

Etro automne-hiver 2017-18, en janvier 2017 à Milan

© GIUSEPPE CACACE / AFP

Après la Fashion Week londonienne et le salon Pitti Uomo 95 de Florence, les maisons Ermenegildo Zegna et Philipp Plein donnent ce 11 janvier au soir le coup d'envoi de la semaine de la mode masculine de Milan avec 27 défilés prêt-à-porter pour l'automne-hiver 2019-20. La capitale lombarde a choisi, pour cette édition, de mettre le projecteur sur les nouveaux talents. Demandez le programme !

Le salon Pitti Uomo 95 de Florence, un avant-goût des podiums milanais

La Fashion Week milanaise (du 11 au 14 janvier) prend le relais du salon Pitti Uomo 95 de Florence (du 8 au 11 janvier) qui est devenu une référence dans l’univers de la mode masculine. Cette saison, l'invité d'honneur Glenn Martens, D.A. de Y/Project y a dévoilé le 9 janvier sa collection automne-hiver 2019 dans le cloître Renaissance Santa Maria Novella plongé dans l'obscurité - des lampes de poche distribuées aux invités comme seule source d’éclairage créaient une atmosphère surréaliste. En septembre 2017 et 2018, Glenn Martens a été choisi comme l’une des 500 personnalités les plus influentes de la mode selon The Business of Fashion.
Y/Project ah 2019-20 au Pitti Uomo 95 de Florence, janvier 2019

Y/Project ah 2019-20 au Pitti Uomo 95 de Florence, janvier 2019

© Giovanni Giannoni
Le long week-end milanais - dont le coup d'envoi sera donné vendredi 11 janvier -, se conclura lundi 14 janvier par une soirée Gucci avec une performance de l'artiste Silvia Calderoni. Aux 27 shows s'ajouteront Dolce&Gabbana et Philipp Plein qui défilent hors du calendrier officiel.

Une Fashion Week en version "light"

Ce rendez-vous de la mode masculine sera très mixte, puisqu'il accueillera une dizaine de défilés "co-ed". Du fait du développement des défilés mixtes et alors que certaines maisons privilégient d'autres événements, en raison du coût des défilés et des bouleversements induits par les réseaux sociaux, cette Fashion Week est un peu plus réduite que l'an passé en termes de défilés et de présentations.

Parmi les habitués aux abonnés absents : Moschino, qui vient de défiler à Rome, Palm Angels, qui a choisi la semaine de la mode féminine de New York ou encore Giorgio Armani (la ligne principale du groupe) qui défilera en février à Milan lors de la semaine femmes. 
Moschino automne-hiver 2019-20, à Rome, janvier 2019

12 designers émergents

"Cette semaine de la mode est un moment très énergique. Cette année, nous avons beaucoup misé sur les jeunes, l'avenir, déjà avec une grande fête vendredi soir" qui mettra en valeur 12 designers émergents, a déclaré le président de la Chambre de la Mode italienne, Carlo Capasa, dans un entretien avec l'AFP. "Ceci continuera durant tout le week-end, avec de nouvelles marques qui défileront pour la première fois à Milan, comme United Standard, une marque italienne créée en 2015 par Giorgio di Salvo, Magliano de Luca Magliano ou la maison japonaise Bed J.W. Ford", a-t-il détaillé.

Mais, aux côtés de ces jeunes pousses, nombre de grands noms de la mode italienne continuent de répondre présents, comme Dolce&Gabbana, Versace, Prada, Fendi et Armani avec sa ligne Emporio. Du côté des maisons étrangères, on peut citer la présence de Dsquared2, des jumeaux canadiens Dean et Dann Catten, et du styliste britannique John Richmond, qui effectue son retour à Milan.

La manifestation se disséminera dans toute la ville, dans les maisons de mode mais aussi dans des lieux particuliers. Zegna défilera dans la gare centrale tandis que M1992 a opté pour l'hôtel Principe di Savoia, là où étaient organisés les premiers défilés milanais.

Des events en marge des shows

Giorgio Armani présente une exposition consacrée à l’oeuvre du photographe Charles Fréger à l'Armani/Silos. Intitulée "Fabula", elle présente le regard du photographe français, aussi bien encyclopédique que poétique, dans toute son ampleur et toute sa profondeur, sur différentes communautés, sur les individus qui les façonnent et les codes vestimentaires qu'ils adoptent pour appartenir à un groupe. L’exposition débute le 12 janvier et dure jusqu’au 24 mars 2019.
Giorgio Armani présente Fabula de Charles Fréger, exposition de l’Armani/Silos

Giorgio Armani présente Fabula de Charles Fréger, exposition de l’Armani/Silos

© Courtesy of Armani

La mode, deuxième industrie de la péninsule

Ce long week-end milanais prend la suite du salon Pitti Uomo de Florence, créant ainsi une "semaine unique", a souligné M. Capasa, ajoutant : "nous avons une Fiera de grande recherche avec le Pitti, puis les défilés et 800 showrooms représentant plus de 3.000 marques à Milan". Cette activité est cruciale en Italie : la mode est la deuxième industrie de la péninsule et la première en terme d'exportations.

Le secteur (textile, habillement, maroquinerie, chaussures), qui a connu des années difficiles, a confirmé en 2018 sa bonne santé retrouvée, avec une hausse de son chiffre d'affaires de 2,8%, à 66,6 milliards d'euros, selon l'organisation patronale Confindustria Moda. La seule mode hommes a progressé de 2%. "Dans l'Europe à 28, l'Italie représente 38% de la production de menswear mais sans les habits de travail et le sport, cela monte à 46%", ce qui en fait le leader européen, a noté M. Capasa.

Néanmoins, en raison du contexte international, du Brexit en passant par les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, "il y a un peu de préoccupation" pour 2019, a-t-il reconnu. "La mode est sensible à tout ce qui se passe" mais "nous devons rester positifs, nous sommes un peu le Prozac dans les moments difficiles, car la mode fonctionne pour donner un moment de plaisir", a-t-il ajouté.