La London Fashion week renoue avec les jeunes pousses créatives qui ont fait sa renommée

Publié le 05/01/2018 à 11H32
Edward Crutchley pap masculin pe 2018, à Londres, juin 2017

Edward Crutchley pap masculin pe 2018, à Londres, juin 2017

© Alberto Pezzali / NurPhoto

La Fashion Week masculine de Londres démarre le 6 janvier sans ses grandes signatures et avec moins de défilés. Aujourd'hui plus encore qu'hier, cette semaine de la mode mise sur ses jeunes talents et renoue avec ce qui a fait son originalité et sa renommée pour rivaliser avec New York, Milan et Paris.

Hier, la Fashion Week de Londres permettait aux fashionistas de découvrir les nouvelles collections des grandes signatures de la mode britannique. Aujourd'hui, la donne est différente.

Depuis 2017, Burberry a déserté la Fashion Week de janvier et dévoile sa garde-robe masculine lors des présentations féminines, en février, surfant sur la tendance mixte. Même topo pour J.W. Anderson, qui a raflé deux Fashions Awards à Londres en 2017. Le label de Jonathan Anderson, directeur artistique du maroquinier de luxe Loewe, ne présentera plus que deux défilés par an au lieu de quatre afin de "réduire l'écart traditionnel entre la période des défilés et la disponibilité des pièces à la vente", indique la marque. Vivienne Westwood, prêtresse punk-écolo de la mode, est elle aussi passée au mixte. Elle présentera sa collection automne-hiver 2018-19 dans un "format digital", avec "images" et "petites séquences vidéo". le 8 janvier à 15h, date et heure habituelles du défilé.
Le save the date de Vivienne Westwood 

Le save the date de Vivienne Westwood 

Le format traditionnel remis en question

Ces changements, auxquels il faut ajouter le "see now, buy now" (vente immédiate), traduisent la volonté des créateurs de rester en phase avec un secteur métamorphosé par les nouveaux modes de consommation sur internet et de communication sur les réseaux sociaux. Ces derniers sont en train de remettre en question le rôle et le format des traditionnelles semaines de la mode. 

Les collections mixtes et/ou numériques sont non seulement "plus économiques" d'un point de vue logistique mais permettent "de présenter (une) marque de manière cohérente, tout en touchant un nouveau public", décrypte Samantha Dover du cabinet d'analyse Mintel. "Cela ne sert à rien de faire toujours la même chose", renchérit Kristabel Plummer, rédactrice du blog mode Iwantyouknow. "La flexibilité et l'innovation ne peuvent qu'être une chose positive dans un contexte économique compétitif".

Pour Jonathan Anderson : "Les marques doivent évoluer à la même vitesse que le reste du monde. Et aujourd'hui, tout va vite", déclarait-il récemment dans le Guardian. "Si votre marque devient prévisible, c'est que vous avez un problème".

Londres renoue avec ses jeunes pousses créatives

Entre 2017 et 2018, la Fashion Week masculine de Londres a vu sa programmation ponctionnée d'une dizaine de défilés. Sans ses stars, que reste-t-il à Londres, cadet des grands rendez-vous de la mode, pour rivaliser avec New York, Milan et Paris ? Ce qui fait son ADN depuis sa création: les stylistes de la jeune garde britannique, répond l'organisateur de la Fashion Week, le British Fashion Council.

L'édition 2018 sera "une célébration de cet esprit de découverte et de créativité qui ont fait de Londres un carrefour international pour la mode masculine", assure Caroline Rush, la patrone du BFC. On y retrouvera Edward Crutchley, "l'étoile montante" (dixit Vogue) de la mode britannique, et son streetwear de luxe. L'audacieux vestiaire hip hop néo-punk de Liam Hodges. Christopher Raeburn, le crack de la mode éthique et du recyclage. Ou encore Astrid Andersen, la petite princesse du sportswear. 

"Non", la Fashion Week masculine de Londres n'est pas morte, insiste Kristabel Plummer. "Il y a une grande variété de marques et cette Fashion Week leur donne une chance de briller", libérée de l'ombre des poids lourds du secteur. Et, qui sait, ajoute-t-elle, "peut-être assisterons-nous à l'éclosion d'un nouveau joyau!".